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2012/06/13 20:13 KST
Lee demande davantage d'ouverture au Japon et à la Corée du Nord


SEOUL, 13 juin (Yonhap) -- Le président sud-coréen Lee Myung-bak s'est exprimé ce mercredi au sujet des barrières non douanières appliquées par le Japon, qui représentent selon lui un obstacle à la conclusion d'un accord de libre échange avec le Sud, et a également évoqué la question des «femmes de réconfort» en temps de guerre ainsi que la nécessité pour le Nord d'entamer un processus d'ouverture, lors d'une interview accordée à des journalistes locaux et étrangers.

  
Lee s'est adressé aux journalistes du quotidien sud-coréen Maeil Business Newspaper et du quotidien japonais Nihon Keizai ainsi qu'aux correspondants d’autres médias étrangers, soulignant que l’accord de libre échange avec le Japon aurait peu de signification pour le Sud tant que Tokyo maintiendrait ses barrières non tarifaires.

  
«Le Japon est par tradition un pays de barrières non tarifaires», a expliqué Lee. «Un pays aura beau être le plus compétitif du monde, s'il applique des barrières non tarifaires, même en ouvrant ses marchés par le biais d'un ALE, il restera fermé de fait.»

Les barrières non-tarifaires correspondent à des barrières commerciales autres que les tarifs douaniers, qui restreignent les importations, telles que les mesures anti-dumping et les droits compensateurs.

  
Seoul et Tokyo ont entamé des discussions en 2003 en vue de conclure un accord de libre échange, mais les pourparlers ont stagné durant des années compte tenu des inquiétudes de la part de la Corée du Sud sur le fait qu’un tel accord pourrait accentuer le déficit de la balance commerciale avec le Japon.

  
Le mois dernier, Lee et ses homologues japonais et chinois s’étaient entendus lors d’un sommet annuel à Pékin pour lancer des négociations officielles en vue de parvenir à un accord de libre échange trilatéral.

  
Lee a cependant indiqué aujourd’hui qu’il faudrait du temps pour que les négociations arrivent à terme.

  
Lors de son interview, Lee a de nouveau exhorté le Japon à apporter une solution définitive aux griefs de longue date concernant l’esclavage sexuel imposé aux femmes sud-coréennes dites «de réconfort» par les soldats japonais en temps de guerre, indiquant que cette question devenait de plus en plus pressante, compte tenu de l’âge avancé de la plupart des victimes qui pourraient décéder avant d’avoir reçu des dédommagements ou des excuses de la part du Japon.

  
«Quatre sont décédées ne serait-ce que cette année et il en reste 32», a expliqué Lee. «Le Japon pourrait laisser croire à tort qu’il attend qu’elles meurent toutes. Si toutes décèdent, cela ne réglera pas le problème, mais cela pourrait signifier que le Japon sera pour toujours incapable de résoudre la question».

  
Le Japon a colonisé le Sud de 1910 à 1945 et selon les historiens, des dizaines de milliers de femmes asiatiques, Coréennes pour la plupart, ont été forcées à travailler dans les maisons de prostitution sur le front pour satisfaire les besoins de soldats japonais lors de la guerre.

  
Tokyo a jusqu’ici fait fi de la demande de pourparlers officiels de Séoul concernant le dédommagement des victimes vieillissantes. Cette demande a été faite après que la Cour suprême ait jugé qu’il était inconstitutionnel pour le gouvernement sud-coréen de ne pas consentir d’efforts pour régler la question avec Tokyo.

  
Le Japon soutient que toutes les questions relatives à la domination coloniale de la péninsule coréenne, dont le sujet des «femmes de réconfort», ont été réglées en 1965 dans le cadre d’un accord sur une enveloppe de dédommagement par lequel les deux pays ont normalisé leurs relations.

  
Lee a par ailleurs demandé à la Corée du Nord de suivre l’exemple de pays tels que le Myanmar et le Vietnam, qui ont mis en œuvre un processus d’ouverture, affirmant que le récent changement de dirigeant était une bonne occasion pour la nation communiste d'entamer des mesures de réforme.

«J’ai de bonnes intentions vis-à-vis de la Corée du Nord. Si elle entame des réformes et s'ouvre, elle peut se développer rapidement», a commenté le président. En dépit des menaces liées à l’armement nucléaire du Nord, Lee a souligné que la Corée du Sud n’avait pas l’intention de développer des armes nucléaires tactiques.

  
«Nous ne l’envisageons pas du tout. Nous ne pouvons y songer alors même que nous essayons de dénucléariser la Corée du Nord. L’objectif actuel est de s’orienter vers une péninsule coréenne sans nucléaire grâce à la dénucléarisation de la Corée du Nord», a déclaré Lee.

   catherine@yna.co.kr
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