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2012/09/14 20:28 KST

Séoul veut rapidement conclure un ALE avec la Chine

BEIJING, 14 sept. (Yonhap) -- Des décideurs économiques sud-coréens ont déclaré ce vendredi que les négociations en cours sur un accord de libre-échange avec la Chine devraient être conclues très rapidement, ce qui permettrait aux entreprises sud-coréennes de mieux exploiter les opportunités de ce marché.

  
«Des secteurs tels que l'agriculture et l'élevage pourraient être affectés par un traité de libre-échange avec la Chine. Mais ces secteurs pourraient au bout du compte accroître leur compétitivité et bénéficier d'opportunités d'affaires en Chine» a déclaré à Pékin le ministre des Finances Bahk Jae-wan à des journalistes sud-coréens.

  
Bahk et d'autres hauts responsables gouvernementaux se trouve à Pékin afin de s'entretenir avec leurs homologues chinois sur la situation économique mondiale, les politiques énergétiques et d'autres questions d'intérêt mutuel.

  
«Compte tenu de l'ampleur du volume des échanges bilatéraux, il est urgent de conclure les négociations de libre-échange", a-t-il ajouté.

  
Lors de leur dernière réunion en août, la Corée du Sud et la Chine avaient progressé dans leurs négociations sur un ALE, en se mettant d’accord sur la suppression des droits de douane pour les marchandises dans un délai de 10 ans après l’entrée en vigueur de l’ALE.

  
Les deux parties avaient également convenu de supprimer les droits de douane sur les biens dits sensibles dans un délai de 10 ans après l’application de l’ALE, même si les deux pays devront discuter ultérieurement des marchandises entrant dans cette catégorie, selon le ministère du Commerce de Séoul.

  
Début mai, les deux pays ont annoncé le lancement des négociations officielles sur l’ALE, dont la durée a été estimée à deux ans. Ils ont convenu que ces pourparlers se dérouleraient en deux phases, avec dans un premier temps l’examen des points critiques et le périmètre de l’accord commercial. Pour la Corée du Sud, l’agriculture et la pêche sont considérées comme les secteurs les plus sensibles, tandis que la Chine classe dans cette catégorie ses industries manufacturières, et plus particulièrement les secteurs de l'automobile, des machines-outils et du pétrole.

  
La Chine est le partenaire commercial le plus important du Sud, avec des échanges bilatéraux qui devraient atteindre 300 milliards de dollars d'ici à 2015.

  
L’ALE entre les deux pays devrait également permettre aux entreprises sud-coréennes de mieux rivaliser avec leurs concurrents taïwanais en Chine, a précisé le ministre.

  
En juin 2010, la Chine et Taiwan ont signé un accord-cadre de coopération économique (ECFA), qui constitue de facto un ALE supprimant les droits de douane sur de nombreux produits manufacturés et de services, et devrait favoriser les investissements des entreprises.

  
En ce qui concerne l'économie sud-coréenne, Bahk a souligné qu’il était peu probable que la quatrième plus grande économie asiatique connaisse un effondrement ou une crise.

  
En revanche, l'économie du Sud est aujourd'hui confrontée à un manque de vitalité en raison du ralentissement économique mondial, même si l'inflation reste stable, selon Bahk. «Nous avons besoin d'insuffler de l’énergie dans l'économie», a-t-il indiqué.

  
L'économie sud-coréenne est en décélération avec des exportations en berne et une faible demande intérieure alors que les prix à la consommation ont baissé à 1% le mois dernier, en dessous des prévisions d'inflation de 2 à 4% de la Banque de Corée (BOK) pour la période 2010-2012.

  
L'économie sud-coréenne a progressé de 0,3% au deuxième trimestre, soit un tiers de la croissance du premier trimestre. Les prévisions de croissance de la BOK pour 2012 étaient de l’ordre de 3%, mais les économistes s'attendent à ce que la croissance annuelle ralentisse à 2%.

  
Lundi, le gouvernement sud-coréen a dévoilé un programme de mesures, pour un montant de 5.900 milliards de wons (5,23 milliards de dollars), destinées à stimuler la demande intérieure, qui s’ajoutent aux 8.500 milliards de wons de dépenses publique annoncées en juin. Mais de nombreux analystes estiment que ces mesures de relance pourraient avoir un impact limité sur le renforcement de la croissance, en précisant que la baisse des taux était peut-être la seule carte à jouer pour les autorités.

  
Bahk s’est par ailleurs entretenu avec Zhang Ping, chef de la Commission nationale pour le développement et la réforme, sur la situation économique locale et internationale et les moyens de renforcer la coopération dans des domaines tels que l'énergie, l'environnement et l'informatique, selon le ministère des Finances de Séoul.

  
Ces discussions représentent la 11e réunion des principaux décideurs économiques des deux pays, depuis qu’elles ont été élevées au niveau ministériel en 1999.

   catherine@yna.co.kr
(FIN)