2018/01/09 22:56 KST

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(7e LD) La Corée du Nord accepte de tenir des discussions militaires, d'envoyer une délégation olympique à PyeongChang

PANMUNJOM, Corée, 09 jan. (Joint Press Corps-Yonhap) -- La Corée du Nord a accepté ce mardi la proposition sud-coréenne de tenir des discussions militaires afin de réduire les tensions et a affiché son intention d'envoyer une délégation aux Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang le mois prochain, selon un communiqué conjoint publié après les pourparlers intercoréens à haut niveau.

Au cours de ce premier dialogue officiel en deux ans au village de la trêve de Panmunjeom, les deux parties sont aussi convenues d'entreprendre des échanges et de coopérer à travers des discussions à plusieurs niveaux, selon des sources officielles sud-coréennes.

Il s'agit d'une avancée significative après des années de relations glaciales entre les deux pays.

La Corée du Nord a dit plus tôt dans la journée espérer envoyer une délégation composée d'officiels de haut niveau, de journalistes, d'athlètes, de troupes artistiques et d'une équipe de démonstration de taekwondo aux Jeux olympiques, qui se dérouleront du 9 au 25 février à PyeongChang.

Sud et Nord organiseront des pourparlers à un niveau opérationnel pour aborder les détails de la participation de la Corée du Nord, tels que le trajet de la délégation, le logement et les questions de sécurité.

Si la délégation vient par voie terrestre, des consultations seront nécessaires entre les autorités militaires des deux Corées. La Corée du Nord a rouvert aujourd'hui une ligne directe de communication militaire avec le Sud.

Les deux Corées ont aussi décidé de tenir des discussions militaires pour trouver des moyens de réduire les tensions. Séoul avait proposé un tel dialogue en juillet dernier.

Le ministre sud-coréen de l’Unification et le chef de la délégation sud-coréenne Cho Myoung-gyon (à droite) échange une poignée de main avec son homologue nord-coréen Ri Son-gwon avant le début des pourparlers de haut niveau le 9 janvier 2018.
Le ministre sud-coréen de l’Unification et le chef de la délégation sud-coréenne Cho Myoung-gyon (à droite) échange une poignée de main avec son homologue nord-coréen Ri Son-gwon avant le début des pourparlers de haut niveau le 9 janvier 2018.

La proposition sud-coréenne d'organiser une réunion de la Croix-Rouge sur les réunions de familles séparées par la guerre de Corée aux alentours du Nouvel An lunaire n'a pas été inclue dans le communiqué de presse conjoint.

Le ministre de l'Unification Cho Myoung-gyon a parlé pendant la réunion du besoin de reprendre le dialogue sur la dénucléarisation de la Corée du Nord, ce à quoi Ri Son-gwon,le chef de la délégation nord-coréenne, a fortement objecté.

Les deux pays ne sont pas tombés d'accord pour défiler ensemble sous un drapeau unifié pendant les cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux, mais Séoul a indiqué qu'ils «se sont rapprochés» sur ce point et sur la tenue d'événements culturels.

Pyongyang n'a pas précisé qui dirigera la délégation de «haut niveau», mais des experts sud-coréens ont estimé qu'elle pourrait comprendre des pointures politiques telles que Choe Ryong-hae, le numéro 2 du régime nord-coréen. Choe fait l'objet des sanctions unilatérales de Séoul suite aux provocations nucléaire et balistiques du Nord. Les sanctions sud-coréennes ne comportent pas d'interdiction de voyager mais la venue en Corée du Sud d'un officiel nord-coréen placé sur liste noire pourrait être source de discorde.

Le ministère de l'Unification a auparavant dit qu'il pourrait temporairement lever les sanctions contre la Corée du Nord pour permettre le voyage des officiels nord-coréens.

Le fait que les deux Corées ne sont pas parvenues à s'entendre sur les familles séparées montre à quel point elles divergent sur la question. Il s'agit d'une priorité pour Séoul car les personnes concernées, d'un grand âge, meurent progressivement sans pouvoir voir une dernière fois leur proche de l'autre côté de la frontière.

Environ 55% des 131.260 Sud-Coréens figurant sur la liste d'attente pour les réunions sont déjà morts. Les données révèlent que 62% des Sud-Coréens voulant participer aux réunions ont plus de 80 ans. Les derniers rassemblements ont eu lieu en octobre 2015.

Pyongyang a demandé des contreparties aux réunions des familles, à savoir le retour de 12 Nord-Coréennes qui travaillaient dans un restaurant en Chine et qui ont fait défection ensemble en Corée du Sud en 2016. Pyongyang avance que les femmes ont été kidnappées par le Sud, ce que rejette Séoul, qui affirme que les jeunes femmes sont venues de leur plein gré.

mathieu@yna.co.kr

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