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2012/03/07 13:59 KST

«Corée du Nord-9 ans pour fuir l’enfer» : un témoignage amer en français d’une réfugiée nord-coréenne

PARIS, 07 mars (Yonhap) -- Une publication en français sur l’histoire d’une jeune réfugiée nord-coréenne fait écho en France. «Corée du Nord-9 ans pour fuir l’enfer», un témoignage retraçant le parcours d’une transfuge qui a fui le pays ermite touché par la famine avant d’être renvoyée dans son pays d’origine où elle a vécu un véritable cauchemar, a été élaboré par un journaliste français à Séoul, Sébastien Falletti, en se basant sur les récits de Kim Eun-sun, un pseudonyme.

  
Le témoignage a été publié par la maison d’édition Michel Lafon, pour une parution le 8 mars, au prix de 17,06 euros. Kim Eun-sun, âgée de 25 ans, est partie de son pays en 1998, ravagé par une terrible famine, avec l’espoir de trouver de la nourriture en Chine avec sa mère et sa soeur. Vendues comme esclaves en Chine, elles ont ensuite été capturées par la police chinoise qui les a rapatriées dans leur pays. Kim Eun-sun et Sébastien Falletti au Centre culturel coréen à Paris le 6 mars 2012
Le renvoi des transfuges en Corée du Nord signifie pour eux interrogatoires, torture, rééducation, voire exécution. Eun-sun et sa mère et sa soeur, qui ont survécu à tout cela, se sont à nouveau évadées vers la Chine en se dirigeant jusqu’au désert de Mongolie pour enfin passer en Corée du Sud en 2006. Neuf ans pour fuir l’enfer n’est pas un cas unique. Chaque année, plus de 2.000 transfuges nord-coréens arrivent au Sud. En 2010, ils étaient 2.423 et 378 autres sous protection dans des postes diplomatiques sud-coréens à l’étranger selon des statistiques publiées l’année dernière par le ministère des Affaires étrangères.

  
Les médias français se sont également intéressés à cette publication dans la mesure où elle couvre la totalité du parcours de la transfuge nord-coréenne, contrairement aux autres témoignages fragmentés ou isolés. Kim, actuellement étudiante à la faculté jésuite de Séoul, Sogang, en culture chinoise et psychologie, a confié dans une conférence de presse organisée par le Centre culturel coréen à Paris ce mardi : «Je voulais faire connaître la réalité de la Corée du Nord à plus de monde à travers ce livre.»

«Je remercie l’intérêt porté par les médias français et j’espère que les français comprendront mieux la situation en Corée du Nord pour que l’on puisse avancer vers la résolution des problématiques», a-t-elle dit devant des journalistes. Kim a aussi participé à la manifestation devant l’ambassade de Chine en Corée du Sud pour contester le rapatriement des transfuges nord-coréens arrêtés en Chine. Elle a demandé «une plus grande attention pour les transfuges nord-coréens» en regrettant l’attitude des Sud-Coréens, qu’elle juge passifs vis-à-vis de la question des réfugiés nord-coréens.

  
Après avoir accompli ses deux dernières années de lycée en Corée du Sud, elle a été admise à la faculté pour plus tard «travailler dans le domaine concernant la Corée du Nord après des études de psychologie de l’enfance». Le journaliste qui a transcrit ces témoignages en français, Sébastien Falletti, a expliqué que l’éditeur Michel Lafon l’avait contacté pour un livre sur les transfuges nord-coréens. C’est suite à cette demande qu’il a présenté Kim Eun-sun à la maison d’édition, a-t-il raconté.

  
«C’est une histoire malheureusement classique puisqu’il y a des gens qui ont eu des histoires pires qu’elle. Pour elle, c’est une histoire qui se termine bien, elle refait sa vie, elle est étudiante et elle a l’avenir devant elle. J’ai rencontré beaucoup de gens qui ont vu leur vie brisée. […] Mais Eun-sun peut témoigner au nom de tous les autres qui ont du mal à raconter leurs épreuves», a dit Falletti sur le plateau de l’émission «La Matinale» de la chaîne Canal+ qui a été diffusée le 6 mars.

  
jhoh@yna.co.kr
(FIN)