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2017/03/10 17:21 KST

(FOCUS) Park, première présidente destituée dans l'histoire du pays

SEOUL, 10 mars (Yonhap) -- Elue il y a quatre ans première femme présidente de la République de Corée, Park Geun-hye a terminé ce vendredi ses 19 ans de carrière politique sur une touche bien sombre. Elle est désormais devenue la première présidente destituée dans l'histoire du pays.

Surnommée autrefois la «reine des élections», Park quitte aujourd’hui définitivement l’arène politique où elle a pourtant signé de nombreuses victoires à l’époque des temps glorieux. L’ancienne présidente devra maintenant faire face à des humiliations. Elle aura à répondre aux questions des procureurs en tant que suspecte et clamer son innocence devant la cour.

Après trois mois de délibération exténuante, la Cour a validé à l'unanimité la motion de destitution que l’Assemblée nationale avait adopté en décembre dernier suite à l’éclatement d’un scandale retentissant de corruption et d’abus de pouvoir impliquant Park et son amie de 40 ans, Choi Soon-sil.

Cette décision a conduit Park à descendre du pouvoir, entraînant l’organisation d’une élection présidentielle anticipée en mai. Si elle avait été rétablie dans ses fonctions, Park aurait pu s’acquitter du reste de son quinquennat jusqu’en février prochain.

Tout le fiasco a commencé avec son amie Choi Soon-sil qui était à côté d’elle durant ses années difficiles et pour qui l'ancienne présidente a lâché le mur de la vigilance, comme l'avait-elle confié lors de son allocution à la nation prononcée le 4 novembre dernier. Leurs relations de 40 ans sont ainsi à l’origine de l’effondrement de 19 ans de vie politique de Park.

Après le décès de son père Park Chung-hee en 1979, l’ancienne présidente a mené une vie d’ermite jusqu’à son adhésion au parti conservateur en novembre 1997 dans le but de sauver le pays de la crise financière asiatique de 1997.

Elle a été élue cinq fois députée après sa première victoire dans la circonscription de Dalseong, à Daegu, aux élections partielles de 1998.

Elle a traversé des turbulences avec la création d’un nouveau parti, baptisé «Coalition coréenne pour le futur», mais a fini par émerger comme l’un des ténors politiques vers 2004. En effet, Park a consolidé sa position politique en dirigeant le Grand Parti national frappé par le contre-courant de la tentative de destituer le président de l’époque Roh Moo-hyun pour une affaire de fonds électoraux illicites.

A la tête du parti pendant deux ans et trois mois, Park a aidé son parti à remporter de nombreuses victoires écrasantes face au parti au pouvoir de l’époque lors d’élections partielles et régionales et s’est vu attribuer le surnom de «reine des élections».

En devenant l’un des grands favoris, elle s’est portée candidate à la primaire de l’élection présidentielle de 2007 mais a dû reporter son ambition présidentielle suite à sa défaite face à son prédécesseur Lee Myung-bak.

Park s’est bâtie une solide réputation en tant que femme politique de principe et de conviction en jouant un grand rôle dans le rejet par le Parlement du projet de révision du plan de la ville administrative de Sejong sous l’administration Lee Myung-bak.

En se basant sur cette image, elle a remporté la victoire à l’élection présidentielle de 2012 et est devenue la première femme présidente de la République de Corée.

A la quatrième année de sa présidence, le scandale de corruption et de trafic d’influence impliquant son amie Choi a éclaté en envoyant en l’air tout ce qu’elle a bâti pendant ces 19 dernières années.

Des rumeurs sur les relations entre Park et Choi ont commencé à faire surface avant l’effet boule de neige avec des soupçons selon lesquels Choi s’est immiscée dans les affaires de l’Etat, déversant tous les week-ends des centaines de milliers de manifestants dans la rue réclamant son retrait.

L’Assemblée nationale a adopté le 9 décembre dernier une motion de destitution à son encontre suspendant Park de ses fonctions de présidente.

En s’enfermant à la résidence présidentielle, elle a déployé tous ses efforts pour le rétablissement de son honneur et le rejet de la motion de destitution mais en vain. L’équipe d’investigation l’a mise en accusation et la Cour constitutionnelle a confirmé sa destitution. Park devra descendre du sommet pour mener une bataille judiciaire sans immunité présidentielle.

lsr@yna.co.kr

(FIN)