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2017/03/10 11:56 KST

(FOCUS) Début de la course à la présidence après la destitution de Park

SEOUL, 10 mars (Yonhap) -- Le compte à rebours de deux mois avant les élections présidentielles a débuté ce vendredi après que la Cour constitutionnelle a décidé d'entériner la destitution de Park Geun-hye.

Le scandale Choi soon-sil a été préjudiciable au bloc conservateur tout en permettant aux libéraux d'envisager un retour au pouvoir après près de dix ans.

Bien que les partis n'aient pas encore choisi officiellement leur candidat, Moon Jae-in, l'ancien président du parti Minjoo de Corée ayant perdu face à Park en 2012, devrait être le favori de la course à la présidence, tout du moins au début de celle-ci. Les sondages publiés jusqu'à présent le désignent comme favori.

Selon un sondage de Realmeter, Moon jouit cette semaine de 36,1% de cote de popularité, maintenant son avance pour la 10e semaine consécutive.

Moon, qui a été secrétaire de l'ancien président Roh Moo-hyun, est vu par certains comme l'héritier spirituel de Roh. Il n'a pour l'instant aucun rival menaçant son avance. Le Premier ministre et président par intérim Hwang Kyo-ahn pourrait représenter les conservateurs face à Moon. Celui-ci n'a pas confirmé ou démenti une ambition présidentielle.

Photomontage de Yonhap News TV
Photomontage de Yonhap News TV

Moon n'a pas non plus de sérieux adversaire au sein du camp démocrate. Des ténors du Minjoo tels que le maire de Séoul Park Won-soon, le maire de Seongnam Lee Jae-myung et le gouverneur de la province du Chungcheong du Sud An Hee-jung ne semblent pas être en mesure de s'opposer à sa popularité. Ahn Cheol-soo, qui a quitté le Minjoo pour fonder le parti du Peuple, est un candidat potentiel mais ne représente pas une menace imminente.

Le dernier sondage de Realmeter donne une cote de popularité de 14,2% pour Hwang, de 12,9% pour An, de 10,5% pour Lee et de 9,9% pour Ahn.

Certains observateurs pensent que 60 jours ne seront pas suffisants pour que le camp conservateur se refasse une image et se trouve un candidat compétitif.

La candidature de Hwang reste incertaine. Nombreux sont ceux qui estiment que le président par intérim ne se présentera pas car il était numéro 2 de l'administration Park et partage les mêmes responsabilités que l'ancienne présidente dans le scandale. Il devra se retirer de son poste 30 jours avant la date des élections s'il veut se présenter. Les candidats déposeront leur candidature officielle 24 jours avant les élections.

L'affaire Choi a également provoqué une scission au sein du bloc conservateur, entre les partisans et les opposants à l'ancienne présidente. Trente députés ont quitté le parti Saenuri pour former le parti Bareun. Inquiet pour son image, le parti Saenuri a changé son nom en Parti Liberté Corée. Une coalition entre le Bareun et le Parti Liberté Corée pour faire face à l'opposition demeure incertaine.

Aucun conservateur à l'exception de Hwang n'est parvenu à faire bouger l'aiguille des sondages de façon significative. Le gouverneur de la province du Gyeongsang du Sud Hong Joon-pyo du Parti Liberté Corée a bénéficié d'une cote de popularité de 3,3% contre 3,2% pour Yoo Seong-min du parti Bareun.

«La décision de la Cour est comme une peine de mort pour le Parti Liberté Corée et pour la faction-pro Park», a estimé Yu Yong-wha, professeur en politique à l'université Dongguk. «Mais il est trop tôt pour dire que Moon est le joueur dominant. La situation peut changer à tout instant. Il faut attendre jusqu'à la fin du mois.»

L'opposition devrait aligner plusieurs candidats vu le manque de rivaux chez les conservateurs, a estimé Yoon Tae-gon, chercheur du groupe de réflexion Moa. «La recherche d'un candidat unique est une stratégie employée quand on combat un grand rival. Par exemple, Ahn a cédé sa place pour que Moon affronte Park (en 2012)», a dit Yoon. «Comme ce n'est pas le cas pour cette élection, il y aura de multiples candidats de l’opposition.»

La position des futurs candidats sur la menace militaire nord-coréenne et sur les tensions économiques et diplomatiques avec la Chine, résultant de la venue en Corée du Sud du système antimissile américain THAAD, joueront dans les intentions de vote, tout comme leur position sur la révision de la Constitution, qui réduirait le pouvoir du président, selon des observateurs.

mathieu@yna.co.kr

(FIN)