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2010/03/14 16:46 KST
En dépit du traité, le Japon était disposé à payer des indemnités aux travailleurs forcés coréens


Tokyo, 14 mars (Yonhap) – Dans les années 1960, le Japon estimait que les victimes coréennes du travail forcé pendant la colonisation japonaise de la péninsule coréenne avaient droit à des compensations individuelles, malgré l’accord qui avait été conclu au niveau gouvernemental sur la question, révèle un document interne au ministère des Affaires étrangères japonais.

  

D’après un dossier datant de 1965 dont une partie a été récemment déclassifiée et que l'agence de presse Yonhap s’est procuré, la position du Japon pourrait affecter un certain nombre de procès en cours ou à venir intentés par ces victimes et leurs familles contre le gouvernement japonais, ont fait remarquer des experts juridiques.

  
La position officielle maintenue par les autorités japonaises sur le dossier des indemnisations consiste à dire que cette question a été réglée par le traité de 1965 conclu avec la Corée du Sud et qui a conduit à la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays.

  
En vertu de cet accord, la Corée du Sud a reçu de la part du Japon un total de 800 millions de dollars en subventions et en prêts concessionnels à titre de compensation pour l’occupation de la péninsule de 1910 à 1945, une période au cours de laquelle plus d'un million de Coréens ont été réquisitionnés pour le travail forcé, pour servir dans l’armée japonaise, ou encore pour être soumis à l’esclavage sexuel dans des maisons closes sur le front.

  
Cependant, le ministère des Affaires étrangères du Japon considérait au moment de la signature du traité que cet accord couvrait uniquement les compensations au niveau gouvernemental, sans rapport avec des dommages et intérêts accordés à des individus, selon le document.

Choi Bong-Tae, un avocat représentant des victimes coréennes, a déclaré : « Ce document montre ce que pensait le gouvernement japonais lorsqu’il a signé l’accord entre la Corée du Sud et le Japon. Le Japon devrait rendre publics tous les documents diplomatiques sur les négociations du Traité sur les relations fondamentales entre la Corée du Sud et le Japon (1965) ».

  
La position du Japon sur la question attire encore une fois l'attention publique car les deux pays voisins cherchent à améliorer leurs rapports, souvent épineux, étant donné que cette année marque le centenaire de la colonisation de la Corée par le Japon.

  
Dans la dernière décision de justice concernant cette affaire, la cour d'appel du Japon a rejeté la semaine dernière une demande demandant au gouvernement japonais et à un fabricant de machines d'indemniser les femmes coréennes forcées de travailler dans une usine militaire au Japon pendant la Seconde Guerre mondiale.

  
La Haute cour de Nagoya a rejeté un appel initié par un groupe de 23 anciens travailleurs forcés sud-coréens et leurs proches, qui demandait environ 100 millions de yens (1,1 million de dollars) pour des dommages-intérêts au gouvernement et à la société Nachi-Fujikoshi Corp, basée à Toyama.

  
Les juges ont reconnu que les femmes avaient été amenées au Japon pour le travail forcé, mais ils ont indiqué que les plaignants avaient perdu leur droit de demander des indemnités en vertu du traité de 1965. Les plaignants ont déclaré qu'ils allaient porter leur appel devant une cour supérieure.

  
lsr@yna.co.kr
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