2018/04/16 06:00 KST

Article View Option

Quatre ans après la tragédie, les Sud-Coréens toujours marqués par le naufrage du Sewol

L'opération de repêchage du ferry Sewol a été officiellement achevée dans l'après-midi du mardi 11 avril 2017, 1.091 jours après la catastrophe. Le gouvernement débutera bientôt les recherches des restes des neuf victimes toujours portées disparues.
Achèvement de l'opération de repêchage du Sewol

L'opération de repêchage du ferry Sewol a été officiellement achevée dans l'après-midi du mardi 11 avril 2017, 1.091 jours après la catastrophe. Le gouvernement débutera bientôt les recherches des restes des neuf victimes toujours portées disparues.

SEOUL, 16 avr. (Yonhap) -- Quatre ans après le naufrage meurtrier du ferry Sewol, les Sud-Coréens restent marqués par la tragédie emprunte d'irresponsabilité, de politique politicienne, de méfiance publique et de spéculations sans fondement.

Les efforts pour faire la lumière sur le naufrage survenu le 16 avril 2014 se sont multipliés au cours de cette dernière année. Les enquêteurs se penchent sur la réponse inadéquate de la précédente administration et les experts examinent la carcasse du navire, qui a été repêchée près de trois ans après avoir coulé.

Le ferry a sombré au large de l'île de Jindo, dans le sud-ouest du pays. Des 476 passagers, 299 sont morts et 5 personnes sont toujours portées disparues. Les victimes étaient pour la plupart des adolescents qui se rendaient sur l'île de Jeju en voyage scolaire.

«Les faits à l'origine du naufrage doivent être entièrement vérifiés, jusqu'à ce que les victimes et les citoyens estiment qu'une vérification suffisante a été menée», a déclaré l'avocate Park Sun-young, qui a représenté les victimes et leurs familles pendant plusieurs années, à l'agence de presse Yonhap.

«Une fois seulement que nous aurons la conviction que, dans l'éventualité où un tel accident venait à se reproduire, des membres d'équipage et une police maritime suffisamment préparés et compétents seront prêts à nous sauver, pourrons nous guérir de cette blessure traumatique», a-t-elle ajouté.

L'enquête du gouvernement sur le naufrage effectuée en 2014 a divisé la nation, notamment sur les questions de la responsabilité et de la manière d'améliorer le système de gestion des catastrophes.

L'enquête de cinq mois menée par une équipe de procureurs et la police a conclu que le naufrage a été causé par une surcharge du navire, un remodelage illégal de ce dernier et par l'incompétence du barreur.

Le manque de confiance du public envers le gouvernement a alimenté les spéculations les plus folles. Certains pensent que le navire a percuté un récif ou un sous-marin. D'autres ont tenté d'expliquer le naufrage par des complots politiques.

L'inaction présumée de l'ex-présidente Park Geun-hye le jour de la tragédie a provoqué une bataille politique. Des rumeurs affirment que Park était en train de subir une opération de chirurgie esthétique ou des soins de beauté pendant les faits.

Tout ceci n'a fait que renforcer les appels pour que débute une nouvelle enquête objective sur la catastrophe.

«Je pense que les approches de nombreuses personnes impliquées dans la résolution de l'affaire ont été trop politiques», a déclaré Huh Chang-deog, professeur de sociologie à l'université Yeungnam. «Plutôt que de chercher à vérifier les faits du point de vue des victimes et de leurs familles, les hommes politiques semblent utiliser la question à des fins politiques.»

Consciente des doutes du public, l'Assemblée nationale a adopté une motion en mars dernier pour créer un nouveau panel chargé d'examiner la carcasse du ferry et déterminer la cause exacte du naufrage.

Les enquêteurs cherchent les restes des disparus dans la coque du navire depuis sa mise à quai en avril dernier. Ils sont actuellement en train de mener les dernières recherches dans la salle des machines.

Le gouvernement enquête sur les allégations selon lesquelles des responsables de la précédente administration ont fait obstruction à l'enquête d'un panel d'enquête spécial sur le naufrage.

Les procureurs ont mis en examen le mois dernier trois anciens conseillers de l'ex-présidente Park Geun-hye, dont l'ex-ministre de la Culture Cho Yoon-sun, pour obstruction à l'enquête.

Ils ont également mis en examen trois anciens collaborateurs de Park pour avoir falsifié le temps des rapports présidentiels sur la catastrophe. Ceux-ci ont révélé que Park était dans sa résidence le jour fatidique.

Ces révélations ont provoqué la colère chez les familles des victimes mais ont aussi soulevé l'espoir qu'elles permettront de faire évoluer les choses. «Ce qui importe n'est pas que Park était dans sa résidence, mais ce qu'elle a fait (au moment des opérations de recherche)», a déclaré le mois dernier un proche d'une victime à l'agence de presse Yonhap.

(Photo d'archives Yonhap)
(Photo d'archives Yonhap)

mathieu@yna.co.kr

(FIN)