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2017/05/18 14:47 KST

Cannes 2017 : une présence coréenne immanquable sous tension Netflix

Les membres du jury du Festival de Cannes 2017 sur le tapis rouge à l'entrée du Grand Théâtre Lumière à Cannes le soir du 17 mai 2017 (AFP=Yonhap)
70e Festival de Cannes

Les membres du jury du Festival de Cannes 2017 sur le tapis rouge à l'entrée du Grand Théâtre Lumière à Cannes le soir du 17 mai 2017 (AFP=Yonhap)

SEOUL, 18 mai (Yonhap) -- Le coup d’envoi du 70e Festival de Cannes a été donné par l’actrice Monica Bellucci au Grand Théâtre Lumière ce mercredi soir (heure locale) en France alors que la présence des films et des cinéastes coréens est immanquable et pesante à ce festival cinématographique le plus magistral au monde.

Avec un film français réalisé par Arnaud Desplechin, «Les Fantômes d’Ismaël» (2017), mettant en scène Mathieu Amalric, Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg, le festival a ouvert ses portes en fanfare pour 10 jours de festivités pour les cinéphiles et les cinéastes. Cette édition 2017 est marquée par la sélection en compétition de deux films diffusés sur le petit écran à travers la plate-forme Netflix.

Pedro Almodóvar (à droite), président du jury de la 70e édition du Festival de Cannes, et Monica Bellucci annoncent l'ouverture du festival le soir du 17 mai 2017 au Grand Théâtre Lumière à Cannes
Cérémonie d'ouverture

Pedro Almodóvar (à droite), président du jury de la 70e édition du Festival de Cannes, et Monica Bellucci annoncent l'ouverture du festival le soir du 17 mai 2017 au Grand Théâtre Lumière à Cannes

◇ Polémique Netflix : petit écran ou grand écran ?

Un grand mécontentement a été exprimé par les cinéastes et les professionnels de la France contestant la nouvelle méthode de diffusion abandonnant le traditionnel grand écran dans une salle obscure. L’affaire a ainsi fait couler beaucoup d’encre dans les médias à l’échelle mondiale. «Okja» de Bong Joon-ho et «The Meyerowitz Stories» de Noah Baumbach, qui ont été sélectionnés dans la catégorie compétition et qui seront en diffusion unique sur Netflix dans 190 pays, sont la cible d’attaques.

La polémique autour de la méthode de diffusion a incité l’organisateur à modifier ses réglementations en imposant les films en compétition à s’engager de projeter dans les salles en France. Aujourd’hui, le président du jury, le réalisateur espagnol Pedro Almodóvar, a dit dans une conférence de presse du jury le 17 mai à Cannes que «je ne crois pas que la Palme d’or ou n’importe quel autre prix puisse être décerné à un film qui ne sera pas vu sur un grand écran».

Avant cette déclaration du président du jury de Cannes, Bong Joon-ho et le chef des contenus de Netflix, Ted Sarandos, ont déclaré dans une séance de présentation du film «Okja» que le film sortira dans les salles en Corée du Sud le 29 juin prochain, tout en prévoyant d’autres sorties en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. «Okja», un film entièrement financé par Netflix, environ 49 millions d’euros, sera diffusé sur la plate-forme Netflix pour ses abonnés dans 190 pays à partir du 28 juin.

Le réalisateur coréen Bong Joon-ho (à gauche) et le chef des contenus de Netflix, Ted Sarandos, lors d'une conférence de presse tenue le lundi 15 mai 2017 à Séoul pour présenter le film «Okja», en sélection officielle à Cannes 2017
«Okja» sur Netflix

Le réalisateur coréen Bong Joon-ho (à gauche) et le chef des contenus de Netflix, Ted Sarandos, lors d'une conférence de presse tenue le lundi 15 mai 2017 à Séoul pour présenter le film «Okja», en sélection officielle à Cannes 2017

◇ Présence de poids du cinéma coréen

A cette 70e édition du festival, la Corée du Sud compte cinq films invités : deux en compétition, «Okja» de Bong Joon-ho et «Geu-Hu» (Le jour d’après) de Hong Sang-soo, et trois hors compétition dont un aux Séances spéciales, «Keul-Le-Eo-Ui Ka-Me-Ra» (La caméra de Claire) de Hong Sang-soo et deux aux Séances de minuit, «Bulhandang» (Sans pitié) de Byun Sung-hyun et «Ak-Nyeo» ou «The Villainess» de Jung Byung-gil.

D’ailleurs, le réalisateur du film «Mademoiselle» (2016) sélectionné l’an dernier pour la compétition à Cannes, Park Chan-wook, fait partie des neuf membres du jury qui décerneront le Grand Prix de ce festival.

Membre du jury du Festival de Cannes 2017, le réalisateur Park Chan-wook, à la cérémonie d'ouverture le 17 mai 2017 (AP=Yonhap)
Park Chan-wook

Membre du jury du Festival de Cannes 2017, le réalisateur Park Chan-wook, à la cérémonie d'ouverture le 17 mai 2017 (AP=Yonhap)

Le réalisateur de «Le Transperceneige» (2013), Bong, est pour la première fois en compétition à Cannes tandis que Hong en est à sa neuvième participation à ce festival et quatrième sélection en compétition, la dernière remontant à 2012 avec son film «Dans un autre pays».

«Okja» raconte une histoire d’amour entre une fille, Mija, et un grand animal à mi-chemin entre le cochon et l’hippopotame, décrivant le parcours de Mija jusqu’à New York pour protéger cet animal face à la menace d’une multinationale américaine du secteur agroalimentaire.

Capture d'image du site Web du Festival de Cannes
«Okja» en compétition à Cannes 2017

Capture d'image du site Web du Festival de Cannes

◇ Hong Sang-soo, double participation

Cette année, Hong Sang-soo a doublé sa liste de films invités : «Geu-Hu» en compétition et «Keul-Le-Eo-Ui Ka-Me-Ra» (La caméra de Claire) pour les Séances spéciales. C’est effectivement un habitué de ce festival après des débuts sur la Croisette en 1998 avec son film «Le Pouvoir de la province de Gangwon» dans la catégorie Un Certain Regard. Depuis, 10 de ses films ont été invités dans différentes catégories, incluant quatre en compétition : «La femme est l’avenir de l’homme» (2004), «Conte de cinéma» (2005), «Dans un autre pays » (2012) et «Geu-Hu» (2017).

«Geu-Hu» traite toujours de la question de l’amour. Faisant l’objet d’une polémique d’adultère impliquant l’actrice principale du film, Kim Min-hee, sujet tabou très sensible au sein de la société coréenne, Hong ne souhaite pas faire de commentaire sur cette question mais, dans ce film invité à Cannes, il cherche à analyser la subtilité et la sensibilité du va-et-vient du sentiment entre un homme et une femme.

(Photo d'archives)
Hong Sang-soo

(Photo d'archives)

Justement, le New York Times a publié ce mercredi un article consacré à Hong intitulé «Les films de Hong Sang-soo captent des plaisirs et l’attraction inattendue» et signé par Nicolas Rapold. Le journaliste américain cite le producteur et le critique de cinéma Tony Rayns : «Personne n’enquête plus en profondeur que Hong Sang-soo dans les moyens dont les hommes et les femmes lisent mal les sentiments de l’un et l’autre.»

Hong a d’ailleurs confié au journaliste du quotidien newyorkais que «je n’ai pas eu peur de faire des nouveautés alors que je ne suis pas le même qu’hier. Or, je réagis différemment chaque jour. Ainsi, je collecte et combine (des choses nouvelles)».

Le film en compétition «Geu-Hu» (Le Jour d’après) raconte l’histoire d’un patron d’une maison d’édition, Bong-wan, un homme marié, interprété par Kwon Hae-hyo, et une nouvelle employée de la maison d’édition Areum, interprétée par Kim Min-hee, lauréate de l’Ours d’argent de la Berlinale 2017 pour son interprétation dans «On the Beach at Night Alone», un autre film de Hong Sang-soo.

Le film de Hong Sang-soo en compétition au Festival de Cannes 2017 ⓒ Jeonwonsa
«Geu-Hu»

Le film de Hong Sang-soo en compétition au Festival de Cannes 2017 ⓒ Jeonwonsa

jhoh@yna.co.kr

(FIN)