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2017/02/08 10:40 KST

(Interview Yonhap) La dessinatrice Ancco reçoit le Prix Révélation à Angoulême

L'auteure du manhwa «Mauvaise filles», Ancco, porte le Prix Révélation au 44e Festival de la bande dessinée d'Angoulême (KOMACON=Yonhap)
Ancco

L'auteure du manhwa «Mauvaise filles», Ancco, porte le Prix Révélation au 44e Festival de la bande dessinée d'Angoulême (KOMACON=Yonhap)

BUCHEON/SEOUL, 08 fév. (Yonhap) -- Ancco, pseudonyme de la dessinatrice sud-coréenne Choi Kyung-jin, âgée de 34 ans, a été récompensée par le Prix Révélation pour sa BD «Mauvaises filles» à la 44e édition du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, en France, qui s’est déroulé du 26 au 29 janvier derniers.

C’est la première fois qu’un artiste sud-coréen est récompensé à ce festival de la BD, le plus prestigieux au monde dans ce domaine. Ancco n’a pas caché sa joie après son retour de la France en disant que «c’est une œuvre peu familière au public qui a été rendue célèbre par ce prix (à Angoulême)».

Son manhwa (BD en coréen) «Mauvaises filles» a été publié en août 2012 et traduit en français en 2016 aux éditions Cornélius en France. L’histoire tourne autour d’une fille désespérée et subissant souvent des coups de poing de son père, mécontent du comportement de sa fille qui découche fréquemment et est indisciplinée à l’école.

Le paysage âpre et l’univers pessimiste de la crise économique de la fin des années 1990, où un nombre non négligeable de Sud-Coréens a souffert d’un effondrement des finances de leur ménage et de leur vie familiale, constitue l’arrière-plan de ce manhwa racontant le passage houleux de deux copines à l’âge de l’adolescence en Corée.

Ancco (chemise blanche au premier rang) porte le Prix Révélation lors du 44e Festival de la bande dessinée d'Angoulême en France (KOMACON=Yonhap)
Les récompensés

Ancco (chemise blanche au premier rang) porte le Prix Révélation lors du 44e Festival de la bande dessinée d'Angoulême en France (KOMACON=Yonhap)

Ancco a débuté sa carrière de dessinatrice en 2003 puis a publié sur Internet sa première BD, «Journal en dessin d’Ancco» (2004), un genre appelé webtoon en Corée. Celle-ci a été également traduite par les éditions Picquier sous le titre français «Jindol et moi» en avril 2007.

«Mauvaises filles» avait été également sélectionnée pour la compétition du Fauve d’or, la meilleure récompense du Festival de la BD d’Angoulême. Cette nomination parmi les 10 meilleures BD en compétition avait créé des réactions enthousiastes dans le milieu de la BD sud-coréenne comme un responsable du secteur l’a indiqué : «Le manhwa a maintenant atteint un niveau international avec ce prix remporté par Ancco.»

Ci-dessous, le texte intégral de l’entretien avec Ancco :

Image capturée du site Internet des éditions Cornélius, le 8 février 2017 ⓒ Cornélius
«Mauvaises filles» d'Ancco version française

Image capturée du site Internet des éditions Cornélius, le 8 février 2017 ⓒ Cornélius

-- Vous êtes la première Coréenne à recevoir un prix à Angoulême

▲ Je suis ravie d’avoir reçu ce prix, mais c’est une œuvre peu familière au public. Je crois que l’occasion me permet de montrer plus de diversité de manhwa au public.

-- Pouvez-vous résumer les caractéristiques de votre manwha «Mauvaise filles» ?

▲ Ce n’est pas un manwha si amusant ou très gai. Il peut y avoir des scènes que l’on ne veut pas voir. J’ai pris des éléments de vie que l’on veut éviter pour l’histoire de mon manhwa.

-- Votre collègue Lee Hee-jae, l’actuel directeur de l’Agence coréenne de contenus Manhwa (KOMACON), pense que vous avez achevé votre style dans «Mauvaises filles» avec une description réaliste et détaillée de votre maturité et votre sobriété à travers vos expériences.

▲ Lee a été un juge d’un concours de manhwa il y a 14 ans. C’est lui qui m’a donné l’opportunité de débuter comme dessinatrice de BD quand je dessinais des images bizarres (peu populaires). Il connaît mon parcours et l’évolution de mon style, mais je ne pourrais pas dire que j’ai établi déjà mon propre style.

-- Aviez-vous rêvé de devenir une dessinatrice de manhwa ?

▲ Non pas vraiment, mais j’aimais bien dessiner des personnages tels qu’ils étaient quand j’étais petite, si je me souviens bien. Je peignais ce que je voyais et même dans mon journal. Je prenais plaisir à voir des images que j’imaginais sous forme d’un manhwa.

-- Votre talent vient-il de la famille ?

▲ Mon frère cadet a eu un diplôme de BD à la faculté et il dessine encore comme un loisir. Quand on était tout petit, on dessinait des manhwa tous les deux. Je pensais que les autres vivaient comme nous. Mes parents nous laissaient au lieu d’intervenir.

-- Les lauréats du Prix Révélation sont des grands talents de la BD qui ont un gros potentiel, qu’en pensez-vous ?

▲ Je veux simplement continuer à raconter des histoires intéressantes sans regarder autre chose.

-- Des conseils pour les futurs dessinateurs de manhwa ?

▲ Je ne sais même pas comment je dois vivre. Ce n’est pas possible que je donne des conseils aux autres puisque j’avance moi-même avec anxiété et ne sais pas ce qui va se passer. Simplement, la marche en avant dans l’angoisse est aussi un moyen d’apprendre des choses.

(KOMACON=Yonhap)
Ancco, pseudonyme de Choi Kyung-jin

(KOMACON=Yonhap)

jhoh@yna.co.kr

(FIN)