2017/12/14 17:21 KST

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Bilan 2017 : le Top 10 de l'actualité nationale

SEOUL, 14 déc. (Yonhap) -- Ci-dessous, le Top 10 de l’actualité nationale dressé par l’agence de presse Yonhap :

▲ Park Geun-hye destituée de la présidence de la république

La Cour constitutionnelle a confirmé à l’unanimité le 10 mars la destitution de la présidente Park Geun-hye emportée par une vaste affaire de corruption et trafic d’influence autour de son amie de longue date Choi Soon-sil. Suite à ce verdict, Park est devenue la première chef d'Etat démocratiquement élue à être destituée.

Le Parlement a approuvé le 9 décembre 2016 une motion de destitution contre Park avant de la transmettre à la Cour constitutionnelle. Après avoir nommé Kang Il-won juge principal, la Cour constitutionnelle a organisé une première séance le 3 janvier qui a dû se clôturer au bout d’une dizaine de minutes à cause de l’absence de Park. L’ancienne présidente ne s’est jamais présentée à son procès en destitution, obligeant la Cour à entendre seulement d’autres personnalités impliquées dans le scandale.

A la suite de ce verdict qui a été prononcé au bout de trois mois de délibération, Park a été immédiatement démise de ses fonctions 11 mois avant la fin de son mandat présidentiel initialement prévu pour février 2018.

L'ex-présidente Park Geun-hye arrive le lundi 16 octobre 2017 à la Cour centrale du district de Séoul pour sa première audition après que le tribunal a décidé le 13 octobre de prolonger sa détention.
Détention prolongée

L'ex-présidente Park Geun-hye arrive le lundi 16 octobre 2017 à la Cour centrale du district de Séoul pour sa première audition après que le tribunal a décidé le 13 octobre de prolonger sa détention.

L'ancienne présidente Park a été placée en détention provisoire le 31 mars et inculpée par le Parquet le 17 avril de plusieurs chefs d’accusation dont ceux de corruption, d’abus de pouvoir, de coercition et de fuite de secrets de l’Etat. La première audience du procès a eu lieu le 23 mai.

De nombreuses personnalités impliquées dans ce scandale qui secouait le pays depuis novembre de l'année dernière ont été jugés coupables. Choi a été condamnée à trois ans de prison en première instance, verdict qui a été maintenu en appel, pour avoir usé de son influence et sollicité des faveurs scolaires pour sa fille, Chung Yoo-ra, auprès de l’université féminine Ewha.

L’ancien secrétaire général du bureau présidentiel Kim Ki-choon a de son côté écopé de trois ans de prison ferme pour avoir ordonné l’établissement d’une liste noire de personnalités du milieu culturel jugées critiques à l’égard du gouvernement Park pour les empêcher de bénéficier de subventions gouvernementales.

Le vice-président de Samsung Electronics Co., Lee Jae-yong, a fait appel après avoir été condamné à cinq ans de prison ferme pour avoir versé ou promis de verser des pots-de-vin d’une valeur globale de 43,3 milliards de wons (39,8 millions de dollars) à Park et Choi.

Le procès de Park a été suspendu en octobre suite à la démission de ses avocats en protestation contre la prolongation de sa détention avant d'être relancé le mois dernier après que la Cour centrale du district de Séoul a commis d’office cinq avocats.

▲ Moon Jae-in élu 19e président de la république de Corée

Moon Jae-in du Parti démocrate de Corée a été élu 19e président de la Corée du Sud au terme d’une élection présidentielle qui a été organisée de manière anticipée le 9 mai suite à la destitution de Park Geun-hye.

Il a obtenu 41,1% des voix pour remporter la victoire face au candidat du Parti Liberté Corée Hong Joon-pyo (24%).

Son élection était largement attendue comme le paysage politique a basculé en faveur du camp progressiste après le scandale de corruption qui a entaché l’image du parti politique conservateur et laissé une profonde scission au sein de ce dernier.

La victoire de Moon s’est basée sur le soutien de citoyens qui ont participé à près de six mois de rassemblements aux chandelles dans le centre de Séoul et dans d’autres grandes villes du pays qui ont conduit à l’adoption de la motion de destitution de Park en décembre et à son limogeage en mars. C’est l'une des raisons pour lesquelles Moon considère que son gouvernement s’inscrit dans le cadre de la «révolution des bougies».

Contrairement à ses prédécesseurs, Moon a entamé son quinquennat sans une période de transition de deux mois, juste le lendemain de sa victoire à l’élection.

Le président Moon Jae-in prête serment le mercredi 10 mai 2017 à l'Assemblée nationale, lors de sa cérémonie d'investiture.
Serment

Le président Moon Jae-in prête serment le mercredi 10 mai 2017 à l'Assemblée nationale, lors de sa cérémonie d'investiture.

▲ La Corée du Nord effectue son 6e essai nucléaire et des lancements d’ICBM

La Corée du Nord n’a cessé d’accroître les tensions militaires sur la péninsule coréenne tout au long de l’année 2017. Il a procédé à 20 tirs d’essai de missiles balistiques rien que cette année et un essai nucléaire.

Quatre jours après l’investiture du gouvernement Moon Jae-in le 10 mai, le Nord a lancé un missile balistique de portée intermédiaire Hwasong-12 vers la mer de l’Est.

Le 29 novembre, le régime nord-coréen a tiré un missile balistique intercontinental Hwasong-15 et déclaré l’achèvement de la «force nucléaire» du pays.

Ce dernier tir est intervenu un peu plus de deux mois après le sixième essai nucléaire nord-coréen sur le site de Punggye-ri qui a conduit la communauté internationale à durcir les sanctions contre Pyongyang.

En réponse aux provocations nord-coréennes, les Etats-Unis ont averti que toutes les options étaient sur la table même si la diplomatie reste la voie privilégiée.

Le quotidien officiel nord-coréen Rodong Sinmun a publié le mercredi 29 novembre 2017 des photos du tir de missile balistique intercontinental Hwasong-15 effectué le matin-même. (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)
Hwasong-15

Le quotidien officiel nord-coréen Rodong Sinmun a publié le mercredi 29 novembre 2017 des photos du tir de missile balistique intercontinental Hwasong-15 effectué le matin-même. (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)

▲ Pohang frappée par un séisme d’une magnitude de 5,4

Un tremblement de terre d’une magnitude de 5,4 sur l’échelle de Richter a frappé le 15 novembre la ville portuaire de Pohang, à 370 km au sud-est de Séoul, faisant des dizaines de blessés et d’importants dégâts matériels.

Le séisme s’est produit dans le nord de cette ville industrielle à 9 km de profondeur. Après le séisme, la ville a connu plus de 70 répliques sismiques.

Il s’agissait du deuxième séisme le plus fort depuis que le pays a commencé à relever des enregistrements sismiques en 1978, selon l’Agence météorologique de Corée (KMA). Le plus puissant tremblement de terre, d’une magnitude de 5,8, a secoué Gyeongju, ville voisine de Pohang, l’année dernière.

Le ministère de l’Education a reporté l’examen national d’aptitude à l’université d’une semaine en raison des fissures dans certains établissements scolaires de Pohang. Quelques jours plus tard, le gouvernement a désigné la ville comme une zone sinistrée spéciale, permettant à des victimes de bénéficier d’une série de programmes de soutien.

Des morceaux de bâtiments sont au sol à Pohang, dans la province du Gyeongsang du Nord, le mercredi 15 novembre 2017, alors qu'un séisme de magnitude 5,5 sur l'échelle de Richter a frappé cette région vers 14h29. (Photo fournie par un lecteur)
Séisme

Des morceaux de bâtiments sont au sol à Pohang, dans la province du Gyeongsang du Nord, le mercredi 15 novembre 2017, alors qu'un séisme de magnitude 5,5 sur l'échelle de Richter a frappé cette région vers 14h29. (Photo fournie par un lecteur)

▲ Elimination des maux accumulés

Peu après l’entrée en fonction du président Moon Jae-in en mai, son gouvernement a lancé une vaste campagne destinée à mettre fin aux pots-de-vin, aux abus de pouvoir, au favoritisme, aux violations des droits et à l’interférence par des organes d’Etat dans les élections.

La campagne est menée sous le nom d’«Elimination des maux accumulés» mais les adversaires l’ont dénoncée comme une «vengeance politique» contre les deux précédents gouvernements conservateurs.

Le gouvernement se penche entre autres sur la mauvaise réponse de l'Etat au naufrage du ferry Sewol de 2004, l’interférence présumée du Service national du renseignement (NIS) et de l’armée dans l’élection présidentielle de 2012 et l’établissement par l’ancien gouvernement de la liste noire de personnalités du monde culturel jugés critiques à son égard.

En outre, une enquête a été ouverte sur le mauvais usage par le NIS de son fonds d’activités spéciales. Le Parquet soupçonne qu’une partie de ce fonds a été régulièrement versée au bureau présidentiel au cours de l’administration Park Geun-hye.

L’enquête a entraîné l’indignation de partis d’opposition, portant un coup dur au mantra de la «politique de coopération» de Moon. Il a besoin de la coopération de l’opposition pour mettre en place d’autres programmes politiques allant d’une économie plus inclusive à la réconciliation avec le Nord.

Des précédents directeurs du NIS : de la gauche vers la droite, Nam Jae-joon, Lee Byung-kee et Lee Byong-ho
Des précédents directeurs du NIS : de la gauche vers la droite, Nam Jae-joon, Lee Byung-kee et Lee Byong-ho

▲ Conflits diplomatiques entre Séoul et Pékin suite au déploiement du THAAD

La Corée du Sud et les Etats-Unis ont achevé le déploiement d’un système de défense antimissile à haute altitude THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) sur la péninsule malgré la forte opposition de la Chine.

Cette installation a vite dégradé les relations entre Séoul et Pékin. La Chine a mis en place des mesures de représailles économiques contre la Corée du Sud en imposant des restrictions contre des sociétés sud-coréennes présentes sur son sol et une interdiction pour les voyages en groupe à destination de la Corée du Sud.

Les deux pays voisins ont déployé des efforts pour rétablir leurs relations notamment en octobre, mois où la Chine a tenu le 19e congrès national du Parti communiste chinois (PCC), durant lequel Xi Jinping a été réélu à la tête du parti.

Le 24 octobre, le ministre sud-coréen de la Défense, Song Young-moo, s’est entretenu avec son homologue chinois Chang Wanquan en marge d’une conférence régionale sur la défense.

Une semaine plus tard, les deux pays ont annoncé un communiqué pour restaurer leurs relations le plus vite possible.

Cela dit, il reste à voir combien de temps sera nécessaire à la normalisation des relations bilatérales sur fond de controverse autour du soi-disant principe des «trois non». La chef de la diplomatie sud-coréenne Kang Kyung-wha a déclaré que son gouvernement ne chercherait pas à faire venir de nouveaux lanceurs THAAD. Le Sud ne participera pas non plus au réseau de défense antimissile américain ni à une alliance trilatérale impliquant le Japon.

Des soldats américains installent les lanceurs supplémentaires du système de défense antimissile à haute altitude THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) le jeudi 7 septembre 2017 à Seongju, dans la province du Gyeongsang du Nord.
Installation des lanceurs du THAAD

Des soldats américains installent les lanceurs supplémentaires du système de défense antimissile à haute altitude THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) le jeudi 7 septembre 2017 à Seongju, dans la province du Gyeongsang du Nord.

▲ Débat public sur le sort des réacteurs nucléaires

Le 20 octobre, la Corée du Sud a décidé de relancer les travaux de construction de deux réacteurs nucléaires après qu’un sondage a montré que la plus grande partie des personnes interrogées étaient pour la reprise des travaux malgré la promesse du président Moon Jae-in pour la sortie du nucléaire civil.

Une commission nationale chargée d’évaluer l’opinion publique sur les réacteurs Shin Kori-5 et Shin Kori-6 en construction à Ulsan a annoncé que 59,5% d’un jury formé de 471 membres se sont prononcés en faveur de la reprise du projet alors que 40,5% ont soutenu son annulation.

La décision de suivre les résultats du sondage sur cette question qui divisait le pays a été perçue comme une expérimentation de Séoul pour une «démocratie délibérative» où la légitimité des décisions politiques provient de délibérations informées de citoyens.

L’idée d’abandonner ces réacteurs a provoqué un débat houleux dans un pays qui s’appuie sur les centrales nucléaires pour satisfaire un tiers de ses besoins en électricité.

Les partisans pensent que le pays doit réduire progressivement sa dépendance vis-à-vis de l’énergie nucléaire pour des raisons sécuritaires et environnementales mais les opposants estiment que la sortie du nucléaire civil entraînera une pénurie d’électricité et un bond des factures d’électricité.

Le président de la commission d'Etat sur les réacteurs Shin Kori, Kim Ji-hyung, annonce la recommandation de reprendre les travaux de construction de deux réacteurs, le vendredi 20 octobre 2017, au complexe gouvernemental à Séoul.
Pour la reprise de la construction de réacteurs Shin Kori

Le président de la commission d'Etat sur les réacteurs Shin Kori, Kim Ji-hyung, annonce la recommandation de reprendre les travaux de construction de deux réacteurs, le vendredi 20 octobre 2017, au complexe gouvernemental à Séoul.

▲ Forte hausse du salaire horaire minimum 2018

Un conseil tripartite rassemblant des représentants du patronat, de syndicats et de la société civile a fixé le salaire horaire minimum pour l'année prochaine à 7.530 wons (6,64 dollars), en hausse de 16,4% par rapport à cette année, après environ trois mois de négociations ardues.

La décision est intervenue après que le président Moon Jae-in a promis d'augmenter le salaire horaire minimum à 10.000 wons avant la fin du mandat de cinq ans, en mai 2022.

L'augmentation du salaire a provoqué des controverses, en particulier, parmi les chefs d’entreprises locales qui ont averti que cette décision pourrait donner un impact négatif sur les petites et moyennes entreprises et entraver la création d'emplois.

Mais Moon a salué la décision en disant que c’est un grand pas vers la croissance orientée vers le peuple. Pour atténuer les inquiétudes des entreprises, le gouvernement a cherché à fournir des soutiens financiers aux PME.

▲ Le Sewol transféré vers la terre ferme

Le ferry Sewol a enfin été transféré vers la terre ferme le 9 avril, près de trois ans après son naufrage au large de la côte sud-ouest de la péninsule coréenne, près de l'île de Jindo, où un total de 304 personnes, dont une majorité de lycéens, ont été tuées.

L'épave a été repêchée du fond de la mer et a été déplacée sur un navire semi-submersible vers un quai du port de Mokpo, dans le sud-ouest du pays, en mars. Rempli d’eau et de boue, le ferry de 6.500 tonnes pesait environ 16.000 tonnes, gênant l’opération de transfert.

Durant plusieurs mois de recherche dans le navire, des restes de quatre victimes ont été retrouvés. Cependant, cinq personnes sont toujours portées disparues. Le processus de recherche a suscité des critiques après que l'équipe de recherche n'a pas dévoilé publiquement la découverte d'un morceau d'os dans l’intention semble-t-il de mettre fin à l’opération de recherche.

Le ferry Sewol dans le port de Mokpo
Le ferry Sewol dans le port de Mokpo

▲L'endettement des ménages dépasse 1,4 million de Mds de wons

Les dettes globales des ménages ont atteint le record de 1,419 million de milliards de wons (1.300 milliards de dollars) à la fin de septembre, pour une moyenne de 72,69 millions de wons de dettes par famille.

Le rythme de croissance s'est accéléré au cours des dernières années alors que l'endettement des ménages a augmenté de 139.400 milliards de wons l'année dernière après avoir progressé de 117.000 milliards de wons en 2015.

Les dettes record des ménages devraient être un grand fardeau financier pour les emprunteurs face à la tendance à la hausse des taux d'intérêt directeur dans le pays et à l'étranger.

Le boom du marché immobilier et les faibles taux d'intérêt ont incité les Coréens à emprunter plus d'argent auprès des banques et autres institutions financières pour acheter un logement ou un autre bien.

La Banque de Corée (BOK) a relevé le taux d'intérêt d'un quart de point le mois dernier pour la première fois en six ans et demi, tandis que la Réserve fédérale américaine (Fed) continuera à resserrer sa politique monétaire l'année prochaine.

(FIN)