SNS Share
Article View Option

2017/01/08 09:36 KST

(LEAD) (Interview Yonhap) Pyongyang cherche à achever le développement d'un ICBM d'ici fin 2017

L'ancien numéro deux de l'ambassade de Corée du Nord au Royaume-Uni Thae Yong-ho accorde une interview à l'agence de presse Yonhap et à la chaîne d'information en continu Yonhap News TV
L'ancien numéro deux de l'ambassade de Corée du Nord au Royaume-Uni Thae Yong-ho accorde une interview à l'agence de presse Yonhap et à la chaîne d'information en continu Yonhap News TV

SEOUL, 08 jan. (Yonhap) -- La Corée du Nord cherche à achever le développement d'un missile balistique intercontinental (ICBM) capable de frapper le continent américain d'ici la fin de cette année ou le début de l'année prochaine, a déclaré Thae Yong-ho, l'ancien numéro deux de l'ambassade de Corée du Nord au Royaume-Uni qui a fait défection en Corée du Sud l'année dernière.

La Corée du Nord est en train d'accélérer ses programmes de développement d'armes nucléaires et de missiles, comme son dirigeant a déclaré dans son message du Nouvel An que le Nord se trouvait dans la dernière phase de préparation en vue d'effectuer un tir d'essai d'ICBM.

Selon le transfuge nord-coréen de haut niveau, le message de Kim serait destiné à mettre en avant les capacités nucléaire et balistique du Nord et à fixer les conditions dans lesquelles il pourrait tenir des dialogues avec la Corée du Sud et les Etats-Unis.

«La Corée du Nord avait comme objectif de développer des armes nucléaires miniaturisées pouvant être montées sur un missile capable d'atteindre les Etats-Unis d'ici la fin de 2017 ou le début de 2018, en prenant en compte les passations de pouvoir en Corée du Sud et aux Etats-Unis», a déclaré Thae lors d'une interview qu'il a accordée à l'agence de presse Yonhap vendredi dernier.

«Que la Corée du Nord effectue ou non un tir d'essai d'un ICBM cette année ou que cet éventuel tir sera un succès ou non, tout cela dépendra de la réponse de Séoul et de Washington et de la réaction des pays voisins», a-t-il indiqué.

Pyongyang serait en train de développer un ICBM mobile, connu sous le nom de KN-08, d'une portée de plus de 13.000 km et capable donc d'atteindre le continent américain. Mais la Corée du Nord doit encore tester le missile.

Le régime communiste reclus a procédé à deux essais nucléaires rien que l'année dernière après les essais de 2006, 2009 et 2013. Il a également lancé plus de 20 missiles balistiques incluant des Musudan de portée intermédiaire et des missiles mer-sol balistique stratégique (MSBS).

Pyonyang prétend détenir la technologie permettant de fabriquer une ogive nucléaire suffisamment petite pour être montée sur un missile balistique mais de nombreux experts estiment que le régime reclus aura encore besoin de quelques années pour maîtriser cette technologie.

«Le message de Kim indique que la Corée du Nord a achevé le développement de missiles de portée moyenne et il ne lui reste que les tests d'ICBM. Il pose des questions à Séoul et Washington sur ce qu'ils feront», a noté Thae.

Dans son discours du Nouvel An, le dirigeant nord-coréen s'est engagé à renforcer la capacité du pays à lancer des frappes nucléaires préemptives si la Corée du Sud et les Etats-Unis ne suspendent pas leurs exercices militaires conjoints annuels.

Thae estime que le Nord déclarerait son intention de geler les programmes nucléaire et balistique si Séoul et Washington mettent fin aux exercices militaires et lèvent les sanctions contre Pyongyang.

«Mais même dans une telle situation, la Corée du Nord ne mettrait pas le lancement de satellite sur la table des négociations», a-t-il estimé, faisant référence au lancement de fusée à longue portée.

Le transfuge nord-coréen de haut niveau Thae Yong-ho visite une salle de surveillance des informations nord-coréennes de l'agence de presse Yonhap au cours d'une interview qui a eu lieu au siège de celle-ci le 6 janvier 2017.
Le transfuge nord-coréen de haut niveau Thae Yong-ho visite une salle de surveillance des informations nord-coréennes de l'agence de presse Yonhap au cours d'une interview qui a eu lieu au siège de celle-ci le 6 janvier 2017.

Thae a récemment entamé son activité publique après qu'il a fait défection en Corée du Sud en juillet dernier avec son épouse et ses deux fils.

Sa défection a retenu une grande attention comme il s’agit d’un cas montrant que même des élites nord-coréennes peuvent être désillusionnées du régime nord-coréen.

Selon lui, les diplomates nord-coréens vivent avec des budgets serrés dans leur mission étrangère. Le salaire mensuel que les ambassadeurs touchent s'élève de 900 à 1.100 dollars.

Ils sont également soumis à de fortes pressions comme il doivent envoyer des devises étrangères à la Corée du Nord, les ressources de Pyongyang en devises étant très restreintes suite à la mise en place de lourdes sanctions.

«La Corée du Nord n'a pas de système de subvention de factures médicales. Les diplomates nord-coréens ne peuvent même pas penser à faire des visites médicales régulières», a dit Thae, citant comme exemple l'ancien ministre nord-coréen en Italie Kim Chun-guk qui est décédé d'un cancer du foie l'année dernière.

«Si (un diplomate nord-coréen) souhaite recevoir une rémunération juste, un montant équivalent à l'ensemble du budget d'une mission diplomatique serait nécessaire», a-t-il souligné.

A propos des sanctions internationales, leur efficacité doit être évaluée par un changement dans le sentiment des Nord-Coréens ordinaires ou l'échec politique du régime nord-coréen et non juste à travers des chiffres statistiques.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé l'année dernière de lourdes sanctions à la Corée du Nord à deux reprises pour ses provocations nucléaires et balistiques. Séoul, Washington et d'autres pays ont également mis en place des sanctions unilatérales contre Pyongyang.

Thae a estimé que ces sanctions ont mis à l'épreuve la politique de Kim Jong-un comme le projet de construction d'un nouveau district à Pyongyang baptisé «rue Ryomyong».

«L'éventuel renforcement des sanctions dépendra de la Chine. Je pense que Séoul et Washington doivent mobiliser tous les moyens possibles pour étouffer la Corée du Nord, y compris un boycott secondaire», a souligné Thae en parlant des sanctions à l'encontre des entités de pays tiers .

L'ancien diplomate a estimé que le régime nord-coréen repose soi-disant sur une assise solide mais les habitants ordinaires sont en train de subir un «contrecoup» dans le secteur économique.

Malgré des contrôles sur les marchés, les Nord-Coréens résistent farouchement pour ne pas être privé de ce qu'ils vendent, a indiqué Thae. «Les Nord-Coréens savent bien que leur dirigeant et le parti au pouvoir ne peuvent les protéger et qu'ils doivent trouver leur propre moyen de survie.»

Il a mis l'accent sur la nécessité de mettre des informations extérieures à la disposition de davantage de Nord-Coréens pour les aider à se rendre compte de la réalité du régime.

«Les informations extérieures entrantes doivent se focaliser sur les moyens de révéler les idées fausses de la succession à trois générations de la famille Kim et remettre en cause l'identité de Kim Jong-un comme étant de sang royal», a-t-il ajouté.

Comme Thae a débuté une nouvelle vie, il a dit vouloir se rendre aux Etats-Unis pour parler des problèmes nucléaires nord-coréens aux Américains et responsables politiques.

«Je n'hésiterai pas à aller aux Etats-Unis si mon voyage aide (la nouvelle administration américaine) à faire connaître la vraie intention de la Corée du Nord de développer des armes nucléaires et à élaborer leur politique vis-à-vis de la Corée du Nord de manière raisonnable et précise.»

Thae a fait part de son souhait de se consacrer à l'avancement de l'unification des deux Corées que soit un gouvernement libéral ou un conservateur qui prendra le pouvoir en Corée du Sud.

«Je ferai tout mon possible pour sauver les Coréens d'une éventuelle catastrophe liée à l'ambition nucléaire de Pyongyang et libérer les Nord-Coréens de leur vie d'esclave de leur régime», a-t-il souligné.

lsr@yna.co.kr

(FIN)