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2012/07/25 22:21 KST
Récit de la détention du militant Kim Young-hwan en Chine


SEOUL, 25 juil. (Yonhap) -- Le militant sud-coréen Kim Young-hwan a relaté les conditions de sa détention de 114 jours en Chine lors d’une conférence de presse donnée aujourd’hui, indiquant que la Corée du Nord était sûrement impliquée dans cette incident.

  
Environ une semaine après avoir été déporté de Chine, à l'issue de près de quatre mois de détention pour avoir menacé la sécurité nationale du pays, le militant de 49 ans a décrit comment il avait été arrêté de façon inattendue par une unité de chinoise de renseignements pour être ensuite emprisonné brutalement, soulignant par ailleurs le degré d’implication du Nord dans cette affaire.

  
Ancien sympathisant du Nord reconverti en militant des droits de l’Homme, Kim a expliqué que le taxi qui le transportait à Dalian, ville chinoise située à la frontière avec la Corée du Nord, avait été stoppé le 29 mars par des agents des services de renseignements chinois, une semaine après qu'il soit arrivé en Chine.

  
Sans avoir reçu aucune information sur les raisons de son arrestation, Kim a été conduit immédiatement vers le centre de détention de l’agence de renseignements à Dandong et il y est resté enfermé durant un mois dans de terribles conditions, étant par exemple obligé à rester éveillé, avant d’être transféré dans une autre prison.

  
«Ils ne m’ont pas dit de quoi j’étais accusé, mais il m’ont ordonné de confesser tout ce que je savais (sur les activités en faveur des droits de l’Homme en Chine), a déclaré Kim lors de la conférence de presse.

  
N’ayant agi en rien contre la Chine et n’ayant pas non plus essayé d’extirper des informations sur le pays, «je n’arrivais pas à comprendre pourquoi ils étaient si agressifs avec moi», se souvient le militant, en affirmant qu’il était «persuadé» que les services d’espionnage nord-coréens, le Département de la sécurité nationale, avaient joué un rôle clé dans sa détention et celle de plusieurs autres collègues activistes sud-coréens et chinois arrêtés avec lui.

  
«Durant les trois ou quatre jours qui ont suivi l’arrestation, ils ne savaient pas qui j’étais , a-t-il poursuivi, en ajoutant que les agents chinois avaient semblé comprendre ensuite à qui ils avaient à faire grâce à des informations fournies par les services de renseignements du Nord. «Je pense qu’ils travaillaient ensemble».

  
Cette arrestation de la Chine, qui a pour la première fois accusé un étranger de menacer sa sécurité nationale, semble s’inscrire dans le cadre des efforts du pays pour tirer la sonnette d’alarme auprès de ceux qui œuvrent sur son territoire pour aider les transfuges nord-coréens ou améliorer les droits de l’Homme en Corée du Nord, des activités qui ont le dont d’énerver le Nord et son allié chinois.

  
«On pense que cela a été le cas, dans la mesure où le gouvernement chinois a demandé l’aide de Séoul pour faire cesser les activités d’aide aux transfuges nord-coréens (par les militants basés en Chine)», a souligné le député Ha Tae-kyung du Parti Saenuri qui était présent à la conférence, après avoir œuvré pour la libération du militant emprisonné.

«Il se peut que la Chine ait pensé que nous présentions des risques potentiels élevés car nous nous étions livrés à des activités souterraines pendant longtemps sans avoir été pris», a noté Kim en se référant à son passé de sympathisant du Nord lorsqu’il était collégien.

  
Kim a refusé de donner des détails précis sur la façon dont il a été traité par les agents des services de renseignements chinois et sur la nature de ses activités en Chine, invoquant la sensibilité de ces informations.

«J’ai été d’abord très amer et impatient de mettre au grand jour les conditions catastrophiques des droits de l’Homme en Chine» a-t-il indiqué pour décrire son état d’esprit lorsqu’il a dû subir 13 heures de travail forcé au tout début de sa détention, la nourriture de piètre qualité, le peu de temps accordé aux repas et l’espace réduit de sa cellule.

  
«Parler de cette expérience précise pourrait faire oublier la situation des droits de l’Homme en Corée du Nord pour se concentrer sur ceux de la Chine, qui se trouve fondamentalement à un niveau différent (meilleur) de celle du Nord et qui s’améliore», a expliqué Kim.

  
Et parler des activités spécifiques que nous avons menées en Chine pourrait avoir des conséquences négatives sur celles qui sont menées par d’autres militants et organisations, a-t-il rajouté.

  
«Je remercie le gouvernement, les citoyens et ceux qui m’ont aidé à sortir (de ma détention) et je promets de me consacrer davantage aux droits de l’Homme et à la démocratisation en Corée du Nord», a conclu Kim.

   catherine@yna.co.kr
(FIN)