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2016/10/25 10:44 KST

(Interview Yonhap) La Corée a une marge de manœuvre pour l’assouplissement monétaire, selon le patron de l'OCDE

SEOUL, 25 oct. (Yonhap) -- La Corée du Sud a une marge de manœuvre pour l’augmentation des dépenses et l’assouplissement monétaire, a estimé ce mardi Angel Gurria, le secrétaire général de l’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE), en recommandant au gouvernement et à la banque centrale de prendre les mesures nécessaires pour stimuler l’économie qui montre des signes de ralentissement.

Le patron de l’OCDE a notamment souligné lors d’une interview accordée à l’agence de presse Yonhap par e-mail que la Corée avait une marge de manœuvre lui permettant de recourir à une politique budgétaire afin de contrer le «piège de la faible croissance» dont souffrent de nombreux autres pays membres avancés.

Cette interview a été donnée à l’occasion de son voyage cette semaine en Corée du Sud au cours duquel il assistera à une conférence internationale organisée pour célébrer le 20e anniversaire de l’adhésion de la Corée du Sud à l’OCDE.

«La Corée présentant une solidité budgétaire a la possibilité de voir son gouvernement dépenser plus», a estimé Gurria en faisant référence à son excédent budgétaire et à son ratio de dette publique par rapport au PIB relativement bas comparativement à la moyenne de l’OCDE.

«Nous pensons que la Corée a une marge de manœuvre pour adopter en 2017 une politique budgétaire visant à rompre le piège de la faible croissance qui affecte de nombreux pays de l’OCDE. Le plan de relance budgétaire doit se focaliser sur les mesures qui pourront soutenir le potentiel de croissance de la Corée et l’inclusion sociale», a-t-il noté.

A la question de savoir si la banque centrale a une marge de manœuvre pour procéder à de nouveaux abaissements du taux d’intérêt directeur, Gurria a souligné que l’inflation était maîtrisée en Corée du Sud et les récents efforts du gouvernement pour contenir l’augmentation des dettes des ménages et pour réguler les prêts hypothécaires ont offert plus d’options.

Angel Gurria ⓒ OCDE
Angel Gurria ⓒ OCDE

Concernant les perspectives 2017 pour l’économie sud-coréenne de l’OCDE, Gurria a noté que l’organisation travaillait pour réviser sa dernière projection de croissance de 3%, citant la situation mondiale comme un facteur majeur qui pourrait déterminer son orientation.

«Nous sommes en train de réviser nos projections pour les Perspectives économiques de novembre. Notre projection révisée dépendra largement des perspectives du commerce international», a-t-il expliqué.

A propos de la loi anti-corruption récemment entrée en vigueur en Corée en vertu de laquelle les fonctionnaires ne peuvent accepter de repas et cadeaux dont les prix dépassent les plafonds fixés, le secrétaire général de l’OCDE a indiqué que la Corée n’est pas la seule à avoir pris une telle mesure et a fait part de son souhait de voir cette loi fournir des «règles du jeu» claires.

«Ce qui est plus important que la valeur exacte ou le plafond spécifique pour les cadeaux, c’est l’objectif de la politique : donner des directives au personnel sur ce qui est acceptable pour maintenir leur intégrité professionnelle et ce qui ne l’est pas», a-t-il noté.

Gurria a en outre fait observer que la Corée du Sud était l’un des pays membres à avoir progressé le plus rapidement ces 20 dernières années depuis qu’elle s’est jointe à l’OCDE. Il a ajouté que son adhésion à l’OCDE lui a permis d’échanger des idées avec des pays avancés et de tirer des leçons.

Il a toutefois mis en garde contre la forte dépendance de l’économie coréenne vis-à-vis des exportations et des conglomérats qui est devenue «moins efficace». Il a cité le grand écart de productivité entre les grandes entreprises et les PME et les inégalités de revenus comme les principaux défis auxquels l’économie nationale est confrontée aujourd’hui.

lsr@yna.co.kr

(FIN)