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2017/04/19 21:39 KST

Michel Bussi à Séoul pour son 4e roman paru en coréen «N’oublier jamais»

Michel Bussi répond aux questions des journalistes le mercredi 19 avril 2017 à l'Institut français à Séoul.
Michel Bussi à Séoul

Michel Bussi répond aux questions des journalistes le mercredi 19 avril 2017 à l'Institut français à Séoul.

SEOUL, 19 avr. (Yonhap) – L’auteur français de polars à succès Michel Bussi est arrivé ce matin en Corée du Sud pour une visite de cinq jours à l’occasion de la publication de son roman «N’oublier jamais» dans le pays du Matin-Calme, aux éditions Sweet Books.

Il s’agit de son premier voyage dans ce pays où trois de ses œuvres ont déjà été traduites, «Un avion sans elle» (paru en Corée en 2014), «Nymphéas noirs» (2015) et «Ne lâche pas ma main» (2016), soit une œuvre par un, rythme qui témoigne de l’engouement des lecteurs coréens pour ses romans.

Une rencontre avec des journalistes a été organisée à l’Institut français de Séoul à cette occasion, où l'écrivain français a qualifié ses romans d’«inclassables». Bien que ses œuvres soient classées comme des polars, les policiers n'en sont pas les personnages principaux. Pour lui, ses livres s’apparentent plutôt à de la littérature générale qu’au genre des romans policiers classiques. «Dans mes romans, il n’y a pas souvent d’enquêteurs policiers, généralement, le héro ou la héroïne est une personne ordinaire à qui il va arriver quelque chose d’extraordinaire», a déclaré Bussi.

C’est justement ce point de départ, une «situation extraordinaire», voire impossible, qui amène les lecteurs à ne pas lâcher le livre jusqu’au dénouement, mais toujours à travers des «explications rationnelles». Voilà le premier secret du succès de ses ouvrages.

Si ses romans sont traduits aujourd’hui en 34 langues différentes, l’auteur attribue cette popularité mondiale à la dimension universelle de ses histoires. A titre d’exemple, «Un avion sans elle» est certes une histoire policière, mais avant tout une «histoire de destin de personnes».

«Toutes mes histoires ont quelque chose d’universel. […] Ces histoires de destin parlent à tout le monde parce qu’elles parlent de l’enfance, de l’histoire d’une femme», a-t-il analysé.

Ce caractère universel et intemporel pourrait un jour permettre à ses romans d’être adaptés dans un univers coréen, notamment à travers le cinéma, a-t-il prévu.

Un autre grand charme de ses histoires, c’est le rebondissement final. Bussi est «l’auteur à twist» par excellence. Il aime bien surprendre ses lecteurs à la fin de l’histoire. «Seulement dans la dernière page, on va comprendre ce que les héros faisaient, quel était l’enjeu, ce que cachaient les personnages.»

Cet écrivain à succès est aussi professeur de géographie à l’université de Rouen et directeur de laboratoire au CNRS. Il a fait ses débuts en tant que romancier policier avec «Code Lupin» en 2006 avant de connaître un succès national et de devenir le romancier policier français le plus primé (sept récompenses) en 2011 avec «Nymphéas noirs». S’enchaîneront ensuite de nombreux best-sellers tels que, outre ceux qui sont cités plus haut, «Maman a tort» (2015) et «Le temps est assassin» (2016). L’année dernière, il a été le deuxième plus gros vendeur de romans en France, selon le classement du Figaro.

Son métier de géographe offre aussi à ses romans une autre originalité. Il accorde en effet une importance particulière au lieu dans ses œuvres. «Je mets souvent mes personnages dans des lieux précis, parfois des huis clos, comme une île, comme un village ou au bord d’une falaise ou au bord de la mer. La description des lieux est très importante pour l’atmosphère du roman», a souligné l’auteur.

Pour lui, les lieux constituent un outil pour «définir les personnages et leur l’identité». En définissant ses personnages à travers l’endroit où ils habitent, il rend ses romans plus visuels et plus romantiques.

«Leur identité les enferme dans l’endroit où ils habitent, dans la relation qu’ils ont avec leur famille, avec leurs amis et ça crée du drame et du secret très liés à ces lieux. C’est à la fois très visuel et très poétique et aussi très dramatique», a-t-il expliqué.

Ces descriptions des lieux représentent pour Bussi un «puissant caractéristique» de la littérature policière française, qui la distingue des romans policiers américains, anglais ou scandinaves en lui ajoutant une touche de poésie. «Par exemple, "Nymphéas noirs" qui se passe à Giverny, village du peintre Claude Monet. C’est à la fin un roman avec une intrigue policière, un meurtre, mais c’est aussi un roman sur la peinture, un roman sur le temps qui passe dans ce village de peintre et donc c’est presque autant une histoire d’amour et une histoire sur le temps qui passe qu’une histoire policière.»

Sa visite en Corée du Sud s’inscrit aussi dans le cadre du programme du prix Segalen des lycéens français d’Asie. «Nymphéas noirs» est en lice pour l’édition 2017 de ce prix dont le thème est le roman noir. Le nom du lauréat sera connu le mois prochain.

Au cours de son séjour à Séoul, il ira à la rencontre des lecteurs coréens et des élèves du Lycée français. Demain, il présentera la littérature policière française à la Bibliothèque nationale de Corée et son métier de romancier à l’Institut français de Séoul. Vendredi, il donnera une conférence sur les mécanismes de l’écriture d’un roman policier à la Bibliothèque municipale de Séoul. Une conférence de l’auteur et une séance de dédicaces sont également prévues samedi à la plus grande librairie du pays, Kyobo, au cœur de Séoul, pour célébrer la sortie de son quatrième roman en coréen.

Le lectorat coréen s’est montré jusqu’à présent très friand d’auteurs français comme Bernard Werber et Guillaume Musso. Ce sera peut-être désormais le temps de plonger dans l’univers de Michel Bussi, qui vient aussi du pays de Maurice Leblanc, créateur d’Arsène Lupin.

lsr@yna.co.kr

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