2018/03/07 11:26 KST

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(FOCUS) Pyongyang souhaite dialoguer avec Washington mais les incertitudes demeurent

SEOUL, 07 mars (Yonhap) -- La Corée du Nord semble souhaiter reprendre le dialogue avec les Etats-Unis, bloqué depuis longtemps, comme le prouve la récente série de mesures exceptionnelles qu’elle a convenu de prendre pour que cela se produise. Sa volonté et sa sincérité pour la dénucléarisation, cependant, restent discutables, ont analysé mardi des experts.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a dit à la délégation d’officiels sud-coréens que l’Etat communiste était prêt à avoir un dialogue avec les Etats-Unis pour discuter de la normalisation des relations, a fait savoir mardi Chung Eui-yong, le conseiller à la sécurité nationale du président Moon Jae-in, après être rentré au Sud plus tôt dans la journée après une visite de deux jours au Nord.

Dans cet objectif, le Nord est également prêt à mettre la dénucléarisation sur la table des négociations, a ajouté Kim, selon Chung.

Toujours d’après ce dernier, la Corée du Nord est d’accord pour suspendre toutes les provocations militaires, dont les essais nucléaires et les tirs de missiles balistiques, tant que le dialogue Etats-Unis-Nord sera en cours.

«C’est exceptionnel. Cela a largement dépassé toutes nos attentes», a affirmé Kim Yong-hyun, professeur d’études nord-coréennes à l’université Dongguk à Séoul.

«Le point essentiel est le dialogue Corée du Nord-Etats-Unis, le contact Corée du Nord-Etats-Unis. Toutes les choses visent cela. Tout cela montre le mouvement de la Corée du Nord pour tourner les données actuelles à travers le dialogue Corée du Nord-Etats-Unis. Elle ne pouvait pas accepter immédiatement la demande de dénucléarisation des Etats-Unis, mais elle a toujours eu besoin de changer la phase actuelle de confrontation entre le Nord et les Etats-Unis en une phase de dialogue», a-t-il ajouté.

La visite de Chung et de quatre autres envoyés spéciaux du président Moon était largement destinée à convaincre la Corée du Nord de discuter avec les Etats-Unis.

Chung Eui-yong, chef de la délégation sud-coréenne et du Bureau de la sécurité nationale de Cheong Wa Dae, donne le mardi 6 mars 2018 un briefing de presse sur le résultat de la visite de deux jours à Pyongyang des envoyés spéciaux du président Moon Jae-in. La Corée du Sud et la Corée du Nord ont convenu de tenir un sommet bilatéral le mois prochain.
Chung Eui-yong, chef de la délégation sud-coréenne et du Bureau de la sécurité nationale de Cheong Wa Dae, donne le mardi 6 mars 2018 un briefing de presse sur le résultat de la visite de deux jours à Pyongyang des envoyés spéciaux du président Moon Jae-in. La Corée du Sud et la Corée du Nord ont convenu de tenir un sommet bilatéral le mois prochain.

Washington avait plus tôt affirmé qu’il ne parlerait au régime nord-coréen que si les conditions sont «bonnes».

L’accord du Nord de suspendre ses activités nucléaires et balistiques pourraient créer ces conditions, ont remarqué des experts sud-coréens.

«Etant donné que le Nord a exprimé sa position d'avoir un dialogue ouvert avec les Etats-Unis pour des consultations sur le dossier de la dénucléarisation et de la normalisation des relations Corée du Nord-Etats-Unis, une discussion sérieuse entre le Nord et les Etats-Unis pourrait être lancée», a analysé Cheong Seong-Chang, chercheur en chef de l’institut Sejong.

Les experts de la Corée du Nord considèrent la promesse du Nord de suspendre toutes les provocations militaires durant le dialogue avec les Etats-Unis comme la plus grande réussite des envoyés spéciaux, tout en mettant en doute la volonté et la sincérité de l’Etat communiste concernant sa dénucléarisation.

Selon Kim Jong-un, cité par Chung, à la tête des envoyés spéciaux de Moon, la dénucléarisation de la péninsule coréenne a été le dernier souhait de son père défunt, Kim Jong-il.

«La Corée du Nord a déclaré qu’il n’y a aucune raison de posséder des armes nucléaires si la menace militaire (contre le Nord) est éliminée et si la légitimité du régime est garantie, mais ce qui constitue les menaces militaires contre le Nord est sur ce quoi le Sud et le Nord peuvent différer à l’avenir», selon Cheong.

Kim, le professeur de l’université de Dongguk, reste plus sceptique.

«La Corée du Nord semble souhaiter un dialogue avec les Etats-Unis en suspendant les activités nucléaires pour le moment, plutôt que de souhaiter dénucléariser (la péninsule)», a-t-il analysé.

Les autres experts ont insisté que les mesures inattendues et «exceptionnelles» de la Corée du Nord montrent au moins une volonté de changement.

Ils ont notamment souligné l’acceptation du dirigeant de la Corée du Nord d’avoir un sommet avec Moon dans une installation située au sud de la frontière intercoréenne.

«C’est un accord très exceptionnel. Cela défie toutes les formalités des anciens sommets intercoréens», a expliqué Yang Moo-jin, professeur de l’Université des études nord-coréennes (UNKS) à Séoul, en ajoutant que l’accord a créé une base pour des «navettes diplomatiques» entre les deux Corées.

Le prochain sommet intercoréen sera l’occasion de voir pour la première fois un dirigeant nord-coréen poser le pied sur le sol sud-coréen, depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953). Les deux sommets précédents ont eu lieu en 2000 et 2007 à Pyongyang.

kimsy@yna.co.kr

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