2018/03/18 09:00 KST

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(Interview Yonhap) Secrétaire d'Etat française Sophie Cluzel : «La Corée a la capacité à mettre la technologie au service du handicap»

Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat française chargée des Personnes handicapées, lors de l'interview exclusive accordée à l'agence de presse Yonhap à l'hôtel Shilla à Séoul, le vendredi 16 mars 2018.
Entretien

Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat française chargée des Personnes handicapées, lors de l'interview exclusive accordée à l'agence de presse Yonhap à l'hôtel Shilla à Séoul, le vendredi 16 mars 2018.

SEOUL, 18 mars (Yonhap) -- En Corée du Sud pour la première fois pour assister à la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques d’hiver de PyeongChang, la secrétaire d’Etat en charge des Personnes handicapées de la France, Sophie Cluzel, a accordé vendredi à Séoul une interview exclusive à l’agence Yonhap dans laquelle elle s'est confiée sur sa vision du handicap et ses combats en la matière.

En fonction depuis l’établissement du premier gouvernement du président Emmanuel Macron, en mai 2017, la secrétaire d’Etat a également parlé des défis à relever pour offrir une vie meilleure aux personnes handicapées. Selon elle, il est capital de changer le regard et la sémantique dont ils font l'objet. La formation et la technologie sont les deux leviers importants, a-t-elle analysé.

Durant l’entretien réalisé à l’hôtel Shilla, en présence de l’ambassadeur de France à Séoul, Fabien Penone, elle a estimé que l'atout majeur de la Corée du Sud dans le domaine était sa «capacité à mettre la technologie au service du handicap». Elle a par ailleurs salué le «remarquable succès» des Jeux olympiques et paralympiques 2018.

Sophie Cluzel est une ancienne femme d’affaires devenue à la fin des années 90 militante associative pour l’aide aux personnes en situation de handicap, notamment pour la scolarisation des enfants handicapés, «l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées» (loi 2005).

Arrivée jeudi après-midi, la secrétaire d’Etat française restera cinq jours dans le pays. Après l'interview, elle s’est rendue à l’université de Sogang, dans l’ouest de la capitale, où elle a visité l’Open Innovation Center et des stands de start-up coréennes spécialisées dans les services aux personnes handicapées : SG Robotics (solutions de métallisation de plastiques techniques hautes performances), Mand.ro (prothèses de main imprimée en 3D), Dot (montres intelligentes en braille), Neofect (dispositifs connectés de rééducation) et Relumino (applications de réalité virtuelle pour malvoyants).

Il y a près de 2,7 millions de personnes handicapées en Corée du Sud (soit 5,3% des 51,6 millions d’habitants), avec 58% d’hommes et 42% de femmes. Celles ayant une infirmité physique représentent environ la moitié de cette population. Selon les chiffres du ministère de l’Emploi et du Travail, leur taux de chômage s’est élevé en 2016 à 10,5%, contre 3,7% pour l’ensemble des Sud-Coréens. Concernant le taux de participation dans la vie économique, il avoisine les 37% pour le premier groupe et les 63% pour le second, d’après Statistique Corée (KOSTAT).

De nombreuses autres rencontres avec de grandes personnalités locales ont également été organisées par l'ambassade, notamment Chun Hea-ja, secrétaire générale du Comité paralympique coréen, Seong Moon-jeong, docteur à l'Institut coréen des sciences du sport (KISS), et Lim Sung-taek, président de l'Association coréenne du droit du handicap (KDLA). A PyeongChang, en marge de la cérémonie de clôture des Paralympiques ce dimanche, un tête-à-tête est prévu avec le ministre de la Culture, du Sport et du Tourisme, Do Jong-hwan.

A l'initiative de Sophie Cluzel, sera organisé bientôt en France un «sommet international de l'innovation sociale» auquel prendront part des responsables coréens, du privé et du public. Pour elle, il est important d’offrir aux personnes souffrant d’un handicap de meilleures conditions de vie et de travail tout en leur offrant les mêmes opportunités afin qu’elles puissent aussi contribuer à la société.

La secrétaire d'Etat française chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, visite en compagnie de l'ambassadeur de France en Corée du Sud, Fabien Penone, le laboratoire de robotique de l'université de Sogang, dans l'ouest de Séoul, le vendredi 16 mars 2018. © Ambassade de France en Corée du Sud
A l'université de Sogang

La secrétaire d'Etat française chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, visite en compagnie de l'ambassadeur de France en Corée du Sud, Fabien Penone, le laboratoire de robotique de l'université de Sogang, dans l'ouest de Séoul, le vendredi 16 mars 2018. © Ambassade de France en Corée du Sud

- Quelle est la raison de votre venue en Corée ?

▲ Je suis secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre (Edouard Philippe) en charge des Personnes handicapées et je suis donc membre du comité des Jeux olympiques et paralympiques (de la France). Je représente la France pour la clôture des Jeux paralympiques.

- Pourriez-vous nous parler du programme de votre visite ?

▲ M. l’ambassadeur a consacré ma venue à rencontrer des personnalités autour du handicap, mais pas que du sport, aussi des technologies et des universités. Ensuite (plus tard dans la journée de vendredi), je pars sur le site paralympique pour rencontrer les athlètes, participer aux différentes courses et bien sûr assister à la clôture.

- Quels sont les combats que vous menez actuellement ? Vous êtes connue pour chercher une meilleure intégration des jeunes handicapés dans la société, défendre le droit de vote pour tous les handicapés et dénoncer les violences contre les handicapés.

▲ En fait, tous ces combats sont le reflet d’une volonté d’avoir une politique inclusive de la personne handicapée au cœur de la cité avec ce changement de regard et de paradigme du fait que le président de la République (Emmanuel Macron) a rattaché le secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre. C’est une vraie volonté de changer complètement la vision que l’on a de la personne handicapée en France pour la remplacer comme citoyen avant tout, pour que les différents ministres dans leurs différents champs de compétence de droit public et commun puissent intégrer les spécificités de la personne handicapée à l’école, à l’emploi, dans la culture, le social, le sport... Auparavant, le secrétaire d’Etat était rattaché au ministre de la Santé. L’inclusion se faisait par le biais de la santé. Là, nous voulons vraiment faire une société inclusive, une école inclusive, une entreprise inclusive et replacer totalement la personne dans ses droits.

- Lequel de vos combats est le plus important ?

▲ Mon grand combat, c’est que l’école puisse vraiment porter des parcours scolaires pour les enfants handicapées en vue d’une qualification supérieure pour un emploi. Aujourd’hui, les personnes handicapées, notamment adultes, sont sous-qualifiées ou pas assez qualifiées. Leur taux de chômage est le double de celui des personnes valides. Elles sont de qualification souvent inférieure au baccalauréat. C’est un frein à l’accès à l’emploi. On a un énorme travail. C’est un chantier que je mène parallèlement avec Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, puisque nous avons une grande réforme sur la rénovation de l’apprentissage, de la formation professionnelle, de la sécurisation des parcours, mais pas que pour les personnes handicapées, aussi pour les personnes valides. On veut vraiment s’attaquer au problème structurel du chômage en France. Mon optique, c’est de pouvoir travailler sur les politiques de droit commun de chacun des ministres et faire un volet spécifique sur le handicap.

- D’un point de vue pratique, quels sont les défis à relever pour améliorer la vie des personnes handicapées ?

▲ Le premier des défis, c’est de changer le regard sur le handicap. On a un regard qui est très pesant, assez négatif. Le handicap est vu comme une charge. Il y a une espèce de chape de plomb sur le handicap qui fait que ce n’est pas vu de façon très positive. Donc, il faut absolument qu’on change le regard sur le handicap. Pour ça, il faut donner à voir. Donc, il y a un problème de visibilité des personnes handicapées. Par exemple, dans les médias, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de la France vient de faire état de son baromètre de visibilité : les personnes handicapées sont à 0,6%, alors qu’elles représentent 15 à 20% des personnes en France. [...] Il faut donner de la visibilité à leur talent et changer totalement notre sémantique : parler de compétence, de personnes autrement capables, de personnes différentes... La différence fait partie de la vie, de la diversité. Il ne faut parler d’incompétence, d’invalidité, d’impossibilité... C’est toute cette dynamique positive qu’on doit remettre en route avec de la communication. Il faut donner à voir des exemples réussis et positifs aussi bien de scolarisation, de parcours universitaire que de parcours en entreprise. Je pense que l’exemplarité, donner envie, plutôt que d’être dans une sémantique très lourde de conséquences, va pouvoir aider à changer les choses.

- Bien évidemment, pour les personnes handicapées aussi, il est plus facile de vivre dans un pays développé. Mais dans un pays comme la Corée, il y a encore du chemin à parcourir. Plus qu’en France par exemple, les personnes handicapées font face à la discrimination, à l’exclusion sociale et aux stéréotypes. Comment la Corée pourra-elle réduire cet écart ?

▲ Chaque pays a son histoire. C’est vraiment en prenant en compte la différence comme faisant partie d’une diversité, d’une richesse, d’une force que l’on peut transformer les choses. Il faut tout d’abord permettre à la personne de circuler physiquement. Donc, il y a un problème d’accessibilité des cités. Mais nous avons le même problème en France, dans le métro par exemple. Il faut permettre une libre circulation en pensant à des cheminements, des parcours. Il ne faut pas qu’il y ait de rupture de parcours, sinon la personne s’use et ne sort plus. C’est cette usure sociale quotidienne, vraie dans beaucoup de pays, qui fait que souvent il y a une assignation à résidence du fait de cette impossibilité physique. Il faut une accessibilité universelle pour qu’on puisse vraiment penser à tous les types de handicap : handicaps sensoriels, handicaps psychique et mental. Il faut qu’on travaille sur de la lisibilité des inscriptions, faciles à lire et à comprendre. C’est l’outillage pour permettre à la personne de pouvoir circuler. Après, il y aussi le regard que l’on va porter sur son incompétence. Il faut le changer en parlant de ses compétences. Cela veut dire qu’il faut un changement de bascule et de regard en disant que cette personne peut apporter quelque chose à la société, de façon autre que ce que j’envisageais de la productivité même si elle est différente. Les entreprises doivent utiliser les talents de ces personnes qui sont différentes des salariés avec lesquels elles ont l’habitude de travailler. [...]

Nous allons faire le 26 avril en France une grande journée qui s’appellera le «Duo Day» (www.duoday.fr) et sera une journée emblématique nationale où toute personne pourra travailler avec une personne handicapée pour donner de la visibilité aux talents et aux aspirations des personnes, (avec la participation) du président de la République, de tous les ministres, de chefs d’entreprise, de M. l’ambassadeur (qui prévoit un événement à Séoul). Durant cette journée, il pourra donc y avoir des rencontres très intéressantes et il faudra montrer les talents des personnes handicapées. Il faut des rencontres, sinon on est dans le préjugé, dans le fantasme et dans la représentation.

- Pour une vie meilleure d’une manière globale, il faut l’insertion sociale et l’insertion sociale passent par l’insertion professionnelle car elle offre une plus grande autonomie. L’autonomie passe donc par le travail. Comment peut-on leur faciliter l’accès à l’emploi ?

▲ Nous sommes deux pays qui avons choisi des quotas pour l’insertion professionnelle dans les entreprises, à des niveaux différents. D’autres pays n’ont pas choisi de quota mais il peuvent fonctionner très bien. Lors de ma tournée européenne pour voir les bonnes pratiques inclusives, j’ai vu que les pays du Nord (de l’Europe) n’ont pas de quota mais réussissent très bien parce que culturellement il ont fait cette société inclusive depuis bien longtemps que nous et donc il y a côté naturel à l’inclusion. Quand ce n’est pas le cas, les quotas sont un levier important. Pour autant, il ne fonctionne pas aussi bien qu’on voudrait le faire puisque que, par exemple en France, la loi de 1987 a instauré ces quotas à hauteur de 6%. Trente ans après, nous sommes à 3,5% dans le privé et un peu mieux dans les entreprises publiques. Donc, on voit bien qu’il ne se suffit pas d’être coercitif, il faut être incitatif. Il faut donner des leviers. Il faut absolument pouvoir accompagner les entreprises et les salariés [...] à travers un service très réactif et visible pour les employeurs et à un «job coaching» pour les salariés. Un autre levier important est la technologie. Il faut qu’on travaille beaucoup plus sur les compensations technologiques. Le numérique est un outil magnifique pour pouvoir améliorer et accompagner la qualification des personnes. Je suis intéressée par toutes les adaptations technologiques qu’on peut faire pour compenser les différents types de handicap.

Sophie Cluzel parle de sa vision du handicap et de ses nombreux combats pour améliorer les conditions de vie des personnes ayant une déficience physique, intellectuelle ou psychique, le 26 mars 2018, à l'hôtel Shilla à Séoul.
Pour les personnes handicapées

Sophie Cluzel parle de sa vision du handicap et de ses nombreux combats pour améliorer les conditions de vie des personnes ayant une déficience physique, intellectuelle ou psychique, le 26 mars 2018, à l'hôtel Shilla à Séoul.

- La quatrième révolution industrielle suppose une nouvelle forme de travail. Les secteurs ne demandant pas une main-d’œuvre qualifiée et employant la majorité des personnes handicapées à l’heure actuelle seront affectés. Que faire face à cette menace ?

▲ Il y a deux leviers possibles. Il y a d’abord faire monter en qualification, la formation des employés eux-mêmes à une reconversion pour éviter la désinsertion. L’autre levier, c’est la technologie, c’est-à-dire par le numérique, par le télétravail. Soyons inventifs collectivement pour pouvoir faire évoluer ces personnes sur des nouveaux métiers. Il y a un vrai sujet d’évaluation de leur potentiel qui est peu fait parce qu’on est dans une routine. Il y a aussi un travail à faire sur la mise en place des communications nouvelles, alternatives et technologiques qui leur permettraient de découvrir de nouveaux talents. On est énormément encore formaté sur tel type de déficience peut faire tel type de métier. Il faut qu’on sorte de ce cadre. Il faut donner à voir à la personne tout ce qui peut exister de différent, d’où le Duo Day, pour des rencontres nouvelles et pour les faire prendre confiance.

- Rappelons quand même que les grandes entreprises françaises embauchent plus de personnes handicapées que leurs homologues coréennes...

▲ Le quota en France a permis, notamment dans les grandes entreprises, de créer une culture du handicap. La preuve vivante est la création de «mission handicap» (département spécifique des ressources humaines d'une entreprise privée ou d'une administration publique française). Mais en fait au bout de 30 ans, on n’est pas arrivé à faire que cette culture irrigue l’ensemble de l’entreprise à travers les structures classiques pour tous les autres salariés. L’idée est que cela devienne l’affaire de tous, soit dans l’ADN de l’entreprise. La clé, c’est le dialogue social. Il faut que les organismes syndicaux et patronaux s’emparent de l’action du handicap au sein du dialogue social.

- A cause du vieillissement de la population, le nombre de personnes en situation de handicap augmente. Dans le même temps, le nombre de jeunes souffrant du trouble du développement croît également...

▲ Vous touchez quelque chose d’important. C’est la prévalence que l’on peut voir sur le trouble du développement et le trouble du spectre autistique qui dans tous les pays augmentent. En France, on est à environ 1% de prévalence de ces troubles. Il y a plusieurs façon d’agir. Il faut améliorer le diagnostic le plus précocément possible pour mettre en place toute une prise en charge qui va éviter des surhandicaps dans les troubles du développement, de la communication, ce qui permettrait de travailler sur une montée en qualification de ces personnes et surtout d’utiliser leurs compétences.

- En matière de handicap, d’une manière globale, de quels pays peut-on s’inspirer ? Vous parliez des pays du Nord...

▲ Tous les pays ont certaines richesses et certaines faiblesses. Ce qui m’a interpellée, c’est que les pays du Nord ne voient pas le handicap comme une problématique. Ils le voient comme une différence, une diversité de leur société. Ils n’ont pas bâti une politique sur le handicap, ils ont bâti une politique inclusive pour toutes les différences dont le handicap fait partie. [...] Ils ont un regard pour le bien-être de la personne au sens large du terme. Donc, leur conception architecturale, dans leur lieu de travail par exemple, est fait pour optimiser toute la dynamique de travail. Du coup, le handicap est beaucoup plus facile à inclure car c’est ça dont a besoin le handicap. En fait, ils ont pensé bien avant nous ce concept de «Universal Design» ou conception universelle (conception de produits, d'équipements, de programmes et de services qui peuvent être utilisés par tous). Le handicap est une diversité parmi d’autres et ne pose plus ces problématiques qu’on peut avoir dans d’autres pays.

En Corée, vous avez un atout majeur, c’est votre capacité à mettre la technologie au service du handicap, aussi bien en termes de compensation du handicap qu’en termes d’outil d’interaction et de communication, avec par exemple des applications sur une cité complètement connectée qui permet à la personne de flécher immédiatement les parcours accessibles. Je suis très intéressée de pouvoir travailler avec la Corée sur ce développement, pour mettre la technologie au service du handicap, de l’autonomie, de la domotique. On verra alors qu’on a un marché technologique potentiel colossal au service du bien-être de la population handicapée.

- Au-dessous de tout, il faut que la personne précède le handicap, notamment lorsqu’il s’agit de la relation. Quelle attitude faut-il adopter face à une personne handicapée pour la traiter d’abord comme une personne ? Souvent, on a peur d’en faire trop ou pas assez... Quel est votre conseil ?

▲ Je pense tout d’abord qu’il faut avoir un regard de bienveillance naturel comme pour toute personne humaine qu’on croise et non pas d’indifférence ou de peur. Il faut arriver à créer ce premier contact. Donc, il faut faire tomber les préjugés et les fantasmes. [...] Ces deux mondes doivent «mettre de l’eau dans leur vin» pour pouvoir arriver à se rencontrer. Donc, c’est ne pas hésiter à parler tout simplement, à la personne et pas à son accompagnateur... C’est vrai, ce n’est pas naturel, il y a la peur de mal faire, il y a des appréhensions, il y a une réprésentation du handicap qui peut être culpabilisante, mais il faut essayer...

- Les Jeux paralympiques de PyeongChang se déroulent en ce moment. Tout comme le travail, le sport est sans aucun doute un excellent moyen d’intégration.

▲ Oui, vous avez raison. le sport véhicule toutes les valeurs que l’on voudrait voir se développer, l’esprit collectif, de dépassement de soi, de respect des uns et des autres. Le sport paralympique a exactement les mêmes valeurs et c’est un levier formidable de changement de regard. On arrête de voir l’athlète paralympique comme un athlète handicapé, on le voit comme un athlète. C’est formidable de voir l’engouement auprès des jeunes, de voir que des enfants, des jeunes puissent parler du paralympique et réaliser que ce sont des athlètes avant tout. [...] Ce que l’on souhaite avant tout, c’est que ça puisse donner l’engouement du sport pour les personnes handicapées puisque c’est un vecteur non seulement d’intégration mais aussi de santé publique.

- Selon vous, quel message doit envoyer les Paralympiques au monde entier ?

▲ D’abord, je vous donne mes salutations et mes félicitations pour l’organisation de ces Jeux olympiques et paralympiques parce qu’il y a eu un rayonnement à l’international et c’est un remarquable succès. Nous nous en inspirons pour les Jeux olympiques et paralympiques de 2024 (à Paris). Vu depuis la France, il y a eu un retentissement télévisuel très important. [...]

(Le message doit envoyer) qu’on peut être en situation de handicap mais aussi un athlète avec toute sa dimension de volonté de réussir en compétition, de porter des valeurs, et que ces athlètes paralympiques nous «bluffent» et surtout entraînent une adhésion complète et un changement de regard sur «Oui, je suis handicapé et alors ? Je suis champion avant tout». On ne voit plus leurs difficultés, on voit des athlètes. C’est merveilleux pour changer le regard sur le handicap.

Sophie Cluzel en Corée pour représenter la France à la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques de PyeongChang qui se tiendra le dimanche 18 mars 2018.
Représentante de la France

Sophie Cluzel en Corée pour représenter la France à la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques de PyeongChang qui se tiendra le dimanche 18 mars 2018.

Propos recueillis par Xavier Baldeyrou

(FIN)