2018/07/10 16:11 KST

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Les ex-employées nord-coréennes du restaurant en Chine sont des «victimes», selon un expert de l’ONU

SEOUL, 10 juil. (Yonhap) -- Un spécialiste des Nations unies sur les droits de l'Homme en Corée du Nord a appelé aujourd’hui à ouvrir une enquête complète et indépendante sur la défection controversée en Corée du Sud, en 2016, de 12 employées du restaurant nord-coréen en Chine, clamant qu’au moins plusieurs d’entre elles ont été «victimes» d'une tromperie.

«Il est nécessaire de respecter leurs droits en tant que victimes», a déclaré Tomas Ojea Quintana, rapporteur spécial sur les droits humains en Corée du Nord, lors d'une conférence de presse tenue à Séoul. «Quand je dis des victimes, j'implique qu'elles ont été soumises à une sorte de tromperie en ce qui concerne l’endroit où elles se rendaient.»

Il a interviewé quelques-unes d’entre elles séjournant désormais côté Sud car il n'a pas eu accès à tout le groupe lors de sa quatrième visite ici depuis qu'il a intégré la mission onusienne en 2016.

Douze femmes nord-coréennes ont travaillé dans un restaurant en Chine avant de venir au Sud, avec un manager, en avril 2016.

La question est de savoir si elles voulaient vraiment faire défection au Sud.

Tomas Ojea Quintana, rapporteur spécial sur les droits de l'Homme en Corée du Nord, s'exprime lors d'une conférence de presse à Séoul le 10 juillet 2018.
Tomas Ojea Quintana, rapporteur spécial sur les droits de l'Homme en Corée du Nord, s'exprime lors d'une conférence de presse à Séoul le 10 juillet 2018.

Les autorités sud-coréennes sous la précédente administration de Park Geun-hye avaient présenté cette affaire en parlant de défections, tandis que la Corée du Nord revendiquait qu'elles avaient été enlevées contre leur gré par le biais d'un vil stratagème.

Certains médias sud-coréens ont également soulevé des soupçons sur la façon dont elles ont quitté la Chine et atteint la Corée du Sud.

Le rapporteur des Nations unies a souligné l'importance de l'intention de chaque personne.

«En ce qui concerne celles qui m'ont parlé, il est clair qu'il y avait des lacunes en ce qui concerne la façon dont elles ont été amenées en Corée du Sud», a-t-il affirmé. «Encore une fois, nous devons respecter leurs droits concernant la marche à suivre.»

Tomas Ojea Quintana n’a pas fourni d'autres détails, y compris le nombre exact de personnes interrogées et les détails de leurs témoignages.

Il a déclaré que le gouvernement sud-coréen devrait mener une enquête «approfondie et indépendante» sur l'incident et demander des comptes aux responsables.

Il a salué l'atmosphère de paix générale dans la péninsule suite aux pourparlers de dénucléarisation entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, mais il a dit regretter que le problème des droits de l'Homme soit mis de côté.

«Ni la déclaration de Panmunjom ni le communiqué conjoint de Pyongyang et Washington n'incluent explicitement la terminologie des droits de l'Homme», a-t-il déploré, en référence à l'accord du sommet intercoréen du 27 avril et au document officiel publié après les pourparlers de Singapour entre le président américain Donald Trump et le leader du Nord, Kim Jong-un, le 12 juin.

L’expert de l’ONU a souligné que la question des droits de l'Homme devrait faire partie des efforts pour un régime de paix, citant des leçons de l’histoire.

«L'histoire a montré à maintes reprises que chaque fois qu'il y a un conflit, il est nécessaire de s'attaquer aux causes profondes, sinon cela posera des risques pour l'avenir», a-t-il déclaré. «Ce n'est pas la première fois que les droits de l'Homme sont considérés comme un inconvénient à un moment délicat.»

Il ne peut y avoir de «transition authentique, pacifique et durable» sans résoudre le problème des droits de l'Homme», a-t-il ajouté.

Tomas Ojea Quintana terminait une visite d'une semaine en Corée du Sud visant à recueillir des informations pour un rapport régulier destiné à l'assemblée générale des Nations unies.

En tant que rapporteur de l'ONU, il a déclaré : «L'objectif principal de ma visite cette fois-ci est de redynamiser l'agenda des droits de l'Homme dans le dialogue en cours avec le Nord.»

En parallèle, il a transmis diverses données provenant d’agences des Nations unies sur la «crise humanitaire prolongée» dans le pays communiste frappé par la pauvreté, accusant la communauté internationale de l'ignorer.

Plus de 10 millions de personnes, soit 40% de la population, auraient besoin d'aides humanitaires, a-t-il souligné, au vu des informations selon lesquelles la production alimentaire totale aurait diminué de 7,43% en 2018 par rapport à l'année dernière.

lp@yna.co.kr

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