2017/08/20 17:00 KST

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(Interview Yonhap ) PM : les propos de Moon sur la ligne rouge en cas de provocation par le Nord sont un «ultimatum politique»

Le Premier ministre Lee Nak-yon accorde une interview à l'agence de presse Yonhap le dimanche 20 août 2017 au complexe gouvernemental à Séoul
Le Premier ministre Lee Nak-yon accorde une interview à l'agence de presse Yonhap le dimanche 20 août 2017 au complexe gouvernemental à Séoul

SEOUL, 20 août (Yonhap) -- Le Premier ministre Lee Nak-yon a décrit la récente déclaration du président Moon Jae-in sur une ligne rouge en cas de provocation par la Corée du Nord d’ «ultimatum politique».

Le président a déclaré jeudi que la Corée du Nord franchirait une ligne rouge si elle armait un missile balistique intercontinental nucléaire. Certains ont qualifié la remarque d'«erreur stratégique» car elle pourrait limiter la marge de manœuvre de Séoul.

«Le président n’ignore pas (l’argument contre la ligne rouge), car cela a été discuté à plusieurs reprises au Conseil national de sécurité», a déclaré vendredi le Premier ministre dans une interview avec l’agence de presse Yonhap.

«Je crois qu'il a prononcé une sorte d'ultimatum politique. (Il aurait pu vouloir dire) qu'une situation hors de son contrôle pourrait se produire si la Corée du Nord franchit la ligne rouge, bien qu'il ne veuille aucun conflit militaire», a ajouté Lee.

D’autres ont estimé que Moon a rompu avec sa position d’«ambiguïté stratégique» et qu’il n’a pas réalisé que Pyongyang a déjà franchi la ligne en développant des missiles de courte portée pouvant être équipés d’une ogive nucléaire et atteindre la Corée du Sud.

«(Les propos du président) semblent être un conseil adressé au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un pour qu’il reconnaisse la (gravité de la) situation et n’aille pas plus loin (avec les programmes nucléaire et balistique)», a déclaré le Premier ministre.

A propos d’un éventuel accord entre Washington et Pyongyang ou Washington et Pékin destiné à résoudre l'impasse en réduisant l’envergure des exercices militaires entre la Corée du Sud et les Etats-Unis, Lee a dit que, bien qu’il ne possède pas d’informations particulières à ce sujet, «comme on peut l'imaginer, il est naturel que quand on va vers un point de rupture, la sagesse voudrait qu’on l’évite».

«Mais les choses ne se dérouleront pas sans que la Corée du Sud soit au courant. A chaque étape et phase critique, Séoul et Washington seront en consultation étroite», a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a rejeté l’idée de l’ouverture de négociations sur le transfert du contrôle opérationnel en temps de guerre (OPCON), à cause de la situation sécuritaire délicate et de l’inquiétude que cela pourrait provoquer chez la population.

mathieu@yna.co.kr

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