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"Les Etats-Unis seraient le grand bénéficiaire d’une Corée réunifiée"
Washington, 07 jan. (Yonhap) – Un universitaire américain en études régionales a déclaré ce mercredi que les Etats-Unis seraient le principal bénéficiaire d'une Corée réunifiée, contrairement à la Chine et au Japon qui sont moins favorables à la réunification des deux Corées qui pourraient par la suite devenir ensemble une puissance régionale majeure.
Peter Beck, chercheur au Centre de recherche Asie-Pacifique Walter H. Shorenstein à l'université de Stanford a également prédit que la Chine fermerait ses frontières si un processus d’unification s’engageait en raison du caractère imprévu du régime nord-coréen.
 | | Peter Beck (Photo d`archives) | "Les Etats-Unis auraient le plus à gagner d'une Corée unifiée", a déclaré M. Beck lors d'un forum qui s’est tenu à la KORUS House, le Centre culturel coréen à Washington. "Une Corée unifiée restera un pays ami des États-Unis et les troupes américaines actuellement déployées en Corée du Sud ne quitteront pas la péninsule. Les Etats-Unis ne font pas confiance aux Chinois ni aux Japonais", a-t-il analysé.
Actuellement, 28 500 soldats américains sont stationnés en Corée du Sud. La présence américaine remonte à la fin de la Guerre de Corée (1950-53), qui s'est terminée par un armistice fragile et non par un traité de paix, laissant techniquement la péninsule coréenne en état de guerre.
Selon une étude de Goldman Sachs publiée en septembre dernier, une Corée réunifiée représenterait une population de plus de 70 millions d’habitants et pourrait dépasser le Japon et certains pays développés membres de G8 d'ici à 2050 en termes de produit intérieur brut (PIB), grâce aux capitaux et à la technologie sud-coréenne et aux ressources naturelles et à la main d’œuvre compétitive du Nord.
Le chercheur a toutefois montré un certain scepticisme de voir une Corée réunifiée surpasser le Japon. "L'un des pays les plus opposés à l'unification est le Japon. Le Japon ne veut certainement pas voir une Corée unifiée", a-t-il lancé. Mais, paradoxalement, Tokyo contribuerait à la construction d'une Corée unifiée, à hauteur d’environ 10 milliards de dollars en assistance économique au titre d’indemnisation suite à la colonisation de la Corée par le Japon pendant 35 ans (1910-1945).
Les commentaires de l’universitaire font référence à des réparations financières s'élevant à quelque 800 millions de dollars que le Japon a versés à la Corée du Sud en 1965 pour l'aider à poursuivre son développement en infrastructures. Lorsque Pyongyang et Tokyo normaliseront leurs relations, des réparations similaires pourront également être attendues.
Ces dernières années, la Corée du Nord et le Japon ont tenu plusieurs séries de pourparlers visant à normaliser leurs relations. Les discussions incluaient des réparations remontant à la Guerre du Pacifique. Celles-ci restant en suspens, les sujets se limitent aujourd’hui à la question des enlèvements de citoyens japonais par des agents nord-coréens des années 70 et 80.
Pour ce qui concerne la Chine, M. Beck a dit, qu'une fois la procédure d'unification amorcée, soit par l'effondrement du régime nord-coréen soit par des facteurs externes, les premières mesures que la Chine prendrait seraient de bloquer ses frontières avec le Nord et d'établir une sorte de « zone tampon».
La Chine refuse de parler ouvertement d’un plan d’urgence dans le cas où un tel scénario voyait le jour en Corée du Nord. Ce type de scénario avait été abordé juste après l’attaque cérébrale de Kim Jong-il en été 2008 avec des rumeurs d’une transition du pouvoir à son 3ème fils, Kim Jong-eun, âgé de 26 ans.
Certains analystes prévoient que la Chine est prête à acquérir l’arsenal nucléaire nord-coréen, malgré la volonté apparente de Pékin de dénucléariser le Nord dans le cadre des pourparlers à six impliquant les deux Corées, les États-Unis, la Chine, le Japon et la Russie.
La Chine préfèrerait le statu quo à une réunification coréenne orchestrée par la Corée du Sud avec l’appui des États-Unis. Aussi faut-il noter que la stratégie chinoise ne vise pas simplement la Corée du Nord mais inclut également Washington sur une base à long terme.
La Chine, dont la production industrielle a dépassé celle du Japon l'an dernier pour devenir la deuxième puissance économique du monde après les Etats-Unis, devrait aussi dépasser les États-Unis dans une vingtaine d'années. La Chine a tout intérêt à maintenir les stabilités dans la région pour devenir à terme une superpuissance.
"La Chine offre des aides commerciales et économiques à la Corée du Nord, à hauteur de 3 milliards de dollars par an" a rappelé M. Beck en ajoutant : "Le Nord restera encore longtemps dépendant de ces aides venant de la Chine."
Malgré la crise du nucléaire nord-coréen, qui a commencé au début des années 90, la Chine a investi lourdement en Corée du Nord au cours de ces dernières décennies. Pékin était souvent réticent pour approuver les sanctions contre la Corée du Nord, qui est largement dépendant de la Chine pour l’alimentation, l’énergie et autres nécessités.
Quant à la Russie, elle n’aura que très peu d’influence sur la réunification de la Corée. M. Beck a analysé que le rôle de la Russie serait minime ou nulle dans le processus d’unification.
jhoh@yna.co.kr (FIN)
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