2018/03/09 15:12 KST

Article View Option

Une ancienne esclave sexuelle de l'armée impériale japonaise à l'Assemblée nationale française

L'ancienne esclave sexuelle de l'armée japonaise Lee Yong-soo pose avec les hommes politiques français d'origine sud-coréenne Joachim Son-Forget (à gauche), député LREM (La République en marche !), et Jean-Vincent Placé, ancien secrétaire d’Etat à la Réforme de l'Etat et à la Simplification, à l'Assemblée nationale à Paris, le jeudi 8 mars 2018.
Avec des hommes politiques français d'origine coréenne

L'ancienne esclave sexuelle de l'armée japonaise Lee Yong-soo pose avec les hommes politiques français d'origine sud-coréenne Joachim Son-Forget (à gauche), député LREM (La République en marche !), et Jean-Vincent Placé, ancien secrétaire d’Etat à la Réforme de l'Etat et à la Simplification, à l'Assemblée nationale à Paris, le jeudi 8 mars 2018.

PARIS, 09 mars (Yonhap) -- A l’occasion de la Journée internationale des femmes, Lee Yong-soo, une victime de l’esclavage sexuel perpétré par l’armée impériale japonaise au cours de la Deuxième Guerre mondiale, a témoigné jeudi à l’Assemblée nationale française, à Paris, sur les atrocités qu’elle a subies il y a plus de 70 ans.

Aujourd’hui âgée de 90 ans, Lee a raconté les violences, les abus des droits humains et la misère de la guerre dont elle a été victime d’abord sur un navire de guerre puis dans une unité de kamikazes japonais, basée à Taïwan, après avoir été enrôlée par l’armée japonaise à l’âge de 15 ans.

«C’est toujours pénible d’en parler dans les détails», a-t-elle avoué en larmes. «Le Japon doit être vraiment effronté pour agir de la sorte alors que je suis une preuve vivante de cette histoire», a-t-elle déploré devant les auditeurs, dont Joachim Son-Forget, député de La République en marche !, la sénatrice Catherine Dumas, présidente du groupe interparlementaire d'amitié France-Corée, et Jean-Vincent Placé, ancien secrétaire d’Etat à la Réforme de l'Etat et à la Simplification.

Lee a dû interrompre plusieurs fois ses témoignages à cause des souvenirs épouvantables qui lui revenaient en tête avant de se ressaisir et de faire part de sa détermination. «Des témoignages comme ceux-là sont vitaux pour moi. Je continuerai à œuvrer pour la paix en tant que militante pour les droits des femmes. Le monde pourra retrouver la paix seulement si la question des femmes de réconfort est réglée.»

Cette nonagénaire fait toutefois partie des plus jeunes anciennes esclaves sexuelles encore en vie. Elle avait témoigné lors d’une audition devant le Congrès américain en 2007. En se basant sur ses témoignages, la Chambre des représentants des Etats-Unis avait adopté une résolution appelant le gouvernement japonais à présenter des excuses sur l'esclavage sexuel. Onze ans après, Lee avait décidé de se diriger cette fois-ci vers la France pour parler encore une fois des cruautés commises par le Japon dans le passé.

Sa visite en France avait été encouragée notamment par le maire de Gwangmyeong, Yang Ki-dae, et Placé.

Après avoir témoigné de ses souffrances, Lee a manifesté devant le siège de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) qui a récemment suspendu l’enregistrement de documents relatifs à l’esclavage sexuel de femmes perpétré par le Japon en temps de guerre au registre Mémoire du monde.

lsr@yna.co.kr

(FIN)