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2016/10/16 10:38 KST

(Interview Yonhap) Face au Nord, la possible secrétaire à la Défense de Clinton préconise les sanctions plutôt que le dialogue

L'ancienne sous-secrétaire à la politique de défense des Etats-Unis a accordé une interview à Yonhap et Yonhap News TV à l'approche de son voyage en Corée du Sud la semaine prochaine.
Michèle Flournoy

L'ancienne sous-secrétaire à la politique de défense des Etats-Unis a accordé une interview à Yonhap et Yonhap News TV à l'approche de son voyage en Corée du Sud la semaine prochaine.

WASHINGTON, 15 oct. (Yonhap) -- Les Etats-Unis ne devront pas chercher à relancer les négociations avec la Corée du Nord tant que celle-ci ne montrera aucune volonté de dénucléarisation, mais ils devront plutôt s’efforcer d’accroître les sanctions à son égard, a affirmé Michèle Flournoy, ancienne sous-secrétaire à la politique de défense des Etats-Unis et probable secrétaire à la Défense en cas de victoire d’Hillary Cinton à l’élection présidentielle américaine.

Cette déclaration a été faite lors d’un entretien accordé à l’agence Yonhap et à la chaîne Yonhap News TV. Selon Flournoy, les sanctions sont la seule solution pour forcer le Nord à rouvrir des négociations sérieuses.

Cela montre que si Clinton est élue présidente des Etats-Unis le mois prochain, Washington maintiendra la pression sur le régime communiste malgré les appels à renouer rapidement le dialogue avec Pyongyang pour stopper son programme de développement nucléaire et balistique qui semble avoir atteint un stade avancé.

«Je ne pense pas que nous devons retourner à la table (des négociations) sans avoir obtenu de signaux clairs de la part de la Corée du Nord pour une réduction de ses provocations et une application de ses promesses faites dans le passé sur la restriction de son arsenal nucléaire», a dit Flournoy lors de l’interview donnée le jeudi 13 octobre dans son bureau du Center for a New American Security (CNAS) à l’approche de sa visite en Corée du Sud la semaine prochaine.

«Je pense que la seule façon de les orienter dans cette direction, c’est à travers de nouvelles sanctions, comprenant notamment des pressions de la Chine», a-t-elle poursuivi. «La plus grande partie des activités transfrontalières et des soutiens à la Corée du Nord passent par la Chine. Et sans un tel changement, je ne vois pas comment le régime reviendra sérieusement à la table.» Pour elle, sans aucun engagement de dénucléarisation de la part de Pyongyang, les négociations seraient «une perte de temps».

Flournoy répond aux questions dans son bureau du Center for a New American Security (CNAS) à Washington, le 13 octobre 2016.
Questions/réponses

Flournoy répond aux questions dans son bureau du Center for a New American Security (CNAS) à Washington, le 13 octobre 2016.

Concernant les attaques préemptives recommandées par certains, Flournoy a répondu que «toutes les options sont possibles». «Mais l’objectif central de notre politique doit être de mettre en place d’autres sanctions et pressions pour que le leadership revienne à la table des négociations et réponde à ses promesses de dénucléarisation.»

La suspension des approvisionnements en énergies et la restriction du commerce le long de la frontière sino-nord-coréenne constitueraient d’après elle des sanctions efficaces, appelant du même coup les Etats-Unis à pousser Pékin à durcir ses mesures.

«Ils s’inquiètent toujours de faire trop pression sur la Corée du Nord par peur de l’instabilité qui pourrait entraîner un flux de réfugiés à travers la frontière. Cela est leur plus grande peur et c’est compréhensible», a-t-elle dit à propos du gouvernement chinois. «Mais la Chine doit aussi savoir que si elle ne punit pas les provocations nord-coréennes, les Etats-Unis et la Corée du Sud seront obligés de faire plus et de développer ensemble leur capacité de défense.»

D’après elle, la décision d’installer le système de défense antimissile à haute altitude des Etats-Unis (THAAD) sur le territoire sud-coréen en est une illustration. «La raison pour laquelle nous prenons cette mesure est que nous n’avons pas réussi à mettre fin aux provocations nord-coréennes. Si la Chine est vraiment préoccupée par cela, elle doit faire plus pour essayer de réduire les tensions et limiter les provocations de la Corée du Nord.»

Flournoy a averti que la question du THAAD subsistera aussi longtemps que Pyongyang fera des provocations : «Tant que la Corée du Nord aura des missiles nucléaires pouvant atteindre la Corée du Sud, nous ne retirerons pas le THAAD. [...] Le THAAD sert à contrer une menace très réelle et, comme nous sommes alliés, il serait irresponsable de quitter la Corée du Sud sans la protéger des menaces nucléaires potentielles.»

Au cours de l’entretien, Flournoy a souligné à nouveau l’importance de conserver une alliance solide avec Séoul. Selon elle, le gouvernement américain doit faire plus pour rassurer les Sud-Coréens en réaffirmant son engagement à défendre son allié avec «tous les moyens à notre disposition, y compris notre dissuasion nucléaire».

xb@yna.co.kr

(FIN)