2018/06/13 16:48 KST

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Un jeune dirigeant reclus s’ouvre au monde extérieur

Cette photo publiée dans le Rodong Sinmun le 11 juin 2018 montre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un en train de saluer de la main avant d'embarquer dans un avion d'Air China pour se rendre à Singapour pour le sommet avec le président américain Donald Trump. (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)
Cette photo publiée dans le Rodong Sinmun le 11 juin 2018 montre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un en train de saluer de la main avant d'embarquer dans un avion d'Air China pour se rendre à Singapour pour le sommet avec le président américain Donald Trump. (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)

SINGAPOUR, 13 juin (Yonhap) -- Le jeune leader qui a grandi dans son royaume ermite semble vouloir rompre avec un grand nombre de vieilles habitudes.

Il n’hésite plus à prendre un vol pour aller loin de son pays ni à s'exprimer avec une grande franchise en public.

Il s’agit du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un qui a tenu hier un sommet inédit avec le président américain Donald Trump après être arrivé le 10 juin à Singapour pour un séjour de trois jours.

«Il y avait un passé qui faisait obstacle et de faux préjugés et des pratiques qui couvraient nos yeux et oreilles, mais nous avons tout surmonté pour venir ici», a déclaré hier Kim devant la presse avant d’entamer un tête-à-tête avec Trump.

Ces propos semblent renvoyer d’abord à des relations de confrontation et d’hostilité entre Pyongyang et Washington mais laissent aussi entendre sa volonté de rompre avec le passé et peut-être aussi la pauvreté, la fermeture et l’isolement que son grand-père et fondateur de la Corée du Nord Kim Il-sung et son père Kim Jong-il ont laissé comme vestiges au nom du «Juche» et «Songun», politiques d'autosuffisance et de l'armée d'abord.

Un voyage à Singapour aurait été inimaginable à l’époque de l’ancien dirigeant Kim Jong-il qui se déplaçait uniquement en train à cause de son acrophobie.

Kim Jong-un a fait également preuve de pragmatisme en s’envolant à bord d’un avion chinois, un choix exceptionnel pour un pays où il est très important de sauver la face. Une photo montrant Kim monter dans un avion d’Air China a été publiée à la Une du quotidien nord-coréen Rodong Sinmun.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un pose pour une séance photos avec le ministre des Affaires étrangères de Singapour, Vivian Balakrishnan, le soir du 11 juin 2018, aux Gardens by the Bay, un parc situé dans le centre de Singapour. (Capture du compte Facebook de Balakrishnan)
Avec le ministre singapourien

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un pose pour une séance photos avec le ministre des Affaires étrangères de Singapour, Vivian Balakrishnan, le soir du 11 juin 2018, aux Gardens by the Bay, un parc situé dans le centre de Singapour. (Capture du compte Facebook de Balakrishnan)

Le deuxième jour de son voyage à Singapour, Kim a visité en plein milieu de la nuit de grandes destinations touristiques de la cité-Etat comme la Great Flower Garden et le SkyPark, situé sur le toit du Marina Bay Sands, et a pris des selfies avec le chef de la diplomatie singapourienne Vivian Balakrishnan.

L’Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA) a rapporté le lendemain cette visite nocturne en déclarant que Kim a fait part de son intention d’apprendre «beaucoup de bonnes connaissances et expériences à Singapour dans divers secteurs à l’avenir».

Singapour, qui affiche un produit intérieur brut (PIB) par habitant de 61.776 dollars, le 10e au monde, tout en maintenant un régime politique autoritaire, pourrait devenir un modèle pour la Corée du Nord.

Kim a manifesté plus clairement sa volonté de prendre un nouveau départ et devenir un membre de la communauté internationale lors de son sommet avec Trump.

Après avoir signé un communiqué conjoint à l’issue du sommet, Kim a souligné que «le monde pourrait voir un grand changement», avant d’ajouter que les deux pays ont décidé de «laisser derrière eux le passé».

lsr@yna.co.kr

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