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Une association sud-coréenne va poursuivre ses poursuites de l’Etat français sur le vol des documents royaux
Séoul, 26 jan. (Yonhap) – Une association civique sud-coréenne a annoncé lundi qu’elle ferait appel de la décision d’un tribunal français de rejeter la demande de rendre à la Corée des textes royaux qui avaient été pillés au cours d’une attaque des troupes françaises dans la deuxième partie du XIXe siècle.
L’association Cultural Action, basée à Séoul, a déclaré qu’elle avait décidé de poursuivre la procédure d’appel plus tard dans la semaine concernant le verdict du tribunal administratif de Paris rendu le 24 décembre dernier, dans lequel il estimait que les 296 volumes royaux coréens de valeur historique, actuellement conservés à la Bibliothèque nationale de France, étaient la « propriété de l’Etat » et ne pouvaient être restitués.
“Nous faisons appel parce que ne pas le faire signifierait que nous acceptons ce jugement injuste du tribunal français”, a déclaré Hwang Pyung-woo, un responsable culturel membre de l’association.
L’ensemble de ces volumes couvre la plus grande partie de l’histoire royale de la Dynastie Joseon (1392-1910) et étaient conservés dans des archives uniques connues sous le nom de « Oegyujanggak », sur l’île de Ganghwa, au large des côtes occidentales coréennes. Les troupes françaises ont attaqué l’île en 1866 et, lors de leur retraite, on subtilisé les textes royaux des archives qui conservaient un total d’environ 1000 volumes. D’autres livres ont été également détruits au cours de l’incursion dans l’incendie provoqué par les troupes. Ne connaissant probablement pas leur origine, la Bibliothèque nationale située à Paris les avait classés dans la partie chinoise de ses collections, jusqu’à ce que Park Byeong-seon, un historien coréen vivant à Paris, les redécouvre en 1978 et les porte à la lumière du jour.
Lors de négociations ayant eu lieu au niveau gouvernemental dans les années 90, la France avait accepté de confier la collection à la Corée du Sud sur la base d’un prêt « régulier sur le long terme » pour qu’ils puissent être présentés au public. Mais l’accord ne s’est jamais concrétisé à cause de différends portant sur la forme que prendrait l’exposition et à la suite d’appels effectués par la Corée du Sud pour que les documents ne soient pas simplement prêtés mais bel et bien restitués.
La France a numérisé la collection pour qu’elle puisse être consultée en ligne et a remis une édition numérique à la Corée.
Dans son jugement de décembre, le tribunal français a indiqué que les volumes étaient devenus partie intégrante des biens publics au cours des 140 dernières années, et que les circonstances de leur acquisition ne changeaient rien à leur statut actuel.
La cour a également fait remarquer qu’il n’existait aucune loi internationale interdisant le pillage à la fin du XIXe siècle.
Pour l’association civique, il est absurde que les Français revendiquent le statut de bien public pour ces livres, étant donné qu’ils n’étaient pas même au courant de leur existence jusqu’à ce qu’un historien coréen les découvre et étant donné qu’ils avaient été classés par erreur dans les collections chinoises.
L’association coréenne critique également l’approche timide du gouvernement sud-coréen, qui a demandé un prêt permanent plutôt qu’une restitution en bonne et due forme, contrairement à la ligne dure adoptée par l’Egypte qui a récemment conduit à la remise de plusieurs peintures murales de tombes égyptiennes acquises par le Louvre en 2000-2003.
« Le projet du gouvernement est de les montrer au public en Corée, mais ils seront toujours la propriété de la France. Nous pensons que cette erreur de l’Histoire ne pourra être corrigée tant que leur juste propriétaire ne sera pas rentré dans son droit ».
bruno@yna.co.kr (FIN)
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