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(Interview Yonhap) UIT : Andrea Saks, une spécialiste des TIC au service des handicapés

2014/11/04 11:02

BUSAN, 04 nov. (Yonhap) -- Andrea Saks répondait au téléphone à la place de ses parents sourds quand elle avait 2 ans. Son père, Andrew Saks, avec l’aide de deux autres inventeurs, a mis au point un système téléphonique destiné aux malentendants.

Agée de 67 ans et spécialiste des technologies de l'information et de la communication (TIC), Andrea Saks est aujourd’hui en charge des questions liées aux personnes handicapées au Bureau de normalisation des télécommunications de l’Union internationale des télécommunications (UIT) et sait combien le facteur «humain» est important dans son travail.

Andrea SaksAndrea Saks

Dans un entretien accordé lundi à l’agence de presse Yonhap, elle a insisté sur l’importance de la «personne» lorsqu’il s’agit d’aborder les questions de l’handicap physique. «La raison pour laquelle j’ai rejoint l’UIT en 1991 était de mettre en place des normes et de m’assurer que tout le monde avait accès au protocole téléphonique pour malentendants», a confié Saks.

Pour elle, le plus important est de rendre les technologies plus accessibles. «En 1991, les ingénieurs ne pensaient pas à normaliser les fonctions (pour personnes handicapées)», a-t-elle rappelé. Sa tâche à l’UIT est d’inciter les gens à prendre conscience de l’existence de handicaps afin d’apporter les ajustements nécessaires.

L’UIT doit aller dans ce sens, a souligné Saks. Par exemple, les allocations de spectre doivent prendre en compte certaines questions concernant les malentendants en raison de perturbations possibles des appareils auditifs intégrant des technologies sans fil.

«Si trop de spectre est accordé à l’industrie des téléphones mobiles, nous aurons des problèmes graves, comme des interférences et même des pannes d’appareils», a-t-elle mis en garde. «Les gens veulent que nous ayons des fréquences plus hautes, mais nous ne pouvons pas. Comme ces appareils sont portés, cela peut être dangereux.»

Saks a donné un autre exemple : les distributeurs automatiques de billets de banque. Quand les distributeurs drive-in ont été installés pour la première fois, ils ne disposaient pas de touches en Braille car les banques se disaient qu’une personne non-voyante ne peut pas conduire une voiture. Selon elle, cela montre que les gens connaissent mal les handicaps. «Faut-il donc donner le code secret (de sa carte bancaire) au chauffeur de taxi ?», s’est-elle questionné.

«Nous devons écouter les personnes handicapées.» Saks estime que les hommes politiques doivent avoir une plus grande connaissance de cette partie de la population et être plus à leur écoute pour pouvoir établir de meilleures mesures.

«Nous devons travailler avec les personnes ayant un handicap, écouter ce qu’elles ont à dire et imaginer ce qu’est la vie sans pouvoir entendre ou voir le Web. Il faut se mettre à leur place», a-t-elle encouragé.

Saks a en outre félicité la Corée du Sud pour son «formidable» travail de création d’un environnement adapté aux personnes invalides à la Conférence de plénipotentiaires de l’UIT, actuellement en cours à Busan. «C’est l’un des sites les plus accessibles (aux handicapés) que je n’ai jamais vu.»

xb@yna.co.kr

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