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2012/08/10 23:02 KST

(4e LD) Lee se rend sur Dokdo au grand dam du Japon

DOKDO/SEOUL, Corée du Sud, 10 août (Yonhap) -- La visite historique du président Lee Myung-bak sur les îlets orientaux de Dokdo a représenté aujourd'hui une prise de position vigoureuse quant à la souveraineté de la Corée du Sud sur ce territoire longtemps revendiqué par le Japon.

  
Le Japon a manifesté vigoureusement sa désapprobation vis-àvis de cette visite surprise, faisant revenir à Tokyo son ambassadeur à Séoul, convoquant l'ambassadeur sud-coréen à Tokyo et avertissant que ce déplacement remettrait sérieusement en cause les relations entre les deux pays.

  
Lee est le premier président à s'être rendu sur Dokdo. «Dokdo se situe à l’extrémité de notre territoire. Je vous prie de faire le nécessaire pour bien défendre Dokdo», a-t-il déclaré en s'adressant au détachement de police posté sur l’îlet. «Dokdo est vraiment notre territoire et cet endroit mérite que l’on risque nos vie pour le défendre. Veillons à sauvegarder (les îlets) avec fierté.»

Au cours de sa visite de 70 minutes sur Dokdo, Lee a également rencontré les deux seuls habitants de l’îlet, puis il s’est recueilli sur un monument en hommage à ceux qui sont morts en défendant Dokdo et s’est ensuite rendu sur d’autres sites, dont un rocher sur lequel est inscrit «territoire coréen».

  
«Nous devons veiller à ce que l’environnement ne soit pas dégradé» a commenté Lee au détachement de police. «Nous devons préserver Dokdo dans son état actuel. Nous devons certes le défendre, mais nous devons aussi préserver son environnement.» Les ministres de la Culture et de l'Environnement étaient aux côtés du président.

  
Lors de sa réunion au Japon avec l’ambassadeur sud-coréen Shin Kak-soo, le ministre japonais des Affaires étrangères Koichiro Gemba a fait savoir que la visite de Lee était inacceptable, compte tenu de la position de Tokyo. Shin a réagi en soutenant que cette visite du président s’inscrivait dans le cadre d’une inspection dans la région provinciale, tout en rappelant que Dokdo était un territoire sud-coréen sur lequel Séoul exerçait sa souveraineté.

  
Gemba a également appelé le ministre sud-coréen des Affaires étrangères Kim Sung-hwan pour protester mais ce dernier n’a pas tenu compte des réclamations de son homologue japonais.

  
«Le ministre des Affaires étrangères Kim a une fois de plus indiqué clairement que Dokdo est notre territoire du point de vue territorial, géographique et international, et aucun conflit n’est donc possible», a indiqué un responsable officiel, en ajoutant que Kim avait également exprimé ses regrets quant aux «mesures inappropriées prises par Tokyo à ce sujet».

  
Plus tôt dans la journée, Gemba avait exhorté le Sud à annuler cette visite sur Dokdo, avertissant que Tokyo réagirait fermement par rapport à cette initiative qui «aurait sans conteste un fort impact» sur les relations entre les deux pays. Des sources diplomatiques japonaises à haut niveau ont déclaré que la réunion annuelle des ministres des finances des deux nations avait par ailleurs été reportée à cause de cette affaire.

  
Avant de s’envoler pour Tokyo, l’ambassadeur Muto a indiqué aux journalistes qu’il n’était ni optimiste ni pessimiste quant au futur des relations bilatérales, tout en concédant que ces relations s’étaient améliorées lentement mais sûrement. Muto a ajouté que le Japon avait été conscient de la possibilité d’un passage de Lee sur Dokdo mais ne l’avait «confirmé» que récemment, sans donner aucun détails sur la source. Il a par ailleurs précisé que Tokyo avait demandé à Séoul de changer son programme car il s’agissait d’une question grave.

  
Il s’agit de la deuxième fois que le Japon rappelle un ambassadeur posté en Corée du Sud. La première fois a eu lieu en 2005, l’ambassadeur japonais ayant dû rentrer à Tokyo après avoir affirmé ouvertement que Dokdo appartenait au Japon, lors d’une conférence de presse donnée à Séoul. De son côté, le Sud a fait revenir des ambassadeurs à quatre reprises, la dernière fois étant en 2008.

Des médias japonais ont rapporté plus tôt que la Corée du Sud avait averti prévenu Tokyo au sujet de la visite de Lee, une information qui a été réfutée par Séoul. «Pourquoi devrions-nous avertir le Japon alors que notre président se déplace sur notre territoire?», a fait remarquer un responsable.

  
Le Japon a depuis longtemps affirmé son autorité sur Dokdo, dans ses manuels scolaires, rapports gouvernementaux et autres supports, au risque de ternir les relations entre les deux nations voisines.

  
Si l'on ne connaît pas vraiment les raisons exactes qui ont poussé Lee à effectuer cette visite à ce moment précis, c'est-à-dire près de six avant la fin de son mandat en février, des collaborateurs ont mentionné qu’il avait envisagé de le faire dès la prise de ses fonctions au début de l'année 2008. «Le président Lee a tenté de se rendre sur Dokdo à plusieurs reprises, mais a dû abandonner ces projets» pour diverses raisons, a indiqué un secrétaire principal sous couvert d’anonymat.

  
Selon les analystes, cette tournée sur Dokdo pourrait affecter les projets d’échange avec le Japon, dont l'accord militaire désormais au point mort et les négociations visant à conclure un traité de libre échange entre les deux nations. « Les relations entre la Corée du Sud et le Japon ne peuvent qu’être ternies», a souligné Chin Chang-soo, un analyste spécialiste des questions Corée-Japon du think-tank Sejong Institute. «Les tensions pourraient durer longtemps.» Pour d’autres, la visite de Lee illustre la ferme intention de Séoul de conserver sa souveraineté sur Dokdo.

  
«Cela pourrait représenter une occasion d'amener les dirigeants politiques Japonais à ouvrir les yeux sur le fait qu'il s’agit d’une question suffisamment grave pour que le président sud-coréen prenne des mesures.», a commenté un diplomate retraité sous couvert d’anonymat.

   catherine@yna.co.kr
(FIN)