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2017/05/10 01:26 KST

(FOCUS) Moon doit mener une diplomatie des sommets, selon des experts

SEOUL, 10 mai (Yonhap) -- Il est très important que le président élu Moon Jae-in mette dès à présent en route une diplomatie des sommets et recherche une coopération rapprochée avec les grandes puissances afin d'augmenter ses chances de résoudre la question du nucléaire en Corée du Nord et d'autres défis diplomatiques, ont estimé plusieurs experts.

Il est particulièrement important pour Moon de rencontrer le président américain Donald Trump «aussi vite que possible» pour consolider les relations bilatérales, qui sont essentielles pour solutionner les problèmes diplomatiques auxquels fait face la Corée du Sud.

Parmi la longue liste de défis auxquels doit répondre le président figurent la posture à adopter dans le différend avec la Chine autour du déploiement en Corée du Sud du système antimissile à haute altitude américain THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), l'imprévisibilité de la politique de l'administration Trump sur la Corée du Nord, les possibles difficultés avec Washington concernant le partage des coûts liés au maintien des troupes et les relations difficiles avec le Japon, fruit des différends historiques et territoriaux entre les deux voisins.

Chacun de ces sujets pourrait affecter la capacité de la Corée du Sud à faire face à la menace nucléaire posée par la Corée du Nord. «Même un seul de ces problèmes demande que soient déployés des efforts diplomatiques très importants, mais malheureusement ils sont tous arrivés en même temps», a déclaré Oh Joon, ancien ambassadeur de la Corée du Sud aux Nations unies, à l'agence de presse Yonhap. «Le nouveau gouvernement doit se focaliser sur la gestion des crises pour le moment.»

Le déploiement du THAAD en Corée du Sud est l'un des problèmes les plus pressants qui attend la nouvelle administration. La Chine y est opposée, estimant que le système américain menace ses intérêts stratégiques dans la région. Pékin a pris plusieurs mesures de représailles économiques depuis l'annonce de la venue du bouclier antimissile, qui affectent les échanges commerciaux bilatéraux.

(AFP=Yonhap)
THAAD

(AFP=Yonhap)

«Il n'est pas désirable que le gouvernement sud-coréen déploie le THAAD de façon hâtive à cette période sensible au niveau politique à cause de l'élection présidentielle, sans passer par un processus démocratique, une étude environnementale et un audit public», a déclaré Moon dans une interview avec le Washington Post publiée moins d'une semaine avant l'élection.

L'apparente inconstance de l'administration Trump sur la Corée du Nord complique également la tâche pour le futur président. Après avoir soulevé l'éventualité d'une frappe préventive contre la Corée du Nord, le président américain a, à la surprise de Séoul, récemment déclaré qu'il est disposé à rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et qu'il serait «honoré» de le faire.

Le vide de pouvoir créé par la destitution de l'ex-présidente Park Geun-hye aurait selon certains observateurs été dommageable à la Corée du Sud sur la scène internationale, qui craignent que le pays ne se soit vu quelque peu écarté du processus de prise de décisions sur les questions régionales, alors qu'ont eu lieu des sommets entre les trois dirigeants des grandes puissances voisines de la Corée du Sud, à savoir la Chine, le Japon et les États-Unis.

Le nouveau président doit rattraper ce retard sur le plan diplomatique, ont estimé les experts. «Face à des conditions diplomatiques externes qui empirent, renforcer les relations avec les États-Unis doit être un point de départ pour résoudre tous les autres problèmes», pense Yun Duk-min, ancien chancelier de l'Académie nationale diplomatique de Corée. «Bien que de nombreux défis se dressent devant nous, tout se résume à notre capacité à maintenir et consolider l'alliance avec les États-Unis. L'alliance avec les États-Unis est une sorte de clé qui permettra de débloquer tout le reste.»

Cheong Seong-chang, chercheur à l'institut Sejong, s'est fait l'écho de ces propos. «Le nouveau président doit envoyer un émissaire spécial aux États-Unis puis en Chine dans le but de préparer des sommets le plus tôt possible», a-t-il dit. «La Corée du Sud a été reléguée à l'arrière-plan puisqu'il était difficile d'organiser des sommets avec ces pays.»

«La Corée du Sud est devenue d'une certaine mesure observatrice de sa propre actualité. Elle doit devenir plus proactive sur ce point en proposant des mesures et des solutions aux problèmes, y compris du THAAD, que la Chine et les États-Unis pourraient accepter», a ajouté Cheong.

Dans un commentaire publié sur Facebook avant l'élection, Moon a indiqué que s'il était élu, il se rendrait aux États-Unis «au plus vite» afin de discuter des moyens de surmonter la «crise sécuritaire» actuelle et l'impasse du nucléaire en Corée du Nord. «Cependant, je ne laisserai en aucun cas le destin de la péninsule coréenne aux mains d'autres pays.»

mathieu@yna.co.kr

(FIN)