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2012/07/06 21:40 KST
Traité militaire avec le Japon : résultats de l’enquête du gouvernement


SEOUL, 06 juil. (Yonhap) -- Les responsables du gouvernement en charge du processus de ratification du traité militaire avec le Japon ont manqué de discernement à plusieurs reprises, ce qui a conduit à une approbation furtive et précipitée de l'accord par le bureau présidentiel, ont révélé aujourd'hui les résultats de l’enquête gouvernementale lancée ce lundi à ce sujet.

Annoncés par le porte-parole de la Maison Bleue Park Jeong-ha, les résultats de l'enquête n'ont pas été surprenants et ont largement confirmé ce qui avait déjà été dit sur la gestion déficiente du GSOMIA , ou Accord sur la sécurité générale des informations militaires avec le Japon.

  
L'équipe d'inspection du bureau présidentiel avait lancé son enquête afin de répondre à la montée des critiques de l’opinion publique autour de cet accord controversé qui, en cas de signature, aurait représenté le premier traité militaire avec l'ancien colonisateur de la péninsule coréenne.

  
Ce contexte houleux a conduit le gouvernement à abandonner au dernier moment la ratification qui était prévue la semaine dernière.

  
«L’existence de problèmes de procédure a été confirmée», a déclaré Park en ajoutant que les responsables auraient dû s'attacher davantage à «garantir la transparence des procédures, rechercher la compréhension du peuple et essayer de persuader l'Assemblée nationale, compte tenu de la nature unique des relations Corée-Japon».

  
Park a par ailleurs indiqué que la Maison Bleue avait décidé d’accepter la démission du proche collaborateur du président Kim Tae-hyo, tenu pour responsable dans ce scandale. Le ministre des Affaires étrangères prendra également des mesures disciplinaires à l’encontre des fonctionnaires jugés responsables, a-t-il dit.

  
D'après les résultats de l’enquête, les protagonistes ont agi à la hâte, tentant de faire conclure l’accord avant la fin du mois de juin, tel que convenu avec le Japon. Les deux parties s’étaient en outre entendues pour faire une annonce publique uniquement après ratification du traité.

Selon le calendrier arrêté, le traité devait être approuvé lors de la dernière réunion du bureau présidentiel, prévue le 26 juin. Auparavant, l'accord devait être passé en revue lors d’une réunion vice-ministérielle.

  
Du fait du retard pris par le Japon pour approuver les termes de l’accord, et de la nécessité de procéder à un examen juridique interne, les responsables ont choisi de se passer de la réunion vice-ministérielle. Ils ont également décidé de considérer l’accord comme une «question imprévue» lors de la réunion du cabinet présidentiel, afin de pouvoir le garder secret, a expliqu Park.

  
Ces décisions ont été prises par des fonctionnaires du bureau de Kim Tae-hyo et du ministère des Affaires étrangères, alors que le président Lee et le secrétaire en chef du bureau présidentiel pour les affaires étrangères et la sécurité nationale, Chun Yung-woo, se trouvaient à l’étranger dans le cadre d’un programme de visites officielles en Amérique Latine.

  
Lee avait été prévenu que l’accord serait signé avant la fin du mois de juin mais ne connaissait pas les détails du processus de ratification, a indiqué Park. Plus tôt dans la semaine, Lee a vivement blâmé les responsables pour la mauvaise gestion de cette affaire.

Le diplomate Cho Sei-young, responsable du dossier au ministère des Affaires étrangères a également omis d’informer son premier vice-ministre sur la procédure adoptée et n’a pas fourni de rapport préliminaire au bureau du Premier ministre, a précisé Park.

  
Immédiatement après l’annonce des résultats de l’enquête par la Maison Bleue, le ministère des Affaires étrangères a communiqué des excuses publiques.

  
«Le ministère présente ses excuses sincères pour avoir provoqué l’angoisse du peuple au sujet de l’accord d’information-protection avec le Japon», a fait savoir aux journalistes la porte-parole du ministère Han Hye-jin.

  
Han a indiqué que le ministère avait décidé de remplacer Cho Sei-young, qui a joué un rôle actif dans cette affaire.

Ce mercredi, le porte-parole en chef du ministère Cho Byung-jae avait également présenté sa démission.

  
«Il aurait été préférable d’essayer de convaincre le Japon» et de reporter la signature, plutôt que de la mettre précipitemment à l’ordre du jour de la réunion du bureau présidentiel, faute de pouvoir respecter les délais impartis, a indiqué Park.

  
Les perspectives de poursuite de l’accord semblent désormais compromises pour Séoul.

  
Le président ainsi que certains fonctionnaires ont manifesté leur intention d’encourager la signature du traité, faisant remarquer qu’indépendamment des défauts de procédures, l’accord demeurait nécessaire et qu’il en allait de l'intérêt national du pays.

  
En revanche, les partis de l’opposition, certains médias et d'autres détracteurs ont demandé l’abandon pur et simple de l’accord, mettant en cause son réel intérêt pour le Sud, dans la mesure où Séoul détient vraisemblablement plus d’informations sur la Corée du Nord que toute autre nation au monde.

   catherine@yna.co.kr
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