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2012/08/16 20:00 KST

Le Sud souhaite éviter un dérapage de ses relations avec le Japon

SEOUL, 16 août (Yonhap) -- La Corée du Sud souhaite maintenir les tensions actuelles avec le Japon à un niveau tolérable, tout en s'assurant qu'elles ne remettent pas en cause les relations fondamentales des deux pays, a déclaré ce jeudi un responsable de la Maison Bleue.

  
Les relations entre Séoul et Tokyo ont récemment touché le fond après la visite impromptue du président Lee Myung-bak sur l'île de Dokdo, et sa demande réitérée au Japon d'apporter une solution définitive au problème de l'esclavage sexuel subi par les Coréennes durant la domination coloniale japonaise de 1910 à 1945.

  
La visite de Dokdo a provoqué une réaction virulente de la part de Tokyo, qui a laissé entendre qu'elle pourrait constituer un obstacle aux sommets annuels bilatéraux avec le Sud et qui envisage d'autres mesures de protestation. Mercredi, deux membres du gouvernement japonais se sont recueillis au sanctuaire de Yasukuni en hommage aux Japonais morts sur le front, un geste de nature à provoquer le ressentiment du Sud et d'autres voisins asiatiques.

  
Ces événements ont suscité des inquiétudes quant à un possible dérapage des tensions entre les deux pays. «Même si des problèmes spécifiques sont soulevés, l'objectif crucial de notre politique étrangère est de les gérer de telle sorte qu'ils n’ébranlent pas les fondements des relations entre les deux pays» a déclaré le responsable aux journalistes sous couvert d'anonymat, compte tenu du caractère sensible du sujet.

  
L'officiel a souligné que malgré l'importance des échanges de personnes et l'étroitesse des liens économiques entre le Japon et la Corée, les sujets conflictuels qui empêche toute évolution positive doivent être résolus. C'est pourquoi le Sud a récemment augmenté ses pressions sur le Japon, a-t-il ajouté.

  
«Dans la mesure où la Corée du Sud et le Japon ont beaucoup à faire pour orienter le développement des relations vers l'avenir, les problèmes de fond doivent être résolus à un moment donné, même si cela doit amener l'un et l'autre à rougir» de colère, a précisé l'officiel. «Ils ne vont pas disparaître si l'on ne fait rien. Les enterrer et les reporter n'est pas une solution de fond.»

Le responsable a cependant souligné avec insistance que Dokdo ne constituait pas un enjeu territorial. «Il est inapproprié pour le Japon d'émettre des revendications», a-t-il dit.

  
Il a poursuivi en indiquant qu'il y avait eu un «malentendu» concernant les remarques du président Lee, qui demandait à l'empereur du Japon de s'excuser s'il voulait se rendre en Corée du Sud. Le Japon avait communiqué une protestation officielle concernant ces remarques. «Rien n'a été discuté entre la Corée du Sud et le Japon quant à une visite en Corée du Sud de l'empereur du Japon» a précisé le responsable. Les remarques n'avaient pas été planifiées à l'avance et ont été prononcées incidemment lors d'une séance de questions et réponses, a-t-il dit. «Je pense qu'il y a un malentendu de la part Japon quant à l'intention et au contexte des paroles prononcées par le président.

  
Des sources ont rapporté que le Japon envisageait de mettre fin à un accord d'échange de devises entre les deux pays, une rumeur démentie par l'officiel qui a affirmé ne connaître aucun «responsable» japonais ayant évoqué le sujet.

  
Pour la Corée du Sud, la revendication du Japon sur Dokdo revient à nier ses droits, le pays ayant recouvré son indépendance et par là sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire, y compris Dokdo et de nombreuses autres îles autour de la péninsule coréenne. Selon les Coréens, cette prise de position du Japon indique clairement qu'il ne s'est pas totalement repenti de son passé impérialiste.

  
catherine@yna.co.kr
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