SNS Share
Article View Option

2016/12/15 09:16 KST

(Interview Yonhap) Le PDG d’Arianespace finalise l'Année Corée-France avec un forum spatial

La première session du Forum espace France-Corée à l'hôtel Shilla à Séoul le 12 décembre 2016.
Forum espace France-Corée

La première session du Forum espace France-Corée à l'hôtel Shilla à Séoul le 12 décembre 2016.

SEOUL, 15 déc. (Yonhap) -- Stéphane Israël, le président-directeur général d’Arianespace qui porte la double casquette avec celle de président du comité français des mécènes de l’Année croisée Corée-France 2015-2016, a clôturé deux années d’échanges intenses dans tous les domaines avec un forum spatial qui a rassemblé des gros poids du secteur spatial des deux pays, le 12 décembre dernier à l’hôtel Shilla à Séoul.

Les PDG de grandes entreprises françaises de la défense et de l’aérospatial, incluant Israël à la tête de la délégation, les directeurs de l’Institut coréen de recherche aérospatiale (KARI), Cho Kwang-rae, et du Centre national des études spatiales (CNES), Jean-Yves Le Gall, ont été notamment présents à ce forum afin de conclure l’Année croisée Corée-France qui avait débuté en septembre 2015 à Paris.

Dans une interview accordée à Yonhap au forum, Israël a estimé que les retombées chez les Français de ces évènements divers et variés, avec plus de 200 qui se sont déroulés dans le cadre de l’année de la Corée en France, ont été très bonnes en évoquant le succès de la K-pop, des jeux en ligne et le dynamisme de la création culturelle.

En matière de coopération aérospatiale, la Corée du Sud a pu envoyer son premier satellite dans l’espace en 1992, un satellite nommé Wooribyeol-I (notre étoile en français) et aujourd’hui l’horizon de ces coopérations qui datent de plus de 20 ans s’étend encore avec une forte présence des grandes entreprises françaises en Corée dans le domaine spatial et des échanges d’ingénieurs dans les deux sens, selon les explications du PDG d’Arianespace.

Le président-directeur général d'Arianespace, Stéphane Israël, lors d'une interview accordée à l'agence Yonhap à Séoul, le 12 décembre 2016
Stéphane Isarël

Le président-directeur général d'Arianespace, Stéphane Israël, lors d'une interview accordée à l'agence Yonhap à Séoul, le 12 décembre 2016

Ci-dessous, le texte intégral de l’interview avec le PDG d’Arianespace, Stéphane Israël :

-- Comment évaluez-vous le résultat des évènements de l’Année croisée ?

▲ Effectivement, nous arrivons au terme de ces deux années qui se sont ouvertes en septembre 2015 au palais de Chaillot. C’était l’année de la Corée en France avec le spectacle traditionnel coréen et l’illumination de la Tour Eiffel. Elles se terminent maintenant en décembre 2016 avec ce séminaire spatial. Il y a eu aussi les évènements lors de l’ouverture de l’année de la France en Corée avec un très beau spectacle de (José) Montalvo.

Je crois qu’il y a eu beaucoup d’échanges humains, d’échanges culturels, d’échanges économiques, d’échanges politiques et quand on interroge les personnes qui connaissent bien l’Année croisée organisée par la France, une des grandes années qui a été organisée, l’année a été pleine de succès.

-- Quels sont les retombées de l’année de la Corée en France chez les Français ?

▲ Il y a eu un spectacle de K-pop qui a passionné les jeunes lors de la venue de la présidente Park (Geun-hye) en France. Mais, il faut voir que la Corée est très populaire en France pour différentes raisons. Elle est évidemment connue des milieux économiques en raison de la puissance de grands groupes et de sa réussite industrielle depuis nombreuses années mais elle est très connue des jeunes pour la K-pop, pour les jeux en ligne. Vous avez des jeunes français, vous ne comprenez pas vraiment ce qu’ils font mais ils sont en train de faire des jeux en ligne avec les Coréens. C’est vraiment un pays à la mode au sens fort du terme. C’est un pays populaire en France et tout ce qui touche à la Corée intéresse beaucoup les Français.

Du point de vue du dynamisme culturel, il y a eu beaucoup d’expositions en France, je pense à l’exposition «Séoul Vite Vite !» à Lille et on voyait tout le dynamisme de la création culturelle. La Corée est aussi connue pour son dynamisme de la création culturelle que ce soit en matière de peinture, d’installation dans le sens large, de cinéma. Tout cela fait partie du rayonnement culturel de la Corée en France.

-- La finalisation de l’évènement par un forum spatial France-Corée, s’agit-il de votre initiative en tant que président d’Arianespace et président du comité des mécènes de l’Année croisée Corée-France ?

▲ C’est un peu lié effectivement au fait qu’Arianespace a joué un rôle dans le cadre de l’année de la France en Corée et nous avons pensé que c’était bien de terminer l’évènement par un forum spatial. Mais je crois que le forum spatial est la rencontre de deux réalités, d’abord la Corée qui s’affirme comme une puissance spatiale. On a vu ce matin que la Corée pouvait être considérée comme la huitième nation spatiale dans le monde. Et là, à travers le KARI et à travers ses industries, une pleine maîtrise de la technologie spatiale.

Et puis, s’agissant de la France, il y a beaucoup de succès ici en Corée. C’est assez impressionnant, il y a le succès de Thales Air Defense Alenia Space, Airbus Defence and Space, Airbus Safran Launchers et Arianespace. Ce n’est pas un hasard si vous avez les quatre présidents de ces sociétés. Je crois ça n’était jamais arrivé d’avoir ensemble dans un pays étranger à la même occasion les quatre présidents de ces sociétés réunis. Ca vous donne une image de l’importance de la Corée pour la France. Puis, le partenariat entre nos deux agences, le CNES et le KARI qui forment un peu la clef de voûte de toutes ces coopérations.

Les participants du Forum espace France-Corée

-- La Corée du Sud projette d’envoyer un engin sur la Lune en 2020 avec ses propres technologies de fusée et vaisseau spatial. Cela veut dire que ce pays pourrait devenir votre concurrent dans l’avenir. Comment estimez-vous cette hypothèse ?

▲ Dans le domaine spatial, on est souvent à la frontière de la coopération et de la concurrence. On peut parler de coopétition et je crois qu’il faut savoir travailler ainsi. On peut penser à l’Inde par exemple qui pour Arianespace est un très grand client mais en même temps, il y a des lanceurs concurrents dans l’espace. C’est très bien. Je pense que c’est une manière d’accroître le potentiel de l’espace, qu’il y a de plus en plus de nations qui participent à cette conquête, donc demain la Corée aura un lanceur, c’est certain, le KSLV-II. Nous verrons l’histoire de ce lanceur. Mais je crois qu’il faut raisonner en termes de partenariat et de coopération et pas simplement en terme de compétition.

-- Y a-t-il d’autres projets de coopération avec la Corée du Sud dans les tuyaux avec Arianespace ?

▲ Il y a effectivement trois satellites coréens que nous allons lancer : le satellite Koreasat pour l’opérateur KT SAT en mars 2017 puis deux satellites GEO Comsat qui sont un beau projet et font partie de la vision du KARI d’avoir un satellite au service de l’environnement et seront lancés en 2018 et 2019. Au-delà, nous verrons bien mais nous sommes tout à fait candidat pour lancer d’autres satellites du KARI, notamment un satellite d’observation de la Terre.

Je crois que quand on raisonne à l’échelle de la prochaine décennie, la nouvelle frontière de l’espace, ce sera la façon dont les satellites vont participer à la connexion globale à Internet et donner à tous l’accès à Internet. Si jamais les satellites tiennent toutes leurs promesses, il y aura beaucoup de choses à faire et je suis persuadé qu’il y a beaucoup de choses à faire entre Arianespace et la Corée.

-- L’Année croisée entre les deux pays s’achève mais dans le contexte de la situation politique interne actuelle de la Corée, ces bonnes relations pourront-elles se poursuivre dans les prochaines années ?

▲ La coopération entre nos deux pays s’inscrit dans le long terme. Il y avait ce matin le ministre Choi (Yang-hee) qui est parfaitement francophone et beaucoup engagé dans ce partenariat, qui nous a honoré par sa présence. Nous sommes ici dans un cycle long de coopération et il y aura d’autres étapes de coopération à l’évidence et aujourd’hui il faut bien avoir à l’esprit que c’est un premier forum consacré à l’espace à ce niveau et comme l’a dit votre ministre, nous espérons que le match retour aura lieu à Paris. Aujourd’hui, c’est une page qui s’ouvre dans nos relations grâce à l’Année France-Corée, à l’intensité de nos liens en matière spatiale.

Propos recueillis par Oh Jeong-hun

(FIN)