SNS Share
Article View Option

2017/02/17 08:40 KST

(2e LD) L'héritier de Samsung arrêté pour corruption dans l'affaire Choi

Lee Jae-yong en route vers le centre de détention le 16 février 2017.
Lee Jae-yong en route vers le centre de détention le 16 février 2017.

SEOUL, 17 fév. (Yonhap) – Le dirigeant de facto du groupe Samsung Lee Jae-yong a été placé en détention ce vendredi pour actes de corruption dans l'affaire Choi Soon-sil, qui a entraîné la destitution de la présidente Park Geun-hye.

La Cour du district central de Séoul ayant émis un mandat d'arrêt à son encontre, Lee est devenu le premier patron de Samsung à être arrêté dans une affaire criminelle.

L'équipe du procureur indépendant avait recherché mardi un nouveau mandat d'arrêt contre ce dernier après que sa première requête, qui reposait sur des charges de corruption, de détournement de fonds et de faux témoignages, a été rejetée le mois dernier. Après trois semaines d'enquête supplémentaires, les procureurs accusent Lee, en plus des charges précédentes, d'avoir caché des gains provenant d'activités criminelles et d'avoir enfreint la loi sur le transfert de patrimoine à l'étranger en versant des pots-de-vin à Choi Soon-sil, l'amie de longue date de la présidente.

«Les raisons et la nécessité de l’arrestation sont reconnues à la lumière des nouvelles charges et preuves récoltées», a annoncé la cour à la presse. Elle a toutefois refusé d’émettre un mandat d’arrêt contre le président de Samsung Electronics Park Sang-jin, ne voyant pas le besoin de le détenir.

Lee sera détenu à Uiwang, au sud de Séoul, où il attendait le verdict.

Les procureurs soupçonnent que Lee a donné ou promis environ 43 milliards de wons (36,3 millions de dollars) de pots-de-vin à Choi pour que le Service national des retraites approuve la fusion entre deux filiales de Samsung en 2015. Cette fusion était importante pour la passation de pouvoir entre le président de Samsung Electronics Lee Kun-hee et son fils unique Lee Jae-yong.

Lee est entré au conseil d'administration de Samsung Electronics en octobre. Son père est hospitalisé depuis 2014 à la suite d'une crise cardiaque.

Le groupe a admis avoir versé des contributions à deux fondations qui seraient contrôlées par Choi et à une entreprise qu'elle possède en Allemagne, mais a nié que ces versements ont un rapport avec la fusion de 2015.

L'héritier de Samsung avait été interrogé une deuxième fois lundi. L'équipe d'enquête indépendante a demandé ce jeudi au Premier ministre et président par intérim Hwang Kyo-ahn de prolonger d'un mois son mandat, qui prendra fin le 28 février.

Cette arrestation devrait desservir la présidente Park Geun-hye, destituée par l'Assemblée nationale en décembre dernier et qui attend la décision de la Cour constitutionnelle sur la légitimité de sa destitution. L'équipe indépendante et le bureau présidentiel sont en pourparlers pour qu'ait lieu un interrogatoire en tête à tête de la chef de l’État. La première tentative s'était soldée par un échec après que fut fuité le calendrier de l'interrogatoire.

La détention de Lee a provoqué des remous dans le monde des affaires. «La hausse des incertitudes et le déclin des notations de crédit, qui pourraient découler d’un potentiel vide de pouvoir chez Samsung, la plus grande multinationale en Corée du Sud, pourraient peser lourdement sur notre économie déjà en berne», a déclaré à l’agence de presse Yonhap un responsable anonyme de la Fédération des employeurs coréens (KEF).

Lee Jae-yong à son arrivée à la Cour centrale du district de Séoul le 16 février 2017
Lee Jae-yong à son arrivée à la Cour centrale du district de Séoul le 16 février 2017

mathieu@yna.co.kr

(FIN)