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2012/06/27 19:38 KST
(LEAD) Signature d’un accord militaire historique entre Séoul et Tokyo


SEOUL, 27 juin (Yonhap) -- La Corée du Sud et le Japon s’apprêtent à signer cette semaine un accord portant sur l'échange d'informations militaires entre les deux pays, a fait savoir aujourd'hui une source officielle du ministère des Affaires étrangères.

  
Le ministre de la Défense Kim Kwan-jin avait programmé une visite au Japon le mois dernier en vue de signer l'Accord de sécurité générale des informations militaires (General Security of Military Information Agreement, GSOMIA), mais a finalement dû abandonner ce projet en raison de litiges territoriaux et autres questions laissées en suspens depuis la période de colonisation du Sud par le Japon, de 1910 à 1945.

  
Si la coopération militaire demeure un sujet délicat que la Corée du Sud et le Japon doivent prendre en compte dans leurs relations, ce n'est que récemment que les deux pays se sont entendus pour étendre leur coopération en matière de défense pour faire à l'escalade des menaces militaires du Nord, notamment depuis le décès du leader Kim Jong-il.

  
Le Sud «a besoin du traité sur le partage des informations militaires avec le Japon car nous devons nous appuyer sur les actifs du Japon en matière de renseignements, dont les satellites espions et les avions de surveillance de haute précision», a mentionné la source du ministère.

  
«Il ne fait aucun doute que l'existence du Japon est importante pour notre sécurité nationale», a-t-elle ajouté, en se référant à la présence de forces armées américaines au Japon.

  
Environ 28.500 soldats américains, appartenant pour la plupart à l'armée de terre, sont postés en Corée du Sud contre 35.000 militaires américains au Japon, en majorité affectés dans la marine, les forces aériennes ou le corps de Marines.

  
Le gouvernement sud-coréen avait jusqu'ici gardé secret l'accord sur le traité avec Tokyo mais a dû le rendu public ce mercredi suite à un article publié par un quotidien local.

  
Interrogé sur les raisons du silence du gouvernement, la source ministérielle a répondu : «Parce que la partie japonaise n'a pas terminé ses procédures nationales pour pouvoir signer le traité.»

L’initiative du gouvernement a fait l'objet de critiques, cette coopération militaire avec le Japon survenant alors que Tokyo ne s’est toujours pas totalement repenti pour les atrocités commises en temps de guerre, notamment en ce qui concerne la question des «femmes de réconfort», soumises à l'esclavage sexuel de soldats japonais lors de la 2e Guerre mondiale.

  
Lors d'une interview téléphonique, le député Kim Eul-dong du Parti Saenuri majoritaire a déclaré à Yonhap : «Plusieurs questions demeurent en suspens entre la Corée et le Japon», en ajoutant «Dans ces conditions, la sensibilité nationale n'acceptera pas la signature d'un traité militaire avec le Japon.»

La signature de l'accord n'est pas soumise à l'approbation des Parlements des deux pays, ont indiqué des représentants du ministère.

  
La Corée du Sud a signé des accords similaires avec 24 pays, dont les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, l'Australie et la Russie.

   catherine@yna.co.kr
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