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(Interview Yonhap) Jacques Salvador, interprète aveugle à la Conférence de l’UIT

2014/11/02 10:12

Jacques SalvadorJacques Salvador

BUSAN, 02 nov. (Yonhap) -- Jacques Salvador est l’un des nombreux interprètes travaillant à la Conférence de l’Union internationale des télécommunications (UIT) ayant lieu à Busan. A la différence de ses collègues, Jacques ne dépend que de ses oreilles et de ses mains pour faire son travail, aidé par un terminal d’affichage Braille.

Malgré son handicap, Jacques a travaillé dans de nombreux pays. Il incarne en quelque sorte l’esprit de l’UIT, qui est de connecter le monde grâce aux télécommunications et à la technologie. «J’ai toujours eu des problèmes avec ma vue, mais je suis devenu complètement aveugle à 18 ans», a déclaré l’interprète français de 46 ans à l’Agence de presse Yonhap.

Basé à Genève, il a travaillé pour de nombreuses organisations internationales, telles que l’UIT, les Nations unies et l’Organisation mondiale de la santé. Il parle français, anglais, russe, espagnol et italien.

Les progrès technologiques lui ont permis de progresser dans sa carrière. «Grâce aux TIC (Technologies de l’information et de la communication), et grâce au travail de l’UIT pour permettre aux personnes handicapées d’avoir accès aux nouvelles technologies, nous n’avons pas de vrais problèmes d’accès aux textes», a dit Jacques, montrant son smartphone équipé d’un logiciel lui permettant d’ «entendre» l’écran.

Les équipements spécialisés coûtent chers. Le terminal Braille qu’il utilise coûte 8.000 euros. «Il y a un coût, et ce coût doit être partagé par toute la population, et non seulement par les personnes handicapées. Si le coût est partagé, il n’y aura pas de problème. Sinon, cela fera très mal.»

«Trop de personnes handicapées qui sont parfaitement intelligentes et capables n’ont pas de travail», dit Jacques. «Ce que nous voulons n’est pas d’être dépendants des aides sociales, mais de mener une vie normale.»

Jacques arrive à surmonter les difficultés de son travail en redoublant de concentration. Malgré tout, la discrimination due à son handicap persiste. «Les gens n’ont pas l’habitude. Certains chefs-interprètes considèrent le recrutement de personnes handicapées comme un risque. Ils demandent par exemple «Allez-vous être à l’heure à votre poste ? Allez-vous dépendre de vos collègues pour ceci ou cela ? etc.», dit-il.

Jacques n’a jamais été en retard à son poste et les gens en viennent généralement à regretter ces remarques. «La discrimination est due à l’ignorance et à notre manque de visibilité.»

Jacques veut encourager les jeunes ayant un handicap à persévérer. «Prenez des risques, n’ayez pas peur. Devenez visibles.»

mathieu@yna.co.kr

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