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2012/10/26 06:37 KST

Une collaboration franco-coréenne innovante en robotique orientée vers la créativité

SEOUL, 26 oct. (Yonhap) -- Afin de développer des partenariats dans les secteurs innovants, et notamment les SmartGrid ou la robotique, une importante délégation de la communauté urbaine Grand Lyon en France s'est rendue au pays du Matin-Calme. Cette délégation comprend notamment une trentaine d’universitaires, des entrepreneurs du secteur de la robotique et un représentant de l’Office du tourisme. A sa tête se trouvent Jean-Michel Daclin, adjoint au maire et vice-président du Grand Lyon, en charge des relations internationales, et Karine Dognin-Sauze, vice-présidente du Grand Lyon chargée de l’innovation et des nouvelles technologies.

  La délégation se trouvait cette semaine en Corée du Sud pour rencontrer des dirigeants de grandes entreprises de jeux vidéos, dont NHN et Nexon, et d’énergies renouvelables, dont le groupe SK. Elle se rendra également au salon de la robotique Robot World à Ilsan, au nord de Séoul. Il s’agit du premier contact officiel du Grand Lyon avec la Corée visant à établir des relations de long terme dans les secteurs de l’innovation. De gauche à droite, Jean-Michel Daclin, Karine Dognin-Sauze et Bruno Bonnell
Lors d’une interview accordée hier matin à l’agence de presse Yonhap en marge de la visite de la délégation lyonnaise, Bruno Bonnell, le patron de la compagnie de robotique Robopolis et président du syndicat de la robotique Syrobo, a souligné l’importance d’une collaboration entre la France et la Corée du Sud et plus particulièrement d’une réorientation vers la création de produits du secteur des nouvelles technologies et plus particulièrement de la robotique.

  Bonnell a remarqué dans la recherche coréenne un côté «pragmatique» dont la France pourrait s’inspirer. Selon lui, la Corée développe en priorité des produits destinés à être utilisés sur des marchés à fort potentiel tandis que la France a tendance à adopter une méthode de «recherche fondamentale», plus théorique. Il explique : «les méthodes de réflexion en France, au Japon et même aux Etats-Unis sont des méthodes où l’on regarde les choses globalement, on se dit 'on va étudier l’humanoïde’ alors que la mentalité coréenne va être plutôt de dire ‘on sait que l’humanoïde n’est pas un marché qui évolue rapidement donc ça n’est pas une priorité par rapport aux robots aspirateurs'».

  Il a noté néanmoins que le processus coréen a comme désavantage le manque de diversité de la recherche en raison d’une trop grande concentration des moyens dans un petit nombre de domaine. La Corée est par exemple à la pointe de la technologie en matière de hardware mais doit encore progresser dans le software. Selon lui, les deux pays sont tout à fait compatibles pour une collaboration dans le secteur de la robotique puisque la France est capable de son côté de créer des softwares de qualité : «il y a une possibilité réelle de collaboration industrielle forte».

  Tous deux sont déjà très investis dans ce secteur puisqu’ils organisent des salons d’envergure internationale où sont exposés chaque année de nouveaux robots industriels et de service : «InnoRobo», qui a ouvert ses portes à Lyon en 2010 et est financé en partie par le Grand Lyon et «Robot World» à Séoul. Cette année, on dénombre 11 entreprises françaises parmi les exposants du salon coréen, ce qui démontre l'étendue de la gamme de produits proposée par la France et son potentiel à l'international, qui «montre qu’on doit pouvoir créer des liens forts avec l'un des marché leader de la robotique».

  Selon le président de Syrobo, la France devrait se détacher progressivement de son passé de puissance industrielle pour se tourner vers la création de produits car «la compétition n’est plus dans l’exécution simple de la même tâche […] mais c’est l’intelligence qui va faire la différence». Il sera donc difficile pour la Corée et la France de réussir à l’international sans investir dans l’intelligence et la création. Une collaboration profiterait aux deux parties. Il souligne que certains liens sont déjà établis, tel que l’accord entre Syrobo et la Korean Association of Robotic (KAR) signé il y a trois ans et renouvelé pour la même durée.

  Par ailleurs, l’agglomération lyonnaise investit de plus en plus dans de nouveaux secteurs d’avenir tels que les énergies renouvelables en partenariat avec des pays étrangers pour construire une «ville intelligente». Cependant, la France est «consciente de l’accélération nécessaire» dans ces domaines et la Corée pourrait servir d’exemple car elle «affiche des intensions fortes lorsqu’elle décide d’aller sur un secteur, un sujet», selon la vice-présidente du Grand Lyon Karine Dognin-Sauze. Enfin, la Corée du Sud et la France développent également des liens culturels. Jean-Michel Daclin explique qu'«on ne peut pas établir des relations entre des villes uniquement sur une thématique économique, la dimension culturelle est une dimension essentielle».

  
Propos recueillis par Oh Jeong-hun et Lucie Gagniarre

(FIN)