2018/01/18 11:34 KST

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(FOCUS) PyeongChang 2018 : la création d'une équipe de hockey commune est un exploit sans précédent mais controversé

SEOUL, 18 jan. (Yonhap) -- La Corée du Sud et la Corée du Nord ont convenu aujourd’hui de former une équipe conjointe de hockey sur glace féminin pour les prochains Jeux olympiques d'hiver qui se tiendront au sud de la frontière, une avancée sans précédent dans l'histoire des échanges sportifs entre les deux pays.

Ils ont maintenant passé le relais (ou le palet) au Comité international olympique (CIO), qui convoquera une réunion samedi à son siège de Lausanne, en Suisse, afin de finaliser les détails de l'équipe et de trancher d'autres questions liées à la participation nord-coréenne aux JO de PyeongChang.

Sur cette photo prise le 6 avril 2017, des joueuses de hockey sud-coréennes et nord-coréennes, en blanc et en rouge respectivement, s'affrontent lors d'un match du groupe A, division II du Championnat du monde féminin de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) à Gangneung, dans la province du Gangwon.
Sur cette photo prise le 6 avril 2017, des joueuses de hockey sud-coréennes et nord-coréennes, en blanc et en rouge respectivement, s'affrontent lors d'un match du groupe A, division II du Championnat du monde féminin de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) à Gangneung, dans la province du Gangwon.

Séoul et Pyongyang ont également convenu d'une marche conjointe lors de la cérémonie d'ouverture des JO le 9 février à PyeongChang, à quelque 180 kilomètres à l'est de la capitale sud-coréenne. Ce seront les premiers Jeux d'hiver organisés en Corée du Sud. Il s’agira aussi de la première apparition de la Corée du Nord à des Jeux olympiques tenus au sud de la frontière. Elle avait boycotté ceux d'été à Séoul en 1988.

Les deux Corées ont défilé ensemble lors de précédentes compétitions multisports, plus récemment aux Jeux asiatiques d'hiver 2007 à Changchun, en Chine. Mais jamais auparavant, ils n'avaient réuni une équipe conjointe lors de tels événements.

Les deux Corées ont concouru en tant qu’une seule nation à des Championnats du monde de tennis de table ainsi qu’à un Championnat du monde junior de football, tous deux en 1991.

Elles ont conclu un accord historique pour former une équipe commune en hockey féminin aux prochains JO lors de leur réunion de travail d’hier.

Désormais, le CIO et la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) doivent déterminer la taille de l'équipe conjointe. La Corée du Sud espère ajouter quelques joueuses nord-coréennes sans retirer qui que ce soit de la sélection de 23 joueuses du Sud. L’effectif est normalement limité à 22 joueuses (20 patineuses et 2 gardiennes de but).

Les autorités sud-coréennes devront également apaiser leur propre peuple. Les fans en colère ont critiqué le gouvernement pour avoir poursuivi son initiative sans consultation préalable avec l'équipe nationale ou beaucoup de considération pour le sort du groupe de joueuses actuel.

La démonstration d'ignorance flagrante de certains officiels dans le domaine du hockey a desservi leur cause.

Le ministre sud-coréen du Sport Do Jong-hwan (à g.) s'entretient avec la joueuse de hockey féminin Han Soo-jin (à d.) lors de sa visite au Centre national d'entraînement de Jincheon, dans la province du Chungcheong du Nord, le 17 janvier 2018.
Le ministre sud-coréen du Sport Do Jong-hwan (à g.) s'entretient avec la joueuse de hockey féminin Han Soo-jin (à d.) lors de sa visite au Centre national d'entraînement de Jincheon, dans la province du Chungcheong du Nord, le 17 janvier 2018.

Le ministre du Sport Do Jong-hwan et le Premier ministre Lee Nak-yon ont chacun déclaré que l'ajout de quelques joueuses nord-coréennes à la formation actuelle de 23 joueuses n'affecterait pas les athlètes sud-coréennes parce que le hockey se joue en formation restreinte et que toutes se relaient sur la glace.

Mais ils ont omis de souligner que les joueurs de hockey ne se contentent pas de se relayer au hasard. Faire des changements de ligne opportuns et anticiper les affrontements entre adversaires sont une partie importante de la stratégie dans ce sport.

Et avec ou sans l'augmentation du nombre de joueuses sélectionnées, certaines Sud-Coréennes sont vouées à perdre une occasion de jouer.

Si les Coréennes sont obligées de conserver une équipe à 23, des joueuses du Sud devront être retirées pour faire de la place à celles du Nord. Même si l'effectif olympique passe à plus de 23, il est peu probable que leurs adversaires resteront les bras croisés face à une situation manifestement inéquitable. Cela signifie que plusieurs Sud-Coréennes pourraient être forcées de regarder l'action depuis les tribunes.

Ensuite, il y a le problème pratique des bancs et des vestiaires du centre de hockey de Kwandong à Gangneung, le lieu de tous les matchs préliminaires féminins, car ils ont été construits pour accueillir 22 joueurs seulement.

De plus, l'écart de talent entre les deux Corées est tel que l'implication de Nord-Coréennes n'améliorera pas nécessairement l'équipe.

La Corée du Sud est 22e mondiale et connaît une montée en puissance, alors que la Corée du Nord est une équipe en déclin, à la 25e place. Les deux Corées se sont affrontées en avril dernier lors d'un match du groupe A, division II du Championnat du monde féminin de l’IIHF à Gangneung. La Corée du Sud avait écrasé la Corée du Nord 3-0 et le match avait été plus déséquilibré que le score ne l’indique.

Sarah Murray, entraîneur de l'équipe féminine de hockey sur glace de la Corée du Sud, répond à la question d'un journaliste à l'aéroport international d'Incheon le 16 janvier 2018.
Sarah Murray, entraîneur de l'équipe féminine de hockey sur glace de la Corée du Sud, répond à la question d'un journaliste à l'aéroport international d'Incheon le 16 janvier 2018.

Sarah Murray, l’entraîneur de l'équipe féminine de hockey sur glace de la Corée du Sud, a reconnu qu'il y avait des joueuses solides dans l'équipe nord-coréenne, mais elle considère qu’aucune d'entre elles n’est assez forte pour trouver sa place dans les trois premières lignes sud-coréennes.

Murray, qui a affirmé avoir été «choquée» d'apprendre que des discussions autour de la création d’une équipe conjointe se déroulaient peu de temps avant l’ouverture des Jeux olympiques, a déclaré que chacune devra mériter son temps sur la glace, que ce soit les Sud-Coréennes ou les Nord-Coréennes.

«J'espère que je ne suis pas sous pression pour faire jouer (les Nord-Coréennes)», s’est-elle alarmée. «Je veux juste que les meilleures participent, si vous jouez de votre mieux, vous gagnez votre temps sur la glace, que vous soyez Sud-Coréenne ou Nord-Coréenne, elles doivent gagner leur place.»

Lors de son compte-rendu des pourparlers de mercredi devant les journalistes, Chun Hae-sung, vice-ministre de l'Unification, a déclaré que Murray conservait l’entière liberté de constituer son équipe.

«A la base, nous avons confirmé à plusieurs reprises que l’entraîneur aura le droit de choisir qui jouera, et la partie nord-coréenne a compris cela», a déclaré Chun. «Il y a des inquiétudes concernant la formation de l'équipe conjointe et nous essaierons de minimiser les dégâts.»

lp@yna.co.kr

(FIN)