2017/11/19 11:49 KST

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(FOCUS) Redressement spectaculaire de l’économie sud-coréenne depuis la crise financière de 1997

SEOUL, 19 nov. (Yonhap) -- L’économie sud-coréenne a progressé à grands pas depuis la crise financière asiatique en 1997, ont souligné ce dimanche plusieurs observateurs, alors que le pays recherche désormais les moteurs de sa croissance future.

Fin octobre, les réserves de change du pays étaient de 384,46 milliards de dollars, contre 20,4 milliards de dollars seulement il y a vingt ans, quand la Corée du Sud fut contrainte de demander un sauvetage financier de 58 milliards de dollars au Fonds monétaire international (FMI).

La Corée du Sud est désormais au neuvième rang mondial pour l’importance de ses réserves en devises, derrière la Chine, le Japon, la Suisse, l’Arabie Saoudite, Taiwan, la Russie, Hong Kong et l’Inde.

Le ratio entre la dette extérieure à court terme du pays et ses réserves de change était de 30,8% à la fin du mois de juin, contre 286,1% en 1997. Une dette extérieure à court terme est une dette étrangère de maturité inférieure à un an. Ce genre de dette peut exposer l’emprunteur à des chocs extérieurs et à une sortie de capitaux.

La Corée du Sud s’est récemment munie d’un filet de sécurité en cas de crise financière grâce à la signature d’un accord d’échange de devises avec le Canada. Le gouverneur de la Banque de Corée (BOK) Lee Ju-yeol a dit à ce sujet qu’il s’agit de «l’accord d’échange de devises le plus significatif». Le dollar canadien est l’une des six devises de réserve au monde.

(Photo d'archives Yonhap)
Port de Busan

(Photo d'archives Yonhap)

Signe de l’amélioration de ses fondamentaux économiques, l’excédent du compte courant du pays a atteint 93,38 milliards de dollars au cours de la période janvier-septembre. Le compte courant souffrait d’un déficit de 10,28 milliards de dollars en 1997. Le Korea Composite Stock Price Index ou Kospi, baromètre de la santé économique nationale, a clôturé vendredi à 2.533,99. Il s’élevait à 376,31 en décembre 1997.

Ces données indiquent que la Corée du Sud est en grande partie immunisée contre la sorte de crise financière qui a secoué le pays il y a 20 ans, a estimé Lim Won-hyuk, directeur de la division de recherche sur l’économie internationale à l’Institut coréen du développement (KDI).

Lee Kyu-sung, ministre des Finances et de l’Economie de 1998 à 1999, a décrit la crise financière comme une «bénédiction déguisée» car elle a permis de restructurer en profondeur l’économie.

Les trois grandes agences de notation du crédit Standard & Poor's, Moody's Investors Service et Fitch Ratings ont augmenté la notation souveraine de la Corée du Sud au cours des deux dernières décennies, sur la base de sa santé budgétaire et de sa croissance économique. S&P a attribué la note «AA» à la Corée du Sud, en hausse de 11 niveaux par rapport à 1997, Moody’s la note «Aa2» et Fitch celle de «AA-», en hausse de 8 et 12 niveaux, respectivement, depuis 1997.

Tarhan Feyzioglu, chef de mission pour la Corée au FMI, a récemment revu à la hausse sa prévision de croissance pour l’économie sud-coréenne à 3,2%, suite à l’augmentation des investissements et des exportations.

Le FMI a ajusté à la hausse la croissance du PIB sud-coréen à 3% le mois dernier, tout comme la Banque centrale sud-coréenne.

(Photo d'archives Yonhap)
Quartier commercial de Myeongdong

(Photo d'archives Yonhap)

Malgré tout, Kim Jung-sik, professeur en économie à l’université Yonsei, a rappelé qu’une crise financière reste possible, la Corée du Sud étant un marché ouvert qui dépend fortement des exportations et des investissements étrangers.

Le vieillissement de la population et le faible taux de natalité pourraient également peser sur la vitalité de l’économie nationale. Le nombre de Sud-Coréens âgés de plus de 65 ans en 2016 représentait 13,2% de la population, selon des données du gouvernement. Un pays possède une société vieillissante si plus de 14% de sa population est âgée de 65 ans ou plus.

Le taux de fécondité du pays était de 1,25 en 2016, bien en-deçà du seuil de renouvellement de 2,1 qui permettrait à la Corée du Sud de maintenir sa population de 51 millions.

La plupart des experts s’accordent toutefois à dire que la quatrième économie de l’Asie reste bien placée pour surmonter les défis à venir.

mathieu@yna.co.kr

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