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Explosion du patinage artistique en Corée du Sud suite à la médaille d’or olympique de Kim Yu-na
Séoul, 14 mars (Yonhap) – De petites filles habillées de robe rose et en collants noirs tournent, virevoltent et sautent sur la glace, alors que d’autres en groupes de deux ou trois papotent tout en glissant autour de la patinoire.
C’est une scène ordinaire pour un cours de patinage, mais la différence vient ici du zèle et du nombre d’élèves en hausse depuis que la patineuse artistique Kim Yu-na a remporté la médaille d’or aux Jeux olympiques de Vancouver le mois dernier.
« Cela fait deux ans que la Corée du Sud a été prise d’une fièvre pour le patinage artistique, et elle a atteint son paroxysme après les Jeux olympiques de Vancouver », dit Yeo Seung-hee, qui enseigne ce sport à la patinoire du Lotte World Ice Rink, pour laquelle Kim est la principale responsable d’un tel engouement populaire.
« Il y a tellement de parents qui nous appellent pour avoir des renseignements, et ils sont tous désespérés d’obtenir une place dans nos programmes ».
Park Sun-woo, 11 ans, a commencé le patinage artistique il y a deux ans, et dit que c’est Kim Yu-na qui lui en a donné envie.
« Kim Yu-na est si fantastique. Je travaille très dur pour devenir une grande patineuse comme elle », confie-t-elle. « Maintenant, j’arrive à faire une triple boucle piqué ».
Une de ses amies, Lee Hyun-min, a rejoint les classes de deux heures à Lotte World l’année dernière.
« J’ai vu Kim Yu-na patiner à la télévision. Elle était parfaite », dit Lee. Ma mère m’a encouragée à faire du patinage artistique comme loisir. Maintenant, ça me plaît vraiment beaucoup ».
Ce mois-ci, environ 200 enfants se sont enregistrés pour prendre des cours de patinage artistique et de vitesse à Lotte World, l’une des patinoires les plus grandes et les mieux équipées au sud de Séoul. Il y a environ un an, il y avait environ 120 élèves au total.
“Lotte World offre cinq classes de patinage artistique, et chaque classe a 15 élèves. Ce mois-ci, toutes les classes sont pleines et de nombreux enfants sont sur les listes d’attente », indique Yeo.
Avant Kim Yu-na, les Sud-Coréens ne s’intéressaient vraiment qu’au patinage de vitesse sur piste courte (short track) – un sport qui a systématiquement rapporté des médailles d’or à la Corée du Sud aux Jeux olympiques d’hiver, 19 jusqu’à présent.
« En général, jusqu’à l’année dernière la plupart des enfants, presque 90 % d’entre eux, voulait apprendre le patinage de vitesse, en particulier l’épreuve de short-track. Cette année, ce pourcentage n’est plus que de 70 %. Les 30 % restants souhaitent apprendre le patinage artistique », fait remarquer Jeong Joon-ho, directeur en chef du marketing à Lotte World.
Les experts du monde sportif accueillent favorablement ce nouvel engouement, mais ajoutent que transformer ce mouvement en du sport de haut niveau était difficile, mais critique.
« Le nombre de débutants est en hausse, c’est vrai », dit Sagong Kyung-won, directeur de la Korea Skating Union (KSU), la fédération nationale du patinage coréen. « Je ne suis pas sûr que ces nouveaux adeptes deviendront des athlètes, mais cette augmentation du nombre de pratiquants vient consolider la base du patinage artistique en Corée ».
Pratiquer le patinage artistique demande du temps et de l’argent, comme peut en attester Park Mi-hee, la mère de Kim Yu-na. Au cours des 12 dernières années, elle est restée en permanence aux côtés de sa fille, lui accordant son soutien et la poussant à affiner son talent naturel, découvert par un entraîneur quand elle avait sept ans.
Dans son livre publié en 2008 Park écrit : « Je suis spécialiste de Yu-na. Je l’ai étudiée plus que ce que j’ai fait pendant mes études à l’université et je lui ai consacré ma vie ».
Koh Sook-hee dit qu’elle n’est pas prête à faire ce genre de sacrifices.
« Il y a eu de nombreuses patineuses artistiques en Corée du Sud avant que Kim Yu-na n’arrive sur le devant de la scène, mais leurs mères ne s’occupaient pas d’elles comme l’a fait la mère de Kim », juge-t-elle, pendant que sa fille de 9 ans s’entraîne sur la glace. « A présent, les ‘skating mom’ (une référence aux « soccer moms » américaines) doivent se consacrer à leurs enfants pour qu’elles puissent devenir des patineuses de classe mondiale ».
« J’ai encouragé ma fille à faire du patinage artistique comme un loisir, mais je ne veux pas qu’elle devienne une sportive professionnelle car je ne veux pas me sacrifier pour elle ».
Et même pour les mamans prêtes à faire le grand saut, un autre défi consiste à mettre en place toute l’organisation qui y est nécessaire.
Les hockeyeurs, les patineurs de short track et les patineurs artistiques ne peuvent utiliser les patinoires de Séoul que suivant de stricts créneaux horaires. Les patineurs artistiques se retrouvent à louer la patinoire la nuit pour pratiquer les sauts et les vrilles sans personne pour les déranger. Avant d’aller s’entraîner à Toronto avec son entraîneur canadien Brian Orser en 2006, Kim Yu-na utilisait les patinoires la nuit.
« Nous avons besoin de plus de patinoires pour accueillir le nombre croissant d’élèves et fournir un meilleur environnement aux athlètes », insiste M. Sagong, le directeur du KSU.
« Les enfants doivent errer d’une patinoire à une autre pour pouvoir patiner toute la journée parce que la plupart sont ouvertes au public et réservées pour d’autres activités », précise Yeo, un professeur de patinage à Lotte World. « Il nous faut plus de patinoires, et moins chères, réservées à l’usage exclusif du patinage artistique pour pouvoir former des patineuses de niveau mondial comme Kim Yu-na ».
bruno@yna.co.kr (FIN)
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