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2012/06/28 20:07 KST
Polémique autour du traité militaire entre le Sud et le Japon


SEOUL, 28 juin (Yonhap) -- Le projet d'accord militaire entre la Corée du Sud et le Japon a suscité les critiques d'une cinquantaine de groupes civiques et de membres de l'opposition sud-coréens, qui ont accusé le gouvernement de mépriser l'opinion publique et de céder aux pressions de Tokyo et de Washington.

  
L'Accord de sécurité générale des informations militaires (General Security of Military Information Agreement, GSOMIA), destiné à favoriser les échanges de renseignements sur la Corée du Nord, est un sujet controversé pour de nombreux Sud-Coréens qui gardent en mémoire la domination violente du Japon sur la péninsule coréenne de 1910 à 1945.

  
Les critiques ont été renforcées par l'annonce du gouvernement ce mardi en faveur de cet accord et ce, sans information préalable.

  
Les gouvernements des deux pays devraient cependant signer le traité ce vendredi après sa validation par le gouvernement japonais, ont indiqué aujourd'hui des sources officielles, invoquant le besoin croissant de partager des renseignements militaires sur les programmes nucléaires et de missiles du Nord, en particulier depuis le décès du leader nord-coréen Kim Jong-il.

  
Le GSOMIA devrait également aider les deux pays à échanger des informations sur la Chine, ont précisé les officiels.

  
Les représentants de 48 groupes civiques ont manifesté contre cette initiative devant les bureaux du gouvernement à Séoul.

«Le GSOMIA répond au souhait des Etats-Unis de mettre en place un système de défense antimissile dans l’Asie du nord-est, en visant la Corée du Nord et la Chine», a déclaré le porte-parole de Solidarity for Peace and Reunification of Korea. «Si tel est l’objectif, (l’accord) remettra sérieusement en cause la sécurité de la péninsule sud-coréenne et de l’Asie du nord-est.»

Le mouvement People's Solidarity for Participatory Democracy a déclaré avoir écrit au Premier ministre Kim Hwang-sik, au ministre de la Défense Kim Kwan-jin et au ministre des Affaires étrangères Kim Sung-hwan, pour leur demander les comptes-rendus de la réunion de la Maison Bleue de mardi et le projet d’accord, ainsi que les réponses à une liste de questions en neuf points.

  
D’autres groupes civiques ont critiqué le traité, qu'ils assimilent à une absolution de facto des atrocités commises par le Japon durant la guerre, dont l’esclavage sexuel imposé aux Sud-Coréennes par les soldats nippons lors de la 2e Guerre mondiale.

  
Des personnalités de l’opposition ont de leur côté saisi la moindre occasion pour condamner cet accord et la façon dont le gouvernement l'a géré.

  
Le chef du groupe parlementaire du Parti démocrate unifié (PDU), Park Jie-won, a déclaré lors d’une réunion politique de son parti que le gouvernement avait pris sa décision en dépit de son engagement initial de consulter l’Assemblée nationale.

  
«Cela ne peut en aucun cas être toléré car (le gouvernement) n’a pas tenu la promesse qu’il avait faite au Parlement», s’est-il indigné.

  
Park a également abordé ce sujet en évoquant les conflits historiques et territoriaux avec le Japon, en précisant que l’opinion publique n’était pas assez mûre pour un accord militaire de ce type.

  
Du côté de la Corée du Nord, le site Internet de propagande Uriminzokkiri a publié aujourd’hui un article qualifiant l’initiative du gouvernement sud-coréen, d’«acte antipatriotique » et indiquant qu'«il existe une raison urgente poussant la Corée du Sud à signer un accord militaire avec le Japon. Il s’agit de la pression des Etats-Unis». L’article a également qualifié le traité entre les deux pays d'«accord de confrontation et de coopération» à l'encontre du Nord.

   catherine@yna.co.kr
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