2018/02/05 20:06 KST

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(3e LD) L'héritier de Samsung, Lee Jae-yong, libéré après une condamnation avec sursis

SEOUL, 05 fév. (Yonhap) -- Le vice-président de Samsung Electronics Co., Lee Jae-yong, a été remis en liberté ce lundi après qu’une cour d’appel a rejeté la plupart des principaux chefs d'accusation à son encontre dans un scandale de corruption qui a conduit à la destitution de l’ancienne présidente Park Geun-hye l’année dernière.

La Haute Cour de Séoul a condamné Lee à deux ans et demi de prison assortis d’un sursis de quatre ans. Suite à l’annonce du verdict, il a été immédiatement libéré après près d’un an d’incarcération, depuis son placement en détention provisoire en février 2017.

L’héritier présomptif du plus grand conglomérat de la Corée du Sud avait écopé d’une peine de cinq ans de prison ferme le 25 août dernier pour avoir notamment offert 8,8 milliards de wons (8,1 millions de dollars) à Park et son amie de longue date, Choi Soon-sil, en échange d’un soutien du gouvernement pour la fusion entre deux filiales de Samsung, une étape perçue comme cruciale pour assurer la succession de Lee.

Le procureur spécial Park Young-soo avait requis 12 ans de prison contre Lee. Park et Lee avaient tous les deux fait appel du verdict.

Le vice-président de Samsung Electronics Co., Lee Jae-yong, quitte le 5 février 2018 la Haute Cour de Séoul après avoir été libéré près d'un an après son placement en détention provisoire en février 2017.
Le vice-président de Samsung Electronics Co., Lee Jae-yong, quitte le 5 février 2018 la Haute Cour de Séoul après avoir été libéré près d'un an après son placement en détention provisoire en février 2017.

En renversant le verdict de première instance, la cour d’appel n’a pas reconnu qu'un processus de succession à la tête de Samsung était en place comme revendiqué par les procureurs. Elle a aussi estimé que Samsung n’avait pas de programme (de succession) pour lequel il était nécessaire de formuler une «sollicitation explicite ou implicite» à l’ancienne présidente. Elle a toutefois trouvé Lee coupable d'avoir «passivement» obtempéré à la demande de Park de sponsoriser l'entraînement équestre de Chung Yoo-ra, fille âgée de 22 ans de Choi.

Deux anciens cadres de Samsung ont aussi été libérés après avoir reçu des peines avec sursis. Choi Gee-sung, l’ancien chef de l’ex-Bureau de la stratégie future du groupe, et son adjoint de l’époque Chang Choong-ki ont tous deux reçu une peine de trois ans de prison avec sursis. Ils avaient écopé de quatre ans de prison chacun en première instance en août.

Lee, âgé de 50 ans, avait été inculpé en février dernier de cinq chefs accusation dont corruption, détournement de fonds et dissimulation d’actifs à l’étranger. Il était depuis en détention provisoire. Le procureur spécial a accusé Lee d’avoir offert ou promis de verser 43.3 milliards de wons à Park et Choi pour sponsoriser l’entraînement équestre de Chung.

Le tribunal de première instance avait jugé coupable Lee pour tous les cinq chefs d’accusation mais avait reconnu que seule une partie des pots-de-vin a été versée et le montant promis n'a jamais été versé. Lee avait plaidé non coupable.

La cour d'appel a trouvé Lee non coupable d'avoir dissimulé des avoirs à l'étranger, estimant que les 3,6 milliards de wons que Samsung a versé à l'entreprise de Choi basée en Allemagne peuvent être considérés comme des pots-de-vin, mais pas comme une dissimulation d'avoirs. La dissimulation d'avoirs à l'étranger est passible d'une peine de prison de cinq ans minimum.

Le tribunal a estimé que le versement par Samsung de 1,63 milliards de wons à une fondation œuvrant dans le secteur du sport pour enfants, gérée par la famille de Choi, ne constitue pas des pots-de-vin.

La cour d'appel a estimé que Park et Choi doivent porter la plus grande part de responsabilité dans cette affaire, car c'est leur collusion qui a forcé les conglomérats à fournir illégalement de l'argent.

«C'est une affaire dans laquelle l'ancienne présidente Park, qui possédait la plus grande autorité dans le pays, a forcé les cadres de Samsung (à verser des pots-de-vin) et Choi, aveuglée par une maternité déformée, a cherché à s'enrichir personnellement en utilisant sa relation avec Park.»

Ce jugement contraste avec celui de la cour inférieure, qui avait jugé qu'il s'agissait d'un «exemple classique d'échange de faveurs entre les pouvoirs politiques et du capital.»

Les avocats de Lee ont salué le verdict de la cour, mais on fait savoir qu'ils feront appel de la décision concernant la condamnation pour corruption en ce qui concerne le mécénat pour l'entraînement équestre, qui reste.

«Nous respectons le courage et la sagesse de la cour qui a rendu un verdict non coupable pour les principales charges», a indiqué l'équipe légale de Lee dans un communiqué. «Nous ferons toutefois de notre mieux lors de la prochaine comparution pour que les charges restantes soient levées.»

L'accusation fera aussi appel du verdict.

Lee a quitté le centre de détention en fin de journée. Habillé d'un costume noir, il s'est tenu devant un parterre de journalistes et s'est incliné pour s'excuser envers le public. «Je suis désolé de n'avoir pas montré mon meilleur côté... cette année passée a été un temps d'introspection très précieux», a-t-il déclaré. «Je considérerai désormais plus attentivement les choses.»

Interrogé quant à ce qu'il allait faire, Lee a répondu «Je dois aller voir le président», parlant de son père Lee Kun-hee, qui est alité depuis une attaque cardiaque survenue en 2014.

lsr@yna.co.kr

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