2017/12/23 09:02 KST

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(LEAD) Le Conseil de sécurité de l'ONU adopte à l'unanimité de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord

Cette photo de l'agence de presse chinoise Xinhua montre une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU à New York.
Cette photo de l'agence de presse chinoise Xinhua montre une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU à New York.

NEW YORK/SEOUL, 22 déc. (Yonhap) -- Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté ce vendredi à l'unanimité des sanctions plus lourdes contre la Corée du Nord pour ses programmes nucléaire et de missiles balistiques avec un renforcement des restrictions sur ses importations de produits pétroliers.

Condamnant le dernier tir d'essai de missile balistique intercontinental (ICBM) effectué par la Corée du Nord le 29 novembre, le Conseil formé de 15 membres a imposé au régime des plafonds à ses importations de produits pétroliers raffinés et de brut et a bloqué des sources importantes de revenus soupçonnés de financer les programmes d'armes.

La résolution dont l'ébauche a été élaborée par les Etats-Unis cherche à réduire de 89% les exportations de produits pétroliers raffinés à destination du Nord. Le Conseil avait imposé un plafond annuel de 2 millions de barils en septembre et la nouvelle résolution appelle à l'abaisser à 500.000 barils.

Elle exige aussi que les Etats membres de l'ONU expulsent les travailleurs nord-coréens présents sur leur territoire dans les 24 mois. Les revenus de ces travailleurs sont suspectés d'être extorqués par le régime communiste pour financer son développement d'armes.

«Le 29 novembre, Pyongyang a lancé un missile balistique intercontinental, cela a été une autre tentative du régime Kim (Jong-un) pour se faire passer pour une grande puissance alors que ses habitants meurent de faim et ses soldats font défection», a dénoncé l'ambassadrice des Etats-Unis auprès de l'ONU, Nikki Haley, devant le Conseil.

Elle a averti que, si la Corée du Nord procède à un autre test nucléaire ou d'ICBM, la nouvelle résolution prévoit que le Conseil prendra une nouvelle mesure, faisant référence à une clause autorisant le Conseil à réduire davantage l'approvisionnement en pétrole.

Le président américain Donald Trump a exhorté la Chine, allié traditionnel et grand partenaire commercial de la Corée du Nord, à couper ses livrassions de pétrole à son voisin. Pékin, qui se montrait par le passé réticent à exercer des pressions susceptibles de déstabiliser Pyongyang, a soutenu la nouvelle résolution.

La résolution 2397 demande aussi aux pays membres de saisir dans leurs ports ou eaux les navires transportant des articles interdits en provenance ou à destination du Nord. De même, elle interdit les importations de produits alimentaires et agricoles, minerais, machines et appareils électriques nord-coréens de sorte à priver le régime d'au moins 200 millions de dollars de revenus d'exportation sur une base annuelle.

Les exportations de pétrole brut vers la Corée du Nord sont plafonnées à 4 millions de barils par an. Les exportations d'équipements industriels et lourds et de véhicules de transport en direction du pays communiste sont aussi interdites. La résolution a également placé 15 Nord-Coréens et le ministère des Forces armées populaires du pays sur la liste noire pour leur implication dans les programmes d'armes.

Un officiel du ministère des Affaires étrangères a estimé que la nouvelle résolution permettrait de réduire le montant des exportations nord-coréennes de 250 millions de dollars par an, soit 10% du total des exportations annuelles du régime communiste.

Le volume des importations nord-coréennes devrait de son côté diminuer de 1,2 milliard de dollars, représentant 30% du montant annuel, selon l'officiel. Ces estimations n'incluent toutefois pas la réduction de l'approvisionnement en pétrole et sont des chiffres variables, a-t-il ajouté.

Il a en outre estimé que le rapatriement de tous les travailleurs nord-coréens à l'étranger entraînerait une diminution des revenus en devises étrangères d'une valeur pouvant aller de 200 à 500 millions de dollars.

Selon ces estimations, l'application complète de ces nouvelles sanctions pourrait priver le Nord de 450 à 750 milliards de revenus en devises étrangères.

Le Conseil avait adopté unanimement deux trains de sanctions après les tests d'ICBM du Nord en juillet et son sixième essai nucléaire en septembre.

Pyongyang a toutefois décidé de poursuivre son développement d'armes et a déclaré l'achèvement de la «force nucléaire de l'Etat» en prétendant détenir des missiles dotés d'ogives nucléaires capables d'atteindre l'ensemble du territoire américain après son dernier tir d'essai d'ICBM.

lsr@yna.co.kr

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