2017/07/27 15:35 KST

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Travail forcé sur «l’île navire de guerre» au Japon : «12h de travail en petite tenue»

«L’île navire de guerre», Hashima, au Japon (Photo d'archives)
Ile de Hashima

«L’île navire de guerre», Hashima, au Japon (Photo d'archives)

SEOUL, 27 juil. (Yonhap) -- En parallèle à la sortie d’un film sur l’histoire du travail forcé de Coréens dans une mine sous-marine de «l’île navire de guerre» ou Hashima au Japon durant la Deuxième Guerre mondiale, «The Battleship Island», deux survivants ont fait part de leurs témoignages à Yonhap en racontant la dureté du travail, «c’est indicible».

Un homme âgé de 88 ans, Choi Chang-seop, a été mobilisé pour ce travail forcé dans cette mine sous-marine en 1943 à l’âge de 15 ans et il a commencé à dire que «je n’arrive pas à imaginer comment j’ai pu vivre (dans cette situation), si je me souviens de la peine que j’ai eue», «c’est indicible.»

«J’ai vécu une vie de prisonnier pendant trois ans sur l’île de Hashima, totalement entourée par la mer», «ça m’étouffe de me souvenir de l’époque où j’ai travaillé pendant 12 heures par jour en petite tenue au fond de cette mine de charbon», a-t-il dit pour décrire la peine qu’il a connue de 1943 jusqu’en août 1945, la fin de la guerre du Pacifique.

Un survivant du travail forcé dans la mine sous-marine de l'île de Hashima lors d'une interview accordée à Yonhap, le 27 juillet 2017.
Choi Chang-seop

Un survivant du travail forcé dans la mine sous-marine de l'île de Hashima lors d'une interview accordée à Yonhap, le 27 juillet 2017.

L’île de Hashima se trouve à 18 km du port de Nagasaki, au Japon, et est grande comme deux terrains de baseball. L’entreprise japonaise à l’époque impérialiste, Mitsubishi, a exploité la mine sous-marine pour ses affaires dans l’industrie militaire en mobilisant par la force des Coréens et des Chinois. Selon les dossiers officiels, le nombre de Coréens qui ont été mobilisés pour le travail forcé sur cette île s’est élevé jusqu’à 800 personnes entre 1939 et 1945, dont 134 Coréens sont décédés sur place.

Les deux types de travail attribués aux Coréens étaient extraire du charbon et boucher les trous de la mine, comme cela a été le cas pour Choi. «Lorsque j’ai eu cette mission, les Japonais responsables m’ont dit, ‘‘pauvre toi, jeune, faut faire attention à ta tête, on se blesse souvent la tête avec les pierres qui tombent’’. J’ai été plusieurs fois hospitalisé à cause de blessures à la tête.»

D’après son témoignage, c’était un travail de 12 heures par jour réparti en deux groupes et les repas offerts étaient des graines de soja pressées et souvent les rats pénétraient dans la mine pour en grignoter. «J’en voulais souvent à ma patrie.» Quelque 58.000 Coréens ont été mobilisés sur 23 sites industriels où le travail forcé existait durant la guerre du Pacifique et l’île de Hashima complètement isolée par la mer a été appelée «île de l’enfer» ou «île des prisonniers».

Un témoin du travail forcé de l'île de Hashima lors d'une interview accordée à Yonhap, le 27 juillet 2017.
Lee In-woo

Un témoin du travail forcé de l'île de Hashima lors d'une interview accordée à Yonhap, le 27 juillet 2017.

Un autre survivant, Lee In-woo (92 ans), a décrit les conditions de travail : «Nous étions en petite tenue avec une lampe sur la tête dans une galerie minière», «j’ai passé huit mois sur place et ai été mobilisé par l’armée japonaise à l’âge de 20 ans. Quand j’ai été mobilisé par l’armée, je me suis dit, je suis enfin sauvé.»

Le film sorti hier raconte l’histoire d’une évasion de Coréens mais, selon les dossiers historiques, aucune personne n’a réussi à s’évader de cette île. D’après Lee, «il y a une petite île à côté de Hashima, on l’appelait le crématorium car c’était le lieu où les Japonais incinéraient les cadavres des travailleurs et fugitifs morts.»

Malgré ces faits historiques, l’île a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en juillet 2015 pour le succès de ce site unique à l’époque de la révolution industrielle en dehors de l’Occident. Ironie de l’histoire, mais le Japon n’a pas encore tenu sa promesse d’afficher sur l’île des informations liées à cette histoire sombre du travail forcé.

«L’île navire de guerre», Hashima, au Japon (Photo d'archives)
«Ile navire de guerre»

«L’île navire de guerre», Hashima, au Japon (Photo d'archives)

L'affiche du film «The Battleship Island» (2017), réalisé par Ryoo Seung-wan.
Affiche

L'affiche du film «The Battleship Island» (2017), réalisé par Ryoo Seung-wan.

jhoh@yna.co.kr

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