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2017/03/10 13:26 KST

(FOCUS) La destitution accentue les défis diplomatiques

Chefs des diplomaties sud-coréenne, américiane et japonaise, Yun Byung-se, Rex Tillerson et Fumio Kishida (de la droite vers la gauche) (Photo d'archives Yonhap)
Chefs des diplomaties sud-coréenne, américiane et japonaise, Yun Byung-se, Rex Tillerson et Fumio Kishida (de la droite vers la gauche) (Photo d'archives Yonhap)

SEOUL, 10 mars (Yonhap) -- La décision prise ce vendredi par la Cour constitutionnelle de destituer la présidente Park Geun-hye devrait affecter les efforts diplomatiques de la Corée du Sud dans les mois à venir, ont estimé plusieurs experts.

Suite au verdict, la présidente doit se retirer immédiatement et une élection présidentielle sera organisée dans deux mois. Le Premier ministre Hwang Kyo-ahn continuera à officier en tant que président par intérim comme il le fait depuis décembre.

Entre temps, la Corée du Sud pourrait avoir du mal à mener une «diplomatie de sommet», un outil important pour résoudre les différends entre chefs d’État. «Il est difficile de s'attendre à une avancée sur le plan diplomatique dans les prochains mois. Les autres pays ne prendront pas de mesure significative alors qu'un nouveau gouvernement et un nouveau président arriveront dans quelques mois», a estimé Woo Jung-yeop, chercheur à l'Institu Sejong. «Il ne faut pas non plus s'attendre à de grands résultats des négociations menées sous le président par intérim.»

La destitution de la présidente ne pourrait pas tomber plus mal, alors que les relations diplomatiques de la Corée du Sud avec ses deux voisins chinois et japonais sont tendues et que la Corée du Nord est plus menaçante que jamais.

«Quand la sécurité nationale est en jeu, cela peut être problématique. Qu'arrivera-t-il si le Nord effectue une grande provocation militaire qui demande une action du gouvernement? Sans dirigeant et avant l'élection (présidentielle) cela politiserait tout, il serait difficile d'agir de façon rapide et juste», a ajouté Woo.

En ce sens, la visite la semaine prochaine en Corée du Sud du secrétaire d’État américain Rex Tillerson est très importante, pense Woo, car il pourrait envoyer un message fort selon lequel l'alliance Séoul-Washington est forte et stable, ce qui contribuerait à diminuer les chances d'une provocation militaire nord-coréenne.

D'autres estiment que la destitution pourrait soulager le pays après des mois d'incertitude quant au sort de la présidente. «Je ne pense pas que les choses seront très différentes dans les mois à venir car il n'y aura pas de commandant en chef mandaté», estime Chang Yong-seok, chercheur à l'Institut pour les études sur la paix et l'unification de l'université nationale de Séoul. «Le verdict sur la destitution, en revanche, permettra de dissiper quelque peu les incertitudes et fera que les gens tourneront désormais leur attention vers les principaux candidats potentiels à la présidence et, en conséquence, ces candidats clarifieront leur position sur les grands sujets d'actualité.»

Les experts ont appelé le gouvernement à faire son travail jusqu'à la tenue des prochaines élections. «Une gestion stable (des affaires de l’État) est importante mais il ne faut tout de même pas tout ajourner jusqu'à ce que le prochain gouvernement prenne le pouvoir. Le gouvernement doit faire son travail jusqu'à la fin sans céder au populisme ou aux manœuvres politiques», a dit Yang Wook, chercheur au Forum coréen sur la sécurité et la défense.

mathieu@yna.co.kr

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