2017/11/10 12:00 KST

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(FOCUS) Après six mois turbulents, la vision pour la paix du président Moon face à l’épreuve

La Télévision centrale nord-coréenne (KCTV) a rapporté le mardi 4 juillet 2017 que la Corée du Nord a procédé avec succès à un lancement de missile balistique intercontinental (ICBM) Hwasong-14, plus tôt dans la journée. (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)
Missile balistique Hwasong-14

La Télévision centrale nord-coréenne (KCTV) a rapporté le mardi 4 juillet 2017 que la Corée du Nord a procédé avec succès à un lancement de missile balistique intercontinental (ICBM) Hwasong-14, plus tôt dans la journée. (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)

SEOUL, 09 nov. (Yonhap) -- De la belligérance de la Corée du Nord au différend avec la Chine au sujet du déploiement en Corée du Sud du système de défense antimissile à haute altitude THAAD, l’administration du président Moon Jae-in a été confrontée à des défis diplomatiques et sécuritaires importants au cours de ses six premiers mois.

Arrivé au pouvoir le 10 mai, le chef de l'Etat a promis d'apporter la paix sur la péninsule coréenne divisée. Quatre jours seulement après sa prise de fonction, la Corée du Nord tirait un missile balistique de portée intermédiaire Hwasong-12 dans la mer de l'Est.

La Corée du Nord a depuis tiré neuf missiles balistiques additionnels de différents types et a effectué son sixième essai nucléaire le 3 septembre.

Le président Moon Jae-in prononce le jeudi 6 juillet 2017 un discours à l'ancienne mairie de Berlin à l'invitation de la fondation Korber.
Discours à la fondation Korber

Le président Moon Jae-in prononce le jeudi 6 juillet 2017 un discours à l'ancienne mairie de Berlin à l'invitation de la fondation Korber.

L’initiative pour la paix du président, présentée lors de son discours à Berlin le 6 juillet, a été éclipsée par les tensions croissantes sur la péninsule. La Corée du Nord a ignoré les propositions de Séoul de tenir des discussions militaires afin de réduire les tensions et de reprendre les réunions de familles séparées par la guerre de Corée.

Les critiques du président ont douté de sa capacité à faire preuve de leadership sur la question nord-coréenne. L'opposition l’a accusé d'être «trop naïf», pensant que la Corée du Sud est en passe de se voir retirer le dossier nord-coréen des mains par les puissances régionales et a accusé l'équipe de sécurité nationale d'incompétence.

Le conseiller à la sécurité nationale Chung Eui-yong a pour sa part récemment déclaré à l'Assemblée nationale que l'administration actuelle «a hérité des pires circonstances diplomatiques et sécuritaires du gouvernement précédent.»

Le président Moon Jae-in (à droite) échange le mardi 7 novembre 2017 une poignée de main avec son homologue américain Donald Trump lors d'une conférence de presse conjointe au bureau présidentiel Cheong Wa Dae.
Conférence de presse conjointe

Le président Moon Jae-in (à droite) échange le mardi 7 novembre 2017 une poignée de main avec son homologue américain Donald Trump lors d'une conférence de presse conjointe au bureau présidentiel Cheong Wa Dae.

La Corée du Sud et les Etats-Unis sont toutefois parvenus à maintenir une alliance solide sous la nouvelle administration sud-coréenne. Moon et Trump se sont rencontrés en tête à tête à trois reprises.

Au cours de la conférence de presse conjointe tenue mardi après le sommet bilatéral Corée du Sud-Etats-Unis, le président américain a déclaré que la Corée du Sud «est très importante pour moi. Et la Corée du Sud ne sera pas ignorée. De plus, j'ai développé de bonnes amitiés, non seulement avec le président mais aussi avec d'autres personnes.»

Moon a dit rechercher le plus large consensus, notamment avec la Chine, pour assurer la paix et la stabilité en Asie du Nord-Est. La Corée du Sud et la Chine ont récemment décidé de normaliser leurs relations après la dispute provoquée par l'installation en Corée du Sud d'une batterie antimissile américaine THAAD.

Le président sud-coréen tiendra un sommet avec le président chinois Xi Jinping au Vietnam ce week-end en marge du sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (Apec).

La ministre des Affaires étrangères Kang Kyung-wha a annoncé que le gouvernement n'envisage pas de déployer davantage de batteries THAAD et que Séoul ne participera pas au réseau de défense balistique américain ni à une alliance trilatérale militaire avec le Japon, une annonce qui a été critiquée par la frange conservatrice.

Même si le gouvernement Moon doit encore résoudre des conflits avec le Japon concernant l'esclavage sexuel de femmes coréennes par l'armée impériale japonais au cours de la Deuxième Guerre mondiale, les deux pays voisins sont en train de faire front uni face à Pyongyang.

Pour cela, Moon a en effet jeté les bases de sa politique de paix pour le reste de son quinquennat après s'être focalisé sur la gestion de la crise et la résolution des problèmes diplomatiques hérités de la précédente administration Park Geun-hye.

Sa vision de la paix sera soumise à un vrai test, la clé du succès en tant que premier président progressiste du pays en une décennie.

La participation de la Corée du Nord aux Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang en Corée du Sud pourrait toutefois donner un nouvel élan à l'initiative pour la paix du président et laisser espérer une accalmie dans les relations entre les deux pays voisins.

mathieu@yna.co.kr

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