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2017/03/13 22:29 KST

Fleur Pellerin, grand témoin de la francophonie pour PyeongChang et «pont entre la Corée et la France»

L'ancienne ministre française de la Culture prend la parole lors de  la cérémonie de signature de la Convention sur l’usage et la promotion de la langue française et de la francophonie aux JO d'hiver de PyeongChang 2018, à la résidence de l'ambassadeur français à Séoul, le 13 mars 2017.
Fleur Pellerin à Séoul

L'ancienne ministre française de la Culture prend la parole lors de la cérémonie de signature de la Convention sur l’usage et la promotion de la langue française et de la francophonie aux JO d'hiver de PyeongChang 2018, à la résidence de l'ambassadeur français à Séoul, le 13 mars 2017.

SEOUL, 13 mars (Yonhap) -- Suite à sa désignation le 18 janvier dernier comme «grand témoin» de la francophonie aux Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de PyeongChang 2018 par la secrétaire générale de la francophonie Michaëlle Jean, Fleur Pellerin a présenté ce lundi soir à des journalistes sa nouvelle mission, à la résidence de France à Séoul.

«Le français est une langue officielle des Jeux olympiques», a tout d'abord rappelé Pellerin. «Et donc le secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) désigne un grand témoin qui est une sorte d'ambassadeur de la langue française chargé de vérifier la signalétique et l'organisation, que les équipes d'organisation et les médias ont des membres qui sont francophones et permettent donc au français d'être véritablement une langue olympique», a ajouté Pellerin pour décrire sa mission.

«Je crois que j'ai acquis d'une certaine façon le statut de pont un peu naturel entre la Corée et la France et je pense que c'est à cela que Michaëlle Jean a pensé lorsqu'elle m'a proposé cette mission qui m'honore beaucoup et qui me permet de revenir en Corée avec de nouvelles fonctions très intéressantes», a-t-elle répondu à une question de Yonhap.

«Cela me permet d'assurer la promotion du français dans un pays, la Corée, où les gens qui souhaitent apprendre le français sont de plus en plus nombreux, de la même façon qu'il y a de plus en plus de Français qui apprennent le coréen. C'est donc un moment intéressant et festif pour faire la promotion du français.»

Fleur Pellerin, grand témoin de la francophonie aux JO d'hiver de PyeongChang, intervient à la cérémonie de signature de la Convention sur l’usage et la promotion de la langue française avec le Comité d'organisation des JO d'hiver de PyeongChang 2018, à la résidence de l'ambassadeur français à Séoul, le 13 mars 2017.
Cérémonie de signature

Fleur Pellerin, grand témoin de la francophonie aux JO d'hiver de PyeongChang, intervient à la cérémonie de signature de la Convention sur l’usage et la promotion de la langue française avec le Comité d'organisation des JO d'hiver de PyeongChang 2018, à la résidence de l'ambassadeur français à Séoul, le 13 mars 2017.

A l’audience de nomination à Paris, Michaëlle Jean avait expliqué son choix : «Sensible aussi bien à son intérêt pour l’innovation, notamment dans le domaine du numérique, qu’à sa très forte notoriété en République de Corée et à son engagement au service du dialogue des cultures, j’ai demandé à Fleur Pellerin de porter la voix des francophones afin de veiller au respect de la règle 23 de la Charte olympique en vertu de laquelle la langue française est, avec l’anglais, la langue officielle des Jeux olympiques», d'après le communiqué de presse publié ce lundi par l'OIF.

En rappelant que la Corée du Sud a adhéré à l’OIF en novembre dernier, la secrétaire générale avait ajouté que «cette nomination trouve tout son sens». L’ancienne ministre de la Culture de la France est attachée au pays du Matin-Calme de part ses origines et pour ses affaires. Elle a créé en septembre de l’année dernière un fonds d’investissement, Korelya Capital, pour promouvoir les investissements coréens en France dans le secteur des nouvelles technologies et assister les start-up de la French Tech à pénétrer les marchés asiatiques.

La tâche première de Pellerin sera d’établir des contacts avec les autorités coréennes, le Comité international olympique, le Comité d’organisation des JO de PyeongChang et les représentants des Etats et gouvernements membres de la francophonie et du mouvement olympique francophone. L’essentiel de son travail sera aussi de s’assurer que les services linguistiques offerts aux athlètes, aux officiels, aux journalistes et au grand public le seront également en français.

«Ce qui m'intéresse dans cette mission, c'est qu'il ne s'agit pas uniquement de contrôler, de vérifier le bon usage du français dans le cadre des JO, mais également de proposer des actions culturelles, de coopération universitaire, dans le domaine du débat des idées, en matière scientifique, ainsi que des événements pour promouvoir la diversité culturelle en marge des JO», a complété le grand témoin.

«Je suis aussi chargée de rédiger un rapport à l'issue des Jeux. [...] Ce qui est particulièrement intéressant pour les JO d'hiver de PyeongChang, c'est qu'ils seront prolongés par des JO qui auront lieu au Japon (JO d'été 2020) et ensuite en Chine (JO d'hiver 2022). Il y aura donc trois JO successifs en Asie. Donc, les enseignements qu'on tirera des JO de PyeongChang serviront aussi probablement aux organisateurs des JO suivants», a par ailleurs noté Pellerin.

Lee Hee-beom, chef du Comité d'organisation des Jeux olympiques de PyeongChang (à droite), et Fleur Pellerin, grand témoin de la francophonie pour les JO d'hiver de PyeongChang, signent le texte de la convention sur l’usage et la promotion de la langue française et de la francophonie aux JO d'hiver 2018, à la résidence de l'ambassadeur de France en Corée du Sud, le soir du 13 mars 2017. (Ambassade de France en Corée=Yonhap)
Signature

Lee Hee-beom, chef du Comité d'organisation des Jeux olympiques de PyeongChang (à droite), et Fleur Pellerin, grand témoin de la francophonie pour les JO d'hiver de PyeongChang, signent le texte de la convention sur l’usage et la promotion de la langue française et de la francophonie aux JO d'hiver 2018, à la résidence de l'ambassadeur de France en Corée du Sud, le soir du 13 mars 2017. (Ambassade de France en Corée=Yonhap)

En soulignant que le français a été pendant longtemps dans les écoles secondaires coréennes une des deuxièmes langues étrangères obligatoires, l'ambassadeur de France à Séoul, Fabien Penone, a dit percevoir l'entrée de la Corée au sein de l'OIF comme une nouvelle opportunité qui «va nous permettre de revitaliser l'ensemble des relations avec toute la population francophone (en Corée)».

Pellerin est aussi en Corée pour les célébrations autour de la Journée internationale de la francophonie (20 mars) organisées par le Conseil de promotion de la francophonie à Séoul. Du 20 au 31 mars, divers événements se tiendront à Séoul et dans d'autres villes du pays pour permettre de se retrouver autour de la langue française et de la diversité culturelle des pays francophones. Le programme détaillé est disponible à l'adresse suivante : francophonie.or.kr.

Pellerin est le huitième grand témoin de la francophonie aux JO. Ses prédécesseurs sont le chanteur camerounais Manu Dibango (Rio 2016), le secrétaire perpétuel de l’Académie française Hélène Carrère d’Encausse (Sotchi 2014), l’ancienne gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean (Londres 2012), l’ex-président de la Confédération suisse Pascal Couchepin (Vancouver 2010), l’ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin (Pékin 2008), l’écrivaine québécoise Lise Bissonnette (Turin 2006) et le journaliste français Hervé Bourges (Athènes 2004).

Xavier Baldeyrou

(FIN)