2017/08/29 16:54 KST

Article View Option

(FOCUS) La Corée du Nord chercherait à montrer sa capacité à frapper Guam, selon des experts

SEOUL, 29 août (Yonhap) -- Le tir de missile balistique nord-coréen au-dessus du Japon de ce matin semble être destiné à montrer que sa récente menace d’envoyer des missiles vers les eaux entourant l’île de Guam n’était en aucun cas du bluff, ont estimé des experts.

Le Nord a tiré un projectile semblant être un missile balistique de portée intermédiaire (IRBM) depuis Pyongyang. Celui-ci a parcouru une distance supérieure à 2.700 km et atteint l’altitude d’environ 550 km.

Guam, à environ 3.000 km au sud-est de la Corée du Nord, abrite des bases navale et aérienne américaines clés qui serviraient de tête de pont pour l’envoi de soldats américains vers la péninsule coréenne en cas d’urgence.

C’est la première fois que le Nord tirait un missile balistique depuis sa capitale, a fait remarquer le Comité des chefs d'état-major interarmées (JCS). Des missiles balistiques nord-coréens avaient volé au-dessus du Japon deux fois dans le passé, en 1998 et 2009.

Plus tôt ce mois-ci, le Nord avait menacé de tirer quatre IRBM Hwasong-12 autour de Guam sur fond d’échanges de rhétoriques belliqueuses avec le président américain Donald Trump.

«Je pense que le Nord a probablement effectué un acte de provocation (pour montrer sa capacité balistique) comme il ne peut pas tirer de missiles vers Guam, ce qui pourrait être interprété comme une attaque sur les Etats-Unis», a analysé Koh Yu-hwan, professeur de l’université Dongguk.

Cette provocation est intervenue alors que Washington montrait des gestes de réconciliation. Des hauts officiels américains avaient dit considérer la retenue de Pyongyang comme un signe pour un éventuel dialogue.

Des observateurs prévoient que les semaines ou mois à venir seront précieux pour ramener Pyongyang à la table des négociations comme l’exercice militaire Corée du Sud-Etats-Unis Ulchi Freedom Guardian s’achèvera à la fin de cette semaine. Il n’y aura plus d’exercice militaire conjoint des alliés jusqu’au printemps prochain.

Les tensions sont toutefois remontées le week-end dernier. Samedi dernier, le pays communiste a tiré trois missiles balistiques de courte portée en direction de la mer de l’Est, relançant ses provocations après un mois de pause.

En dépit du test, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson s’est dit disposé à discuter avec le Nord.

Le bureau présidentiel sud-coréen a également noté que la provocation limitée de la Corée du Nord pourrait montrer son intention de ne pas vouloir aggraver la situation, tout en faisant part de son souhait de renouer le dialogue avec Pyongyang.

Les experts ont noté que le régime nord-coréen semble faire fi de la proposition de dialogue de Washington qui, pour lui, manque de sincérité et d’actions concrètes.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a récemment imposé de nouvelles sanctions contre Pyongyang pour ses deux tests de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) du mois dernier.

Les Etats-Unis ont également mis en place de nouvelles sanctions contre 10 entités et six individus dont certains sont basés en Chine et Russie pour leurs liens présumés avec les programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord.

La semaine dernière, la Chine a annoncé des mesures destinées à interdire à la Corée du Nord de lancer de nouvelles activités en Chine conformément aux sanctions onusiennes.

Une réunion du Conseil de sécurité a été immédiatement convoquée pour demain (heure de Séoul) peu après la provocation de ce matin. Nombreux sont ceux qui tablent sur l’adoption d’un communiqué condamnant le dernier tir plutôt que d’une nouvelle résolution.

Le président Moon Jae-in a également appelé à une réponse ferme et a ordonné à l’armée de montrer sa capacité à «écraser» la provocation nord-coréenne.

Lors d’un entretien téléphonique, Trump et le Premier ministre japonais Shinzo Abe se sont accordés à dire que ce n’est pas le moment de discuter avec Pyongyang, avant d’appeler à accroître la pression, selon l’agence de presse japonaise Kyodo.

«Il n’y a pas de signe laissant présager un dialogue fructueux entre les Etats-Unis et le Nord même si Tillerson parle de dialogue», a estimé Kim Dong-yeob, professeur à l’université de Kyungnam. «Dans ce contexte, le Nord semble chercher à montrer que sa menace de frappes n’est pas un vain mot.»

La Corée du Nord avait déclaré plus tôt qu’elle ne mettrait jamais ses programmes nucléaire et balistique sur la table des négociations.

«Kim Jong-un a pour objectif d’achever le développement de ses programmes nucléaire et de missiles», a souligné Koh. «Il n’y aura probablement pas de changement de cette position consistant à venir au dialogue après avoir obtenu l’assurance d’un statut stratégique favorable.»

lsr@yna.co.kr

(FIN)