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2017/05/10 09:49 KST

Moon élu président : un basculement de la droite vers la gauche ?

Le 19e président, Moon Jae-in, parle avec le chef du Comité des chefs d'état-major interarmées ce mercredi matin du 10 mai 2017
Président Moon Jae-in

Le 19e président, Moon Jae-in, parle avec le chef du Comité des chefs d'état-major interarmées ce mercredi matin du 10 mai 2017

SEOUL, 10 mai (Yonhap) -- Au terme d’une élection présidentielle anticipée, l’arrivée au pouvoir de Moon Jae-in, âgé de 64 ans et issu du Parti démocrate de Corée de centre-gauche, a bouleversé la donne dans le paysage politico-social de la Corée du Sud.

Ce basculement de la droite, qui a régné sur le pays pendant près de neuf ans depuis 2008, vers la gauche signifierait la fin de pratiques de favoritisme généralisées dans tous les domaines de la société sous le slogan «balayage des maux accumulés».

◇ Fin de dix années perdues ?

Depuis le mouvement démocratique de Juin (1987), six présidents, munis d’un mandat unique, se sont succédés, à commencer par Roh Tae-woo (1987-1993) et Kim Young-sam (1993-1998), jugés conservateurs. Ils ont été suivis par deux progressistes, Kim Dae-jung (1998-2003) et Roh Moo-hyun (2003-2008), et enfin par deux administrations conservatrices, Lee Myung-bak (2008-2013) et Park Geun-hye (2013-2017).

Avant l’annonce du résultat final, Moon a noté hier, devant le personnel du quartier général de son parti, l’appellation de son administration, «administration du Parti démocrate et pas administration Moon Jae-in». «J’ouvrirai cette troisième administration démocrate avec vigueur», a-t-il promis. Ces propos de Moon visent à confirmer la succession de l’esprit des deux administrations progressistes de 1998 à 2008.

Moon Jae-in salue le public à l'aube du 10 mai 2017, au lendemain de l'élection présidentielle
Devant la foule

Moon Jae-in salue le public à l'aube du 10 mai 2017, au lendemain de l'élection présidentielle

Effectivement, les mauvaises pratiques, voire la corruption stratifiée, durant les dix années des administrations conservatrices Lee Myung-bak et Park Geun-hye, vont être ciblées par cette «troisième administration démocrate». Ces maux entassés auraient mis le feu à la mèche de la révolte du peuple, qui a été d’ailleurs menée par les citoyens des couches populaires pendant cinq mois avec des bougies sur les trottoirs du centre de Séoul jusqu’à la destitution de l’ex-présidente Park et son placement en détention provisoire.

Alors que le peuple coréen a largement accordé sa faveur électorale (41,08% des suffrages) à Moon Jae-in et au Parti démocrate, jugé comme l’un des principaux acteurs de ce mouvement de contestation mais pacifique présent tous les samedis soirs sur la place de Gwanghwamun, selon l’estimation de certains experts.

Mais certains disent quand même que cette victoire de Moon n’est pas ressortie d’un duel entre la droite et la gauche, avec les différentes couleurs idéologiques. Cette manifestation de masse dépasserait la sphère idéologique et a été réalisée avec la volonté du peuple qui souhaitait tant une normalisation des choses anormales et «des maux entassés». L’appellation de cette tâche sera certainement adoucie comme une «réforme à accomplir» par l’administration Moon Jae-in.

Les affiches officielles de Park Geun-hye et Moon Jae-in lors de l'élection présidentielle en décembre 2012.
Election présidentielle 2012

Les affiches officielles de Park Geun-hye et Moon Jae-in lors de l'élection présidentielle en décembre 2012.

◇ Moon, un homme de principe

Moon Jae-in, un avocat militant du mouvement démocratique à Busan ou encore un bras droit ou un ami fidèle du défunt président Roh Moo-hyun (2003-2008), a tenté pour une deuxième fois sa chance dans cette élection présidentielle du 9 mai 2017 avec les slogans «balayage des maux entassés» et «cohésion sociale ou union du peuple». En 2012, il avait essuyé une défaite serrée contre l’ex-présidente Park Geun-hye.

Ses objectifs sont des réformes dans tous les secteurs de la société coréenne, notamment au sein de la fonction publique, des conglomérats, de la presse, de l’éducation et de la défense. D’ores et déjà, la liste noire par l’administration Park visant à priver de subventions des artistes ou des personnels du milieu culturel jugés gauchistes ou sympathisants de la gauche, la corruption pour des intérêts personnels de son ami de longue date, Choi Soon-sil, auprès de conglomérats constituent une longue liste de maux à balayer.

Le 19e président de la République de Corée est connu comme un homme de principe alors qu’il pourrait chercher à systématiser la structure de réforme au lieu d’attaquer ces problématiques une par une ou de disséquer chaque cas de manière isolée pour que cela ne soit pris comme une vengeance politique comme il l’a reconfirmé la veille de l’élection présidentielle.

Alors les priorités absolues pour Moon seraient entre autres la réforme du Parquet et des conglomérats, appelés chaebols. Concernant ces deux priorités, un officiel du camp Moon a parlé d’installation d’un système indépendant de nomination au sein du Parquet pour lui permettre de se défaire des pressions de la Maison-Bleue. Il a ajouté que l’on créera une structure de réforme du Parquet afin de chercher des solutions opportunes. Quant à la réforme de la structure des chaebols, Moon tentera de résoudre les problématiques de bipolarisation entre les chaebols et les petites et moyennes entreprises.

Moon Jae-in, le 19e président de la République de Corée, sourit lors d'une émission de télévision dans l'après-midi du 9 mai 2017, jour de l'élection présidentielle. Suite au dépouillement des suffrages, Moon a remporté 41,08% des voix au total.
Moon Jae-in, le 19e président de la République de Corée, sourit lors d'une émission de télévision dans l'après-midi du 9 mai 2017, jour de l'élection présidentielle. Suite au dépouillement des suffrages, Moon a remporté 41,08% des voix au total.

jhoh@yna.co.kr

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