SNS Share
Article View Option

2017/05/10 01:19 KST

(FOCUS) L'élection de Moon illustre le désir d'alternance et d'élimination des vieilles forces

SEOUL, 10 mai (Yonhap) -- La victoire de Moon Jae-in à l’élection présidentielle a été dirigée par une profonde aspiration au changement de gouvernement et à l’élimination des vieilles forces corrompues après le scandale retentissant de corruption qui a entraîné la destitution de l’ancienne présidente conservatrice, ont noté des experts.

Le grand favori du Parti démocrate de Corée, à tendance libérale, était à l’avant-garde du mouvement national qui a appelé à la destitution de Park Geun-hye, soupçonnée d’avoir laissé son amie Choi Soon-sil s’ingérer dans les affaires de l’Etat et d’avoir été de collusion avec celle-ci pour extorquer des sommes colossales à des conglomérats.

L’ancien défenseur des droits de l’Homme a mené une bataille pour nettoyer les vieilles forces corrompues mises au grand jour à travers le scandale et pour réunifier la nation profondément divisée suite à la destitution de Park.

Moon Jae-in et son épouse à la montagne après avoir voté
Couple Moon Jae-in

Moon Jae-in et son épouse à la montagne après avoir voté

Les deux piliers de sa campagne pourraient paraître contradictoires mais le président élu et ses collaborateurs ont insisté sur le fait que ce sont des voies parallèles qui doivent aller ensemble.

«L’unité ne peut être achevée en couvrant tout», a déclaré un membre de son entourage sous couvert d’anonymat. «Ce dont nous avons besoin, c’est d’une unité équitable basée sur les principes.»

Moon a justement souligné ce point précis dans son dernier discours adressé à la nation la veille du scrutin.

«L’unité est achevée quand la corruption et les privilèges sont éliminés à travers la réforme et seule une telle unité peut mettre fin à la division et unir les forces du peuple», a-t-il souligné.

L’appel a fait vibrer de nombreux électeurs dans le sillage d’une destitution sans précédent.

«La principale raison (de la victoire de Moon) a été le grand désir du peuple pour le changement de gouvernement», a analysé Kim Hyung-joon, professeur en sciences politiques à l’université Myongji, lors d’un entretien téléphonique accordé à l’agence de presse Yonhap.

Ce désir a été couplé avec la destitution et l’alternance avec 10 ans d’intervalle entre les conservateurs et libéraux pour faire de Moon un président potentiel», a-t-il ajouté.

«De plus, Moon s’y était préparé durant ces cinq dernières années. Il avait cet avantage.»

Cet homme de 64 ans s’est porté candidat à la précédente élection présidentielle en 2012 mais a été battu par Park. Depuis, le positionnement des électeurs selon l’idéologie et la région s’est aussi réduit, a noté le professeur.

Choi Chang-ryul, professeur en sciences politiques à l’université de Yong In, au sud de Séoul, a expliqué la victoire de Moon par l’accent mis sur l’élimination des vieilles forces corrompues.

«Il était capable de lire la mentalité de l’époque», a estimé Choi lors d’un entretien téléphonique avec Yonhap. «Cela répond au sentiment public des rassemblements à la bougie» qui a conduit à la destitution.

De l’autre côté, Ahn Cheol-soo, candidat du Parti du peuple, du centre, a perdu le soutien des jeunes électeurs en raison de sa position ambigüe sur les manifestations, a-t-il ajouté.

D’autres ont attribué le succès de Moon à une chance énorme. «Pourquoi a-t-il gagné ? C’est parce que le scrutin a été divisé (entre cinq grands candidats)», a noté Shin Yul, professeur de sciences politiques à l’université Myongji. «Nous ne pouvons pas parler de sentiment des bougies parce qu’il a été élu avec un soutien encore moins important par rapport au nombre de personnes qui ont participé aux manifestations.»

Certains avaient exprimé des inquiétudes sur le fait qu’il n’était pas clair si l’un de ces candidats, y compris Moon, était prêt à répondre aux défis si on les juge d’après leur campagne électorale.

«Ce que nous avons vu sur les places, c’est un appel pour la souveraineté du peuple mais je ne suis pas sûr si les candidats ont parlé suffisamment de changement politique et de gouvernance», a dit Song Ho-keun, professeur en sociologie à l’université nationale de Séoul. «Je ne sais pas dans quelle mesure cette élection était différente de celles du passé à cet égard.»

lsr@yna.co.kr

(FIN)