2018/02/05 09:51 KST

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(2e LD) Le chef d'Etat protocolaire de la Corée du Nord dirigera la délégation de haut niveau à PyeongChang

(Photo d'archives Yonhap)
Le président du présidium de l'Assemblée populaire suprême Kim Yong-nam

(Photo d'archives Yonhap)

SEOUL, 05 fév. (Yonhap) -- La Corée du Nord a annoncé ce lundi son plan d’envoyer le chef d'Etat protocolaire, Kim Yong-nam, cette semaine en Corée du Sud pour l’ouverture des Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang, a rapporté l’Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA).

Kim, président du présidium de l'Assemblée populaire suprême, dirigera la «délégation de haut niveau» qui assistera à la cérémonie d’ouverture des JO vendredi, selon une dépêche de la KCNA.

Ce rapport est intervenu quelques heures après que le gouvernement sud-coréen a fait savoir que Kim effectuerait une visite de trois jours jusqu’à dimanche pour les Olympiades.

Le Nord a notifié au Sud que la délégation inclurait aussi trois représentants et 18 accompagnateurs mais n’a pas fourni de détails, selon le ministère de l’Unification.

Kim, âgé de 90 ans, fait office protocolaire de chef d’Etat du Nord même si le régime est totalement sous l'emprise du dirigeant Kim Jong-un.

Des experts ont estimé que le Nord semblait vouloir rompre son isolement diplomatique en envoyant son président par titre à l’événement sportif international où des dirigeants du monde entier se rassembleront.

Le bureau présidentiel sud-coréen a favorablement accueilli la décision qui illustre, selon lui, «la volonté de la Corée du Nord d’améliorer les relations intercoréennes et d’aider à assurer le succès des JO de PyeongChang».

«Compte tenu du fait que Kim Yong-nam est responsable de la diplomatie du plus haut niveau en tant que chef d’Etat selon la Constitution, le Nord semble faire preuve de sincérité vis-à-vis du Sud à sa manière», a noté un officiel du bureau présidentiel.

Le Nord avait convenu plus tôt d'envoyer une délégation incluant des athlètes, hauts officiels, artistes, supportrices et une équipe de démonstration de taekwondo aux JO de PyeongChang.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a fait un geste rare de rapprochement à travers son discours du Nouvel An après plusieurs années de provocations nucléaires et balistiques.

Le président Moon Jae-in a fait part de son souhait de voir l’amélioration des relations intercoréennes ouvrir la voie à la résolution du dossier nucléaire nord-coréen et déboucher sur des pourparlers entre Washington et Pyongyang.

Moon pourrait souhaiter que les Etats-Unis et le Nord s'entretiennent au Sud lors des visites ici de hauts officiels respectifs à l'occasion de l'ouverture des JO.

Lors de l'entretien téléphonique avec le président américain Donald Trump samedi, Moon a exprimé son espoir de voir la visite prochaine du vice-président Mike Pence étayer le processus de construction de la paix sur la péninsule coréenne, selon le bureau présidentiel.

L’attention se porte désormais sur la question de savoir si Choe Ryong-hae, numéro deux de facto du régime et vice-président du Comité central du Parti du travail, fera partie ou non de la délégation de haut niveau.

La délégation pourrait également inclure Kim Yong-chol, chef du département du Front uni, agence en charge des affaires intercoréennes, Choe Hwi, président de la Commission d'Etat pour la conduite des sports, Ri Su-yong, ancien ministre des Affaires étrangères et actuel chef de la commission parlementaire des affaires étrangères, et Ri Yong-ho, actuel chef de la diplomatie nord-coréenne.

Certains experts tablent par ailleurs sur la venue de Kim Yo-jong, sœur du numéro un nord-coréen, bien que les chances paraissent faibles.

Cela dit, plusieurs officiels nord-coréens évoqués ci-dessus sont soumis à des sanctions internationales ou unilatérales pour les programmes nucléaire et balistique du Nord.

Choe Ryong-hae et Kim Yong-chol font l’objet des sanctions unilatérales de Séoul qui incluent un gel de leurs avoirs. Choe Hwi figure sur la liste des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies incluant une interdiction de voyage et Kim Yo-jong sur la liste des sanctions américaines pour le sujet des droits de l’Homme.

«Le Nord pourrait avoir pris en compte le fait que Kim Yong-nam n’est pas une personne blacklistée», a fait remarquer Yang Moo-jin, professeur de l'Université des études nord-coréennes (UNKS). «Pyongyang semble supposer que (son éventuelle rencontre avec Moon) pourrait être en fait un sommet et avoir l’intention d’améliorer son image vis-à-vis du monde extérieur.»

Kim Yong-nam n’a jamais effectué de déplacement en Corée du Sud mais a rencontré l’ancien président sud-coréen Kim Dae-jung et son successeur Roh Moo-hyun à Pyongyang avant leurs sommets avec le défunt dirigeant nord-coréen Kim Jong-il en 2000 et 2007, respectivement.

lsr@yna.co.kr

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