2018/02/28 09:00 KST

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(FOCUS) Le mouvement #MeToo prend de l'ampleur en Corée du Sud

SEOUL, 28 fév. (Yonhap) -- Les milieux de la culture et du divertissement sud-coréens sont secoués par des révélations de harcèlement sexuel, en particulier au travail. Les abus, longtemps balayés sous le tapis ou dissimulés, sont exposés et les auteurs, pour beaucoup des hommes puissants et célèbres, sont confrontés aux conséquences de leurs actes.

Lee Youn-taek, un dramaturge et réalisateur reconnu, a présenté des excuses publiques et a démissionné de tous les postes qu'il occupait dans le monde du théâtre après que des allégations d'abus sexuels ont été portées contre lui par plusieurs femmes. Yoon Ho-jin, une figure centrale dans le monde local de la comédie musicale, a démissionné du poste de directeur de la comédie musicale «Empress Myeongseong», qu'il a écrite. Il a également reporté indéfiniment une conférence de presse qu'il devait donner sur la dernière œuvre de sa société de production.

L'acteur Cho Jae-hyun a démissionné du poste de directeur exécutif du Festival international du film documentaire de la DMZ qu'il dirigeait depuis 2009. Il a également abandonné son rôle principal dans la série télévisée «Cross», actuellement diffusée sur la chaîne câblée tvN.

Kim Seok-man, metteur en scène de théâtre et ancien professeur de l'université nationale des arts de Corée à Séoul, n'a pas pu se présenter au poste de directeur du Théâtre national de Corée en raison d'allégations.

Le procureur Seo Ji-hyun le 4 février 2018 après avoir été entendu dans le cadre d'une enquête.
Le procureur Seo Ji-hyun le 4 février 2018 après avoir été entendu dans le cadre d'une enquête.

Le mouvement #MeToo a commencé en Corée du Sud il y a un mois quand un procureur a dévoilé avoir été victime d'abus sexuels. Seo Ji-hyun a accusé un de ses supérieurs, un procureur, d'avoir procédé à des attouchements sur sa personne lors d'un repas funèbre en 2010. Il a ensuite abusé de son pouvoir pour la rétrograder.

Des groupes de défense des droits des femmes ont organisé récemment un forum à Séoul pour souligner le besoin de trouver une solution fondamentale au problème.

«Nous devons prêter attention à la discrimination sexuelle systémique au delà du domaine de l'individu. Le genre lui-même forme une relation de pouvoir», a déclaré Lee Na-young, professeure de sociologie à l'université Chung-Ang à Séoul. «Diaboliser les auteurs individuels n'apporterait qu'un soulagement temporaire au lieu de résoudre fondamentalement le problème.»

Le gouvernement a répondu au mouvement MeToo en annonçant des mesures de durcissement des sanctions contre la violence sexuelle dans le secteur public.

Le ministère de l'Egalité hommes-femmes et de la Famille a déclaré ce mardi que le gouvernement cherchera à réviser la loi sur le service public pour que les fonctionnaires soient licenciés lorsqu'ils reçoivent une amende de 3 millions de wons (2.800 dollars) au minimum pour des crimes sexuels. Ils ne pourront pas faire appel de la décision. En outre, ceux ayant des antécédents de violence sexuelle ne pourront pas être promus à des postes de niveau directeur.

Le président Moon Jae-in a déclaré hier lors d'une réunion avec ses principaux conseillers qu'il respectait les victimes qui ont le courage de parler et a exhorté le gouvernement à utiliser tous les moyens à sa disposition pour punir les responsables.

mathieu@yna.co.kr

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