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2012/07/12 23:13 KST
Séoul, Washington et Tokyo avancent dans la construction d'une alliance à trois


PHNOM PENH, 12 juil. (Yonhap) -- Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères Kim Sung-hwan et ses homologues américains et japonais, Hillary Clinton et Koichiro Gemba, ont annoncé ce jeudi la mise en place d'un organe consultatif tripartite en vue de bâtir une solide alliance à trois qui permettra aux trois pays de faire front commun contre les agressions nord-coréennes.

  
Les trois hauts diplomates ont fait part de la création de cette nouvelle structure qualifiée de groupe de pilotage dans une déclaration commune publiée plus tôt dans la journée à l'issue de leurs négociations trilatérales, en marge du Forum régional de l'Asean.

  
«Les ministres ont reconnu la nécessité de développer une coopération trilatérale, fondée sur des intérêts communs, afin de promouvoir la paix, la prospérité et la stabilité dans la région Asie-Pacifique et au-delà», est-il mentionné dans la déclaration.

  
«A cet effet, les ministres ont annoncé la constitution d'un groupe de pilotage, basé à Washington, afin de faciliter la coopération trilatérale», est-il également précisé.

  
Le lancement de ce groupe de pilotage reflète la volonté de Washington de renforcer la coordination des politiques trilatérales avec Séoul et Tokyo et de faire face plus efficacement à la montée des menaces du Nord mais également à l’influence militaire grandissante de la Chine dans la région, ont déclaré des responsables de Séoul.

  
«C'est la première fois que la Corée du Sud, les Etats-Unis et le Japon mettent en place un telle structure consultative tripartite» a déclaré un diplomate chevronné de Séoul sous couvert d'anonymat.

  
«Afin de pouvoir faire face à l'évolution des conditions, non seulement dans la péninsule coréenne mais également dans l'ensemble de la région Asie-Pacifique, nous estimons que nos trois pays doivent privilégier des mesures de coopération actives et diversifiées», a de son côté indiqué le ministre Kim.

  
Bien qu'étant tous deux des proches alliés de Washington en Asie du Nord-est, Séoul et Tokyo entretiennent des relations compliquées, qui ont souvent été sérieusement entachées par une série de différends historiques et territoriaux.

  
Les responsables de Washington ont cependant exhorté Séoul et Tokyo à renforcer leur coopération militaire. Environ 28.500 soldats américains, des fantassins pour la plupart, sont stationnés en Corée du Sud et plus de 35.000 militaires américains, essentiellement des marins, des aviateurs et des marines, se trouvent au Japon.

  
La communauté internationale surveille avec anxiété les agissements imprévisibles du nouveau leader du Nord, Kim Jong-un, qui a repris les rênes du régime communiste de Pyongyang après la mort de son père en décembre 2011.

  
De nombreux analystes ont fait part de leurs préoccupations sur le jeune dirigeant qui pourrait lancer une autre provocation ou une attaque militaire contre le Sud afin d'asseoir son autorité et renforcer l'unité de son régime. La tension reste vive dans la péninsule coréenne après les deux attentats meurtriers du Nord en 2010 qui ont couté la vie à 50 Sud-Coréens.

  
Depuis l’échec du lancement d’une fusée par le Nord en avril dernier, les efforts diplomatiques pour relancer les pourparlers à six en vue de mettre un terme aux ambitions nucléaires du Nord ont été stoppés net.

  
Dans leur déclaration, les ministres «ont vivement recommandé au Nord d'abandonner toutes ses armes nucléaires et tous ses programmes nucléaires existants, dont l'enrichissement d'uranium d'une manière complète, vérifiable et irréversible, et de suspendre toutes les activités liées à son programme de missiles balistiques».

  
Les ministres ont également mis en garde Pyongyang : «Toute provocation du Nord, telle un nouvel essai nucléaire ou lancement de missile, entrainera une réponse ferme et coordonnée de la part de la communauté internationale.»

Si ces remarques reprennent ce qui est déjà été énoncé à ce sujet, elles ont pour but de montrer clairement que le Nord doit abandonner ses actes de provocation avant toute reprise des pourparlers à six, ont commenté des responsables de Séoul.

  
«En revanche, si la Corée du Nord choisit de prendre la bonne décision en respectant ses obligations et ses engagements internationaux, en particulier en prenant des mesures concètes en vue de la dénucléarisation, une autre voie s'ouvrira pour la Corée du Nord», a déclaré le ministre.

  
Les inquiétudes persistent quant à un troisième essai nucléaire mené par le Nord pour compenser l’échec de son lancement, les deux précédents tirs de fusées en 2006 et 2009 ayant été suivis par des essais nucléaires.

  
A l'issue des pourparlers trilatéraux, la délégation nord-coréenne a communiqué une déclaration en anglais durant le forum de l'Asean, expliquant qu'elle avait besoin d'une «dissuasion nucléaire» afin de se protéger contre ce qu'elle qualifie de «politique hostile» des Etats-Unis.

  
«Afin de garantir la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne, les Etats-Unis doivent abandonner leur politique hostile à l'encontre de la RPDC et remplacer l'Accord d'armistice coréen par un traité de paix afin de mettre fin à l'état de guerre entre la RPDC et les Etats-Unis», est-il également mentionné dans le communiqué.

  
catherine@yna.co.kr
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